7 novembre 2009

Marlo Morgan a peut-être inventé toute l'histoire et elle a été vilipendée par les Aborigènes eux-mêmes (voir les commentaires)... à méditer pour un prochain post et pour continuer le débat !
Il y a deux rencontres rares qui m’ont scotché cette semaine : celle avec un grand livre de sagesse Aborigène et un moment de grâce passé avec Daria Kutuzova, l’étoile montante de la Narrative russe, en visite à Bordeaux pour les élèves de la Fabrique Narrative.
Je ne sais pas laquelle des deux est la plus extraordinaire quoique je sente bien qu’à un certain niveau, ces deux choses soient probablement liées, mais je vais parler de « Message des hommes vrais au monde mutant », de Marlo Morgan (Ed. J’ai Lu) que m’a fait lire (merci !) Michèle Gauthier et qui a été ma plus grosse claque littéraire depuis « l’espèce fabulatrice ».
Ce livre raconte l’odyssée de Marlo Morgan, femme médecin américaine travaillant sur des programmes sociaux en Australie, aux côtés d’une communauté Aborigène qui se désigne par le nom d’ »hommes vrais », partageant leur vie pendant plusieurs mois d’errance dans le désert intérieur australien. Un voyage intérieur, spirituel et anthropologique qui lui permettra d’être initiée aux façons de vivre, de penser le monde, de soigner, de jouer, d’aimer, de mourir… de ces héritiers de 40000 ans de compétence humaine à vivre.
Lire le reste de cet article »
Publié dans Résistances |
1 novembre 2009

Certains jours, un épuisement total s’empare de nous et nous donne l’impression que nous n’avons plus aucun pouvoir sur notre vie.
Ces épisodes de vide nous donnent l’occasion de relire le merveilleux livre de Reine-Marie Halbout, « savoir être coach » (Eyrolles), nourri des conférences qu’elle donne depuis des années sur l’hygiène de vie du coach et de réfléchir à ce que ce sentiment d’impuissance nous dit de notre relation avec la toute-puissance.
Et de se délecter de cette phrase de Marie-Louise von Frantz qu’elle cite à ce propos et qui notait que les thérapeutes (mais aussi bien, ajoute Reine-Marie, les coachs) affublés du complexe de puissance « se font le plus souvent malmener par des clients assoiffés de puissance autant qu’eux ou bien ils se retrouvent à la tête d’un exaspérant jardin d’enfants qui les importunera d’intarissables exigences. »
Publié dans Résistances |
26 octobre 2009

Certaines personnes luttent contre une histoire de déception qui les fait revivre en boucle les mêmes situations depuis parfois des années. L’approche narrative peut-elle apporter des idées utiles pour les aider à sortir leur vie des griffes de cette histoire ?
Dans le superbe film d’animation « Mary and Max », Max, américain d’âge mûr atteint du syndrome d’Asperger est enfermé dans une histoire dominante de débile mental. Il reçoit une lettre de Mary, petite fille Australienne négligée par ses parents et qui l’a choisi au hasard dans l’annuaire. Grâce a cette correspondance autour de laquelle naît une amitié, les deux personnages construisent chacun une identité alternative préférée en proposant au public constitué par l’autre un récit alternatif de son identité, ou plutôt un récit de son identité qui n’est pas immédiatement recyclé dans le renforcement de leurs histoires dominantes de « débile » ou de « pas intéressante ». Lire le reste de cet article »
Publié dans Résistances |
18 octobre 2009

Mon pote Eric en pleine méditation sur les concepts de "Comprendre et pratiquer l'approche narrative" (notre ouvrage collectif qui vient de paraître chez Interéditions)
Nous trimballons souvent avec nous une histoire dominante sur le thème de la légitimité dont l’un des effets sur notre vie est de nous empêcher de nous sentir à notre place d’accompagnant.
C’est le cas d’à peu près tous les jeunes coachs ou intervenants narratifs que j’ai formés, autour de la question de savoir ce qui les rend légitimes à accompagner autrui dans un travail de changement et à se faire payer pour cela. L’une des activités de cette histoire dans la vie des coachs étant de les faire se sentir très nuls et très mal a leur aise, certains développent diverses façons de résister aux effets de cette histoire parmi lesquelles : trop en donner au client et avoir toujours l’impression qu’on n’en a jamais assez fait, attendre qu’il se passe des choses importantes dans les séances du genre mega-insight qui change la vision du monde du client, se remettre en cause si le client « n’avance pas assez vite », accumuler les outils, les formations, les stages et les certifications bien officielles et rassurantes, s’inscrire dans de multiples associations professionnelles et obtenir toutes les certifications et titularisations disponibles sur le marché… Il faut voir à qui le crime profite, l’histoire d’illégitimité permet de garder le pouvoir sur le jeune praticien et de lui vendre bien des choses !
Lire le reste de cet article »
Publié dans Résistances |
9 octobre 2009

Le film d'Edward Zwick, "les insurgés", montre comment une communauté se forge une identité qui protège ses membres et honore leurs compétences de vie, même dans des conditions de trauma extrême
J’ai été interviewé par Richard de Vendeuil dans l’Express.com de jeudi dernier (voir ici) au sujet des suicides chez France Télécoms, sur les cellules d’assistance psychologique.
Vues d’un point de vue narratif, ce type de travail traditionnel de « dévidage de pelote » en espérant que les gens vont « sortir leurs émotions » me semble non seulement peu efficace mais potentiellement contre- productif, en cela qu’il invite les victimes de trauma à épaissir l’histoire de souffrance au lieu de se focaliser sur les ressources, les idées, les valeurs, les espoirs et les compétences qui leur permettent, justement, de résister à cette histoire et de ne pas se laisser emporter par le torrent.
J’avais amplement développé ce point de vue dans l’article « un accompagnement narratif d’une communauté professionnelle confrontée à un suicide » qui constituait ma contribution rédactionnelle à notre ouvrage collectif paru il y a quelques jours « Comprendre et pratiquer l’approche narrative » (Interéditions).
Sur les suicides chez France Télécoms, je voudrais partager quelques idées supplémentaires, qui vont au delà de l’hypothèse que les gens qui se donnent la mort sur leur lieu de travail sont les victimes d’une pathologie qu’il faudrait soigner avec l’aide de spécialistes, mais plutôt que ces suicides doivent se lire comme un récit : le récit désespéré d’une communauté qui perd le contact avec son identité et donc certains membres, ceux qui avaient le plus construit leur identité sur les valeurs traditionnelles de cette entreprise, ne se retrouvent plus nulle part, ont l’impression de se dissoudre et de ne plus exister.
Lire le reste de cet article »
Publié dans Résistances |
6 octobre 2009

Une petite info pour tous ceux qui s’intéressent à l’approche narrative : en plus du « Journal of narrative therapy and community work », bien connu, le Dulwich Center vient de lancer, sous la direction de John Winslade, David Denborough et Cheryl White, un e-journal gratuit intitulé « Explorations ».
Vous pouvez le consulter ici, sur le site du Dulwich Center. Comme l’explique son éditorial, cet e-journal « est ouvert aux nouveaux auteurs, y compris praticiens en cours de formation, afin de les aider à développer leur travail sous forme écrite et à franchir une étape. Il sera égaelment ouvert aux lecteurs dans de nouvelles parties du monde. » Donc si vous vous sentez une vocation à être publié à l’international, n’hésitez plus !
La Fabrique Narrative a l’honneur d’être l’un des organismes partenaires de cette initiative et moi-même d’avoir un article au sommaire de ce premier numéro (sur les suicides en entreprise, un sujet hélas d’actualité en France et sur lequel j’ai été interviewé sur le site de l’express.com, parution jeudi). L’intérêt de l’ensemble de l’initiative est tel que nous sommes en train de réfléchir à une solution de traduction afin de pouvoir publier en français les articles essentiels. A ce sujet, Croisements Narratifs, le site de Béatrice Dameron, publie d’excellentes traductions d’articles de fond anglo-saxon sur les principaux aspects de l’approche narrative.
Publié dans Résistances |
3 octobre 2009
Ca y est. Après plus d’un an de travail, le premier livre d’approche narrative rédigé par des praticiens français est en librairie!
Il s’agit d’un ouvrage collectif qui présente le travail d’une vingtaine de collègues, de façon très simple et concrète, chacun dans son style et avec sa façon créative d’introduire les idées narratives dans son travail. « Comprendre et pratiquer l’approche narrative » (Dunod-Interéditions) offre un panorama du travail des narranautes en France depuis l’introduction il y a 5 ans de cette approche puissante, respectueuse et innovante, aussi à l’aise dans l’accompagnement des personnes que dans celui des équipes et des communautés, dans les entreprises, les hôpitaux, les quartiers sensibles, les prisons, les maisons de retraite, bref tous les lieux où le sens et le lien sont questionnés.
Le sommaire détaillé de l’ouvrage, la quatrième de couverture et un lien pour l’acheter sur Amazon ont été mis en ligne par Lionel Ancelet sur son blog : voir ici.
En ce qui me concerne, j’ai réellement pris conscience de la valeur de ce livre lorsque j’en ai relu les épreuves avec Béatrice Dameron l’été dernier. En effet, j’en avais lu les différentes contributions au fur et à mesure qu’elle avaient été rédigées par les auteurs, mais dans le désordre et séparées par des délais parfois assez longs. Mais les lire à la file était entièrement différent : j’ai pris conscience (avec fierté) de la richesse de nos diverses pratiques, de la façon dont, chacun sur son champ de travail, nos différences se complètent et offrent une mosaïque très riche d’options et de possibilités d’initiatives qui rendent hommage à la liberté d’exploration dont Michael White nous a inlassablement fait et refait le cadeau.
Lire le reste de cet article »
Publié dans Histoires alternatives |
1 octobre 2009

Une histoire dominante, c’est comme un casier judiciaire, même lorsque vous avez le sentiment que les choses ont changé, un sentiment construit sur des centaines d’histoires alternatives, elle peut toujours vous rejoindre et dans l’esprit des gens, éclairer tout ce que vous faites d’une ombre différente, vous poussant insidieusement vers les griffes de ce que vous n’êtes plus mais dont l’image vient s’insérer bien opportunément dans le puzzle de l’identité des autres…
Ainsi Jamal Malik dans Slumdog Millionnaire est-il soupçonné d’avoir triche car un gamin des bidonvilles de Bombay ne peut pas devenir en l’espace d’une soirée et d’un jeu télévisé un millionnaire en répondant à toutes les questions et en déjouant toutes les chausses trappes, surtout quand manifestement, cet argent ne représente apparemment pour cet être en voyage dans le souvenir d’une enfance atroce qu’une motivation secondaire.
Car comme le dit le policier au cours de son interrogatoire, les avocats, les docteurs et les savants abandonnent à 20 000 roupies alors que lui qui n’a jamais étudié et sait à peine lire trouve toutes les réponses jusqu’à la question à 20 millions. Donc il ne peut que tricher, puisque les voies dominantes de la connaissance lui ont été interdites et que dans l’esprit des policiers, il n’en existe pas d’autres.
Lire le reste de cet article »
Publié dans Carnets de route |
26 septembre 2009
Bon alors c’est reparti. Ca a l’air de marcher mais si vous ne recevez pas le mail d’alerte, please, ne flippez pas, n’agglomérez pas cette nouvelle expérience de vie à l’histoire dominante selon laquelle personne ne vous aime, réinscrivez-vous cool zen sur la page d’accueil.

Ces magnifiques jeunes gens que vous voyez sur la photo sont la première promotion de la Fabrique Narrative, notre école de formation à l’approche narrative, qui a ouvert à Bordeaux le 4 avril dernier et accueilli son premier séminaire de deux jours la semaine dernière.
L’objectif est de les initier, en six fois deux jours, à l’exploration des territoires non défrichés qui existent dans la vie de chacun et qui recèlent des trésors d’amour de soi, d’engagements dans les choses réellement importantes de la vie, de compétences à résoudre les problèmes et à décider de nouveaux projets.
Lire le reste de cet article »
Publié dans Résistances |
24 septembre 2009

Vous avez sans doute remarqué que « Errances Narratives » est muet depuis avant les vacances.
Ceci parce que ce blog a une panne sournoise : lorsque je publie un nouveau post, les trois quarts des abonnés ne reçoivent pas le petit mail qui les en avertit. Du coup, il y a ceux qui se vexent en me demandant pourquoi je les ai virés de la liste sans leur en parler, il y a ceux qui découvrent par hasard que j’ai cité tel ou tel bouquin ou film mais il y a déjà longtemps, et puis la plupart qui ne recevant rien, se disent que je ne fiche rien (et en ce moment, ils ont raison).
Dans sa grande bonté et bien que je sois de très loin son client le moins prestigieux, notre société de Web-Mastering composée de jeunes génies de la Toile a accepté de se pencher sur le sujet, ce dont je la remercie avec effusions ainsi que Christine qui sait pourquoi. Ce post est donc un test pour voir si vous recevez ce post. On vit quand même une époque intéressante…
C’est compliqué comme genre de panne d’un blog à réparer parce que la seule façon de savoir si ça remarche est d’embêter tout le monde en envoyant un message de test. C’est ce que je fais. Si ça fonctionne, j’ai des paquets de trucs à vous raconter, je ne vous dis même pas !
Publié dans Divers |