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	<title>Errances Narratives, le blog de la Fabrique Narrative</title>
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	<description>Errances Narratives, le blog de la Fabrique Narrative</description>
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		<title>La Fabrique Narrative, année 2</title>
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		<pubDate>Sat, 24 Jul 2010 08:55:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Blanc-Sahnoun</dc:creator>
				<category><![CDATA[Résistances]]></category>

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		<description><![CDATA[La première année scolaire de la Fabrique Narrative s&#8217;est achevée la première semaine de juillet. Le bilan de cette première année de la fabrique Narrative est très intéressant.
- à partir de rien et sans être aidés par personne sinon nos amis australiens du Dulwich Center, nous avons créé une école de formation d&#8217;intervenants narratifs qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La première année scolaire de la Fabrique Narrative s&#8217;est achevée la première semaine de juillet. Le bilan de cette première année de la fabrique Narrative est très intéressant.</strong></p>
<p>- à partir de rien et sans être aidés par personne sinon nos amis australiens du Dulwich Center, nous avons créé une école de formation d&#8217;intervenants narratifs qui a accueilli plus de 50 stagiaires,<br />
- nous avons fait venir des collègues étrangers comme Jane Hutton et Daria Kutuzova qui nous ont présenté leurs visions et leurs compréhensions personnelles du travail narratif, et surtout Stephen Madigan qui nous fait l&#8217;honneur de sa première master Classe en France début septembre (il reste des places !)<br />
- nous avons validé un modèle pédagogique non contraignant et non normatif, visant à développer les styles et talents spécifiques de chaque stagiaire<br />
- nous avons développé un partenariat riche et inspirant avec nos collègues et amis du Dulwich Center, le centre narratif fondé par Michael et Cheryl White et où toute l&#8217;aventure de l&#8217;approche narrative a commencé,<br />
- Nous avons ouvert en partenariat avec l&#8217;éditeur scientifique Hermann la première collection d&#8217;édition spécifiquement consacrée aux pratiques narratives et publié un premier ouvrage, la traduction par Catherine Mengelle  de l&#8217;ouvrage de référence d&#8217;Alice Morgan, &laquo;&nbsp;Qu&#8217;est-ce que l&#8217;approche narrative ?&nbsp;&raquo;<span id="more-1360"></span></p>
<p>En septembre, outre la Classe de Mer avec le Stephen Madigan, thérapeute canadien mondialement reconnu et compagnon de route de Michael White et David Eston depuis 30 ans (les 6, 7 et 8), nous redémarrons avec des programmes et une organisation beaucoup plus importants :</p>
<p>- une classe d&#8217;initiation, des séminaires de perfectionnement et des séminaires Master Class animés par Pierre Blanc-Sahnoun et Elizabeth Feld, désormais enseignante permanente de la Fabrique,<br />
- Des visites régulières des enseignants australiens du Dulwich Center dans le cadre de séminaires d&#8217;un ou deux jours,<br />
- Des groupes de supervision narrative à Bordeaux, Paris et Nantes,<br />
- et bien d&#8217;autres innovations, projets de livres et de publications inédites, etc.</p>
<p>Bien qu&#8217;un grand nombre des séminaires 2010-11 soient déjà complets, n&#8217;hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez vous former ou vous perfectionner à l&#8217;approche narrative&#8230; ou simplement pour faire connaissance.</p>
<p><em>Contact : catherine@cooprh.com ou 05 56 12 69 62</em></p>
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		<title>L&#8217;au-dehors et l&#8217;en-dedans</title>
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		<pubDate>Thu, 15 Jul 2010 07:20:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Blanc-Sahnoun</dc:creator>
				<category><![CDATA[Explorations]]></category>

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		<description><![CDATA[La construction de passerelles entre l&#8217;approche narrative et la psychanalyse n&#8217;en est encore qu&#8217;à ses débuts. 
De nombreux éléments les séparent (rôle du transfert, définition de l&#8217;inconscient, construction théorique, posture du praticien, stratégie du silence…) encore qu&#8217;il existe beaucoup d&#8217;écoles et de styles de pratiques différents de la psychanalyse dont certains sont très narrativo-compatibles. Un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La construction de passerelles entre l&#8217;approche narrative et la psychanalyse n&#8217;en est encore qu&#8217;à ses débuts. </strong></p>
<p>De nombreux éléments les séparent (rôle du transfert, définition de l&#8217;inconscient, construction théorique, posture du praticien, stratégie du silence…) encore qu&#8217;il existe beaucoup d&#8217;écoles et de styles de pratiques différents de la psychanalyse dont certains sont très narrativo-compatibles. Un article de Christian Beels, un psychiatre qui a eu une longue relation professionnelle avec Michael White offre des pistes intéressantes. Cet article intitulé  &laquo;&nbsp;Some historical conditions of narrative work&nbsp;&raquo; (Family Process Vol 48. No3, 2009, disponible en téléchargement sur le site du Dulwich) remet en perspective les origines de la psychanalyse, de la thérapie familiale systémique et de l&#8217;approche narrative qui en est historiquement issue.</p>
<p><span id="more-1358"></span></p>
<p>Une phrase de Jacques Lacan, citée récemment par Thierry Groussin, offre également une nouvelle perspective : &laquo;&nbsp;l&#8217;inconscient, ce n&#8217;est pas l&#8217;au-dedans mais l&#8217;en dehors&nbsp;&raquo;. Cette phrase est éclairante car elle propose une topologie de l&#8217;inconscient alternative au modèle de Freud, énergétique, qui peut rappeler la thermodynamique et où Michael White et David Epston voient une référence métaphorique à la machine à vapeur, dispositif technique le plus complexe de l&#8217;époque (&laquo;&nbsp;Les moyens narratifs au service de la thérapie&nbsp;&raquo;, Satas, 1980).<br />
L&#8217;inconscient comme un &laquo;&nbsp;en-dehors&nbsp;&raquo; évoque pour sa part le travail clandestin des histoires dominantes, ce que Michel Foucault appelle les &laquo;&nbsp;idées silencieuses&nbsp;&raquo; qui produisent à leur insu les représentations du monde des individus et des groupes.</p>
<p>Ainsi externalisé, l&#8217;inconscient ne relève plus de la chaudière pulsionnelle individuelle, mais de la partie de la construction identitaire opérée dans l&#8217;ombre par ces &laquo;&nbsp;métaphores mortes&nbsp;&raquo; (M. White) qui se présentent comme des vérités et occupent tellement de territoire qu&#8217;il n&#8217;y a plus de place dans la vie de l&#8217;individu pour la moindre voix minoritaire ou version alternative.</p>
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		<title>Donner la parole à des penséesou des émotions silencieuses</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Jun 2010 09:17:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Blanc-Sahnoun</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coaching narratif]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Stéphane Kovacs
 http://www.viadeo.com/fr/profile/stephane.kovacs 
 
Cette note fait suite à l’article intitulé « Michel Foucault, Jacques Derrida et Michael White » qui décrit un lien imaginaire entre ces trois personnages. Ce lien imaginaire tient dans une juxtaposition, sorte de bricolage réalisé à partir de la citation de l’un, du néologisme de l’autre et de l’approche [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>Par Stéphane Kovacs<br />
<a href="http://www.viadeo.com/fr/profile/stephane.kovacs" target="_blank"> http://www.viadeo.com/fr/profile/stephane.kovacs</a></strong></em><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Cette note fait suite à l’article intitulé « Michel Foucault, Jacques Derrida et Michael White » qui décrit un lien imaginaire entre ces trois personnages. Ce lien imaginaire tient dans une juxtaposition, sorte de bricolage réalisé à partir de la citation de l’un, du néologisme de l’autre et de l’approche narrative créée par le troisième.</strong></p>
<p>Il consiste en la proposition suivante : déconstruire serait comme donner la parole à des pensées ou des émotions silencieuses. J’ai trouvé aidante cette façon d’expliquer l’accompagnement narratif pour le domaine du coaching, domaine où comme il n’est pas nécessaire que les gens qui consultent aillent mal pour avoir envie d’aller mieux, il est parfois difficile d’expliquer en quoi consiste le rôle de l’accompagnant, les bénéfices que retire l’accompagné, voire le prix de la consultation.<br />
<span id="more-1349"></span></p>
<p>Donc après les concepts dans ce deuxième article j’ai décidé d’utiliser le témoignage de Marc pour illustrer concrètement cette façon de déconstruire. L’accompagnement de Marc a représenté douze séances étalées sur 8 mois. Comme à l’habitude, j’ai terminé cet accompagnement par une dernière séance structurée selon une des pratiques narratives intitulée « conversation pour redevenir auteur » (1). Le thème de cette conversation est l’accompagnement de Marc alors qu’il parvient donc à sa fin.</p>
<p>Lors de cet interview je prends bien soin de noter telles qu’il les a formulé les réponses du sujet. Je lui soumets ensuite son témoignage écrit pour relecture et corrections éventuelles et lui demande s’il m’autorise à l’utiliser pour d’autres accompagnements ou pour décrire les bénéfices que d’autres pourraient en retirer.</p>
<p>J’ai souvent été étonné du résultat de ce travail. C’est comme si l’évocation de l’accompagnement insufflait un regain d’énergie au sujet. Autre élément de surprise, les moments vécus par le sujet comme des moments pivots de l’accompagnement sont rarement les moments que j’avais imaginés, et ce constat devient alors une saine gymnastique d’humilité eu égard à ce que je croyais être ma contribution au résultat final.</p>
<p>J’ai choisi le témoignage de Marc parce que Marc est une personne qui ne mâche pas ses mots et grâce à son franc parler lors de cette interview il apporte une réponse simple et déconcertante à la question relative à ce que cet accompagnement lui a appris sur lui-même. Or cette réponse directe illustre de manière concrète ce que signifie : donner la parole à des pensées ou des émotions silencieuses.</p>
<p><strong>Contexte :</strong><br />
Marc est un cadre supérieur qui travaille pour la filiale d’une multinationale des télécommunications. Il a dirigé une équipe qui a construit un réseau de type dorsale spécialisée, dont le déploiement à l’international fut achevé début 2009. La phase de construction de ce réseau relève donc du passé et dans cette filiale l’énergie, l’attention et les moyens sont maintenant tournés vers la commercialisation des services d’accès à ce réseau.</p>
<p>Quand il repense à ce que cette période où il n’avait pas encore envisagé d’être aidé évoque pour lui, Marc décrit un moment « pendant lequel il ne voyait pas de perspectives à son évolution professionnelle, où il était en pleine démotivation, où il se posait la question de changer de métier, voire de société, et où il voulait fuir absolument le poste où il se trouvait. »<br />
Il décrit donc un moment difficile, difficile et inhabituel car jusque là sont parcours professionnel s’était déroulé selon un enchaînement fluide, sans jamais voir diminuer sa motivation et sans avoir à se demander : et qu’est-ce que je vais faire maintenant ?</p>
<p>Pour la première fois de sa carrière Marc ressent l’impression de stagner, un sentiment désagréable qui ne colle pas avec son tempérament. Il en parle à une personne de confiance et après cette discussion il décide de : « faire appel à un œil extérieur pour prendre du recul, avoir les idées plus claires sur ce qu’il sait faire, comment il a envie de le faire, et dans quel environnement. » C’est à partir de cette demande que son accompagnement a commencé.</p>
<p><strong>Changement :</strong><br />
8 mois après, son accompagnement est donc terminé et la lecture de son témoignage montre que quelque chose a changé. Quand il explique par exemple ce qui est important pour lui sur le plan professionnel, il souligne qu’outre l’intérêt du poste et de la tâche qui lui est confiée, ce qui est important est « les personnes avec lesquelles il travaille, leur mode de fonctionnement et leurs valeurs ». La confiance prend d’ailleurs beaucoup de place dans ces relations car pour Marc la confiance « c’est assez binaire : elle est présente ou elle ne l’est pas.»</p>
<p>Marc décrit également l’importance qu’il attache au respect d’un équilibre dans la répartition du temps qu’il consacre à ses différents domaines de vie : professionnel, personnel, familial, couple, associatif (2). Enfin il évoque des compétences nouvelles, des compétences que ses collègues lui reconnaissent sans doute bien volontiers : travailler en équipe, agir de façon autonome, concevoir et réaliser un projet, aider et soutenir autrui (3).</p>
<p>Ces prises de conscience ont donné à Marc une plus grande confiance dans sa capacité à changer radicalement d’activité. Il a appris à parler avec sa ligne managériale de ses buts, de ses espoirs et de ses valeurs quand auparavant, il espérait que cela se devinerait et que des propositions lui parviendraient sans qu’il ait besoin de les solliciter.</p>
<p><strong>Conséquence :</strong><br />
Après avoir parlé avec sa ligne managériale de ses buts, de ses valeurs et de ses espoirs professionnels Marc a réussi à bifurquer « d’un travail très technique et opérationnel, la construction et le déploiement de réseaux à l’international, vers un travail de pilotage financier et de développement de courants d’affaires ». Il a donc devant lui un nouveau défi qu’il relève avec confiance et enthousiasme. Il dit à ce propos : « […] un nouveau challenge comprend obligatoirement des parties que l’on ne maîtrise pas et que l’on acquiert par la suite. […]Le challenge qui m’est proposé me satisfait pleinement. Il n’est ni trop élevé, ni trop simple et me permet d’envisager une évolution personnelle et professionnelle.»</p>
<p><strong>Réponse déconcertante :</strong><br />
Ce cadre de contraste « avant/après » montre donc que qualitativement et quantitativement, les changements intervenus pendant cet accompagnement, et toujours selon les propos de Marc tels que recueillis dans son témoignage, sont des changements significatifs. Or, à la question « qu’est-ce que cet accompagnement vous a appris sur vous-même » Marc apporte une réponse qui aurait de quoi surprendre : « Je n’ai rien appris sur moi-même. J’ai mis des mots sur des choses que je ressentais en prenant du recul sur la manière dont j’appréhendais mon travail. J’ai mis des mots sur ce à quoi j’attache de l’importance, »</p>
<p><strong>Si Marc n’a rien appris qu’il ne sache déjà à quoi bon être accompagné ?</strong><br />
Marc l’explique d’une manière simple et directe : grâce à une « prise de recul » il lui a été possible de « mettre des mots » sur des » ressentis » et des « valeurs ». La prise de recul est le résultat de la déconstruction. Mettre des mots c’est « donner la parole ». Les « valeurs et ressentis » ces choses auxquelles Marc attachait de l’importance, sont ce qui était silencieux et auquel la parole a été donnée.</p>
<p><strong>Conclusion :</strong><br />
Donner la parole à des pensées ou des émotions silencieuses est une des intentions de l’approche narrative. Cette intention façonne une pratique particulière de l’accompagnement. Formé à cette pratique, le compagnon narratif va à la rencontre de sujets dont le but est d’aller mieux. Ces sujets décrivent parfois comme résultat de cette rencontre la possibilité qui leur fut offerte de mettre des mots sur quelque chose qu’ils savaient déjà mais qui était silencieux. S’étant emparé de cette possibilité, ils réalisent ensuite des actes, font des choix, prennent des décisions qui relèvent de leur libre arbitre et leur appartiennent. Ainsi Marc a entrepris un nouveau virage professionnel et ce virage le satisfait pleinement : il continue d’exercer, semble-t-il avec bonheur, sa souveraineté sur sa vie.</p>
<h6>(1) Voir Michael White – Cartes des Pratiques Narratives – Editions Satas, page 82<br />
(2) Utilisation de la « carte des domaines de vie » voir Bernard Hévin Jane Turner – Manuel de Coaching – Dunod, page 88<br />
(3) Utilisation du Bilan Professionnel Interqualia, voir Professeur Charles-Henri Amherdt &#8211; « La Santé émotionnelle au travail » &#8211; Editions Démos</h6>
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		<title>Des Bleus à l&#8217;âme</title>
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		<pubDate>Wed, 23 Jun 2010 12:05:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>L'équipe de la Fabrique</dc:creator>
				<category><![CDATA[Carnets de route]]></category>

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		<description><![CDATA[Le naufrage relationnel et collectif de l&#8217;équipe de France nous offre une double opportunité narrative.
D&#8217;une part, être confrontés en temps réel et en direct, avec une puissance planétaire, à un retelling de ce que les Bleus ont compris de notre société. Ce n&#8217;est pas très agréable et gageons que c&#8217;est pour cela que la condamnation [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le naufrage relationnel et collectif de l&#8217;équipe de France nous offre une double opportunité narrative.</strong></p>
<p>D&#8217;une part, être confrontés en temps réel et en direct, avec une puissance planétaire, à un retelling de ce que les Bleus ont compris de notre société. Ce n&#8217;est pas très agréable et gageons que c&#8217;est pour cela que la condamnation a été aussi violente et unanime, avec une urgence à localiser le problème qui chez le coach, qui dans l&#8217;équipe avec une recherche frénétique de coupables qui nous évite de réfléchir à notre participation à ce système.</p>
<p><span id="more-1347"></span></p>
<p>Car lorsqu&#8217;on explore le contexte élargi, on se rend compte que la perfusion de pognon à laquelle ces jeunes gens sont brutalement exposés, leur statut d&#8217;icônes récupéré par ces mêmes marques commerciales qui les lâchent aujourd&#8217;hui, le fait de piétiner le fait collectif en se mettant en grève au nom d&#8217;intérêts particuliers, la grossièreté et la violence (exprimés naguère au plus haut somment de l&#8217;état par un &laquo;&nbsp;casse toi, pauv&#8217;con !&nbsp;&raquo; qui n&#8217;a pas valu la &laquo;&nbsp;une&nbsp;&raquo; de l&#8217;Equipe, la négation de l&#8217;autorité et le refus obstiné de la moindre contrainte ou de la moindre frustration, la toute-puissance du spectacle et la dilution de la conscience d&#8217;appartenir à un tout : ce ne sont pas des thèmes footbalistiques, mais les thèmes qui sous-tendent la désagrégation de notre tissu social et des valeurs qui ont servi de socle à notre contrat social depuis la fin de la guerre.</p>
<p><strong>Et ceci nous confronte aussi avec une question de remembrement : qu&#8217;est-ce que cela signifie aujourd&#8217;hui de faire partie d&#8217;un groupe nation ?</strong> Comment cela se voit ou se décide t-il ? Quelles sont les règles d&#8217;inclusion et d&#8217;exclusion ? Quels sont les droits et les devoirs exprimés par cette appartenance, quel est son sens ? A travers les débats conjoints du comportement de l&#8217;Equipe de France au cours de la Coupe du Monde, de la réforme des retraites et de la fragilité des Etats face aux marchés financiers, c&#8217;est la même question qui est posée et la même recherche qui essaie d&#8217;émerger : celle d&#8217;un nouveau récit qui puisse documenter notre appartenance à un pays, et notre relation à cette appartenance.</p>
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		<title>Couscous identitaire</title>
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		<pubDate>Sun, 20 Jun 2010 06:41:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Blanc-Sahnoun</dc:creator>
				<category><![CDATA[Remembrements]]></category>

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		<description><![CDATA[par Dina Scherrer
 http://www.dinascherrer.com/
Lors d’un de nos derniers groupes de pairs, où nous avions décidé d’expérimenter « l’arbre de vie », je me souviens m’être sentie un peu ridicule, au moment de présenter mon arbre, à la lecture du mot « couscous » que j’avais écrit impulsivement entre les racines de mon arbre. Aux racines [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>par Dina Scherrer<br />
</em></strong> <a href="http://www.dinascherrer.com/"><strong><em>http://www.dinascherrer.com/</em></strong></a></p>
<p><strong>Lors d’un de nos derniers groupes de pairs, où nous avions décidé d’expérimenter « l’arbre de vie », je me souviens m’être sentie un peu ridicule, au moment de présenter mon arbre, à la lecture du mot « couscous »</strong> que j’avais écrit impulsivement entre les racines de mon arbre. Aux racines d’un arbre de vie j’imagine que l’on trouve plus souvent des mots comme « père », « mère », « pays », « ancêtres », « langue », que le nom d’une spécialité culinaire. Pourtant, j’y ai repensé et je suis persuadée que certains aliments sont une  vraie composante de notre identité, une invocation à la mémoire, une source d’histoires à raconter ou, seulement, à rêver.</p>
<p><span id="more-1339"></span></p>
<p>Un plat comme le couscous, pour moi, c’est un « hyperlien » vers ma saga familiale. Je revois ma mère, le dimanche matin, émietter la semoule brûlante entre ses mains pendant que le fumet du bouillon emplit la maison. Je revois mes frères et sœurs, mes oncles, mes tantes, les jeunes, les vieux, se retrouver chez nous et raconter leurs vies, souvent baignées de nostalgie pour les plus anciens, contraints, quelques années plus tôt, de quitter l’Algérie. Je revois notre vie d’alors, si différente&#8230; Le couscous de ma mère était le confluent d’une multitude d’histoires qui se rejoignaient le dimanche pour n’en former qu’une. J’ai repris la tradition et je sais ce qu’il me faut faire aujourd’hui pour rassembler une famille qu’éparpillent les emplois, les intérêts et les obligations : j’annonce à qui veut l’entendre que, tel dimanche, je vais faire un couscous, et je sais que toute la fratrie sera là.</p>
<p><strong>Cette réflexion m’a amené à sonder quelques connaissances et j’ai été rassurée de voir que telle ou telle cuisine occupait chez les uns et les autres, comme chez moi, des fonctions symboliques.</strong> Chez certains de mes amis, il n’y a pas d’anniversaire ou de célébration sans canard. En foie gras d’abord, puis en magret ou confit, le volatile rappelle à ces exilés les doux paysages de leur Sud-ouest natal. Accompagné de pommes de terre cuites dans la graisse, relevé d’ail, arrosé d’un cahors, il parle des repas d’antan, des parents qui ne sont plus, des maisons qu’on a dû quitter, des enfances qui se sont évanouies &#8211; mais aussi des amis qu’on a encore « là-bas ». D’ailleurs, parfois, on s’approvisionne en conserves ou en vin chez les amis en question et cela renforce de complicité réelle une consommation symbolique.</p>
<p>Le choix des boissons qui accompagnent ces repas vient parfois ajouter des nuances particulières. « Dans les grandes occasions &#8211; me dit l’un &#8211; je sers du veuve clicquot : c’était le champagne préféré de mon père. C’est comme si je l’invitais à être de nouveau parmi nous. Mais c’est seulement pour les évènements vraiment familiaux ».  Un autre m’a avoué : « Je sais bien qu’il en est de meilleurs, mais, pour nous autres Basques, il a une valeur tellement symbolique que j’achète tous les ans quelques caisses de vin d’Irouléguy ». Et un autre encore, quand il reçoit des amis de jeunesse, ne craint pas de marier des plats bien français avec un certain vin d’Australie en souvenir d’un voyage qu’ils firent là-bas.</p>
<p>La cuisine est une mémoire, un langage. Et aujourd’hui j’ai conscience que réunir ma famille, mes amis autour d’un couscous est une manière de rendre hommage à mon histoire, à mes origines.</p>
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		<title>Il est paru !</title>
		<link>http://www.cooprh.com/pratiques-narratives/carnets-de-route/il-est-paru-2.html</link>
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		<pubDate>Fri, 11 Jun 2010 07:01:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Blanc-Sahnoun</dc:creator>
				<category><![CDATA[Carnets de route]]></category>

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		<description><![CDATA[
Le premier ouvrage de la collection Hermann-l&#8217;Entrepôt, première collection française exclusivement consacrée à l&#8217;approche narrative et animée par la Fabrique Narrative, vient de paraître. Pour l&#8217;acheter : voir ici. Ci-dessous la préface à l&#8217;édition française. 
Le livre que vous tenez entre les mains est important à plusieurs titres. D&#8217;une part, c&#8217;est la meilleure première initiation [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.cooprh.com/pratiques-narratives/wp-content/Approche-narrative_COUV-OK1_3.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-1335" title="Approche narrative_COUV-OK[1]_3" src="http://www.cooprh.com/pratiques-narratives/wp-content/Approche-narrative_COUV-OK1_3-195x300.jpg" alt="" width="195" height="300" /></a></p>
<p><strong>Le premier ouvrage de la collection Hermann-l&#8217;Entrepôt, première collection française exclusivement consacrée à l&#8217;approche narrative et animée par la Fabrique Narrative, vient de paraître. Pour l&#8217;acheter : voir </strong><a href="http://www.editions-hermann.fr/ficheproduit.php?lang=fr&amp;menu=10&amp;ref=Hermann+%2F+L%27Entrep%F4t+Qu%27est-ce+que+l%27approche+narrative+%3F+&amp;prodid=852" target="_blank"><strong>ici</strong></a><strong>. Ci-dessous la préface à l&#8217;édition française. </strong></p>
<p>Le livre que vous tenez entre les mains est important à plusieurs titres. D&#8217;une part, c&#8217;est la meilleure première initiation possible à l&#8217;approche narrative. Développée en Australie et dans le monde entier depuis une trentaine d&#8217;années, cette approche connaît un développement considérable dans les champs de la psychothérapie, du coaching, de l&#8217;accompagnement du changement dans les organisations, du travail social, du soutien psychologique aux victimes de traumas, etc.</p>
<p><span id="more-1334"></span></p>
<p>On trouve des praticiens narratifs à l&#8217;oeuvre dans les camps de réfugiés en Palestine, dans les foyers de travailleurs en Afrique du Sud, aux côtés des communautés Aborigènes en difficulté en Australie, dans les prisons en Irlande, dans les centres de thérapie spécialisés dans les troubles alimentaires, dans les entreprises et les organisations en France : les domaines d&#8217;application de cette approche sont pratiquement illimités.</p>
<p>Dans notre pays, l&#8217;approche narrative a commencé à se développer assez tardivement ; le premier séminaire de Michael White, l&#8217;un de ses fondateurs, date de 2004 seulement. Ceci vient probablement en partie du fait que la totalité du matériel théorique et pédagogique disponible est en anglais. Cela vient peut-être aussi de la tradition thérapeutique et clinique française, fortement imprégnée de psychanalyse, qui opère une distinction importante, fondée sur un appareil taxinomique relativement rigide, entre les pratiques qui s&#8217;adressent aux individus et celles qui opèrent auprès des groupes et des communautés ; entre l&#8217;accompagnement clinique et le travail dans les organisations ; entre la thérapie, le coaching, et le développement personnel.</p>
<p>Nous voyons aujourd&#8217;hui émerger dans notre pays une première génération de praticiens, formés par Michael White et ses collaborateurs, dont certains ont fait le voyage pour compléter leur formation en Australie, qui commencent à obtenir des résultats prometteurs en appliquant la démarche narrative à toute une variété de domaines de la relation d&#8217;aide dans lesquels ils exercent . Ces praticiens en forment de nouveaux et font connaître les idées narratives dans leurs champs respectifs, notamment en diffusant les recherches très actives qui ont lieu et sont relayées dans le monde entier.</p>
<p>Les moyens de cette diffusion sont multiples et n&#8217;ont d&#8217;autre limite que l&#8217;imagination et la créativité des uns et des autres. En ce qui nous concerne, notre contribution à ce développement passe par la mise à disposition, pour le plus grand nombre de professionnels de la relation d&#8217;accompagnement, des savoirs, compétences et expériences développés par Michael White, David Epston, et tous ceux qui oeuvrent dans le monde entier et sous des formes très diverses au développement d&#8217;une pensée et d&#8217;une praxis narratives. C&#8217;est pourquoi après avoir ouvert à Bordeaux la Fabrique Narrative, un centre de formation et de perfectionnement, nous nous sommes associés à Hermann, éditeur passionné par les nouveaux développements dans les domaines des sciences humaines, pour publier des traductions d&#8217;ouvrages australiens de référence dont les praticiens français ont besoin pour appuyer leur progression ou tout simplement permettant au plus large public, spécialiste ou non, de découvrir et de comprendre les idées narratives et l&#8217;espoir qu&#8217;elles représentent.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Une brève introduction à l&#8217;approche narrative&nbsp;&raquo; nous a semblé le meilleur choix pour commencer. Cet ouvrage court, dense et vivant, écrit par Alice Morgan qui a été une très proche collaboratrice de Michael White, constitue la meilleure porte d&#8217;entrée possible vers les pratiques narratives. Je voudrais remercier ici Catherine Mengelle, qui en a donné une traduction particulièrement fidèle, respectant la vivacité et la spontanéité du style de l&#8217;auteur. Etant elle aussi praticienne et coach narrative, Catherine a su emboîter le pas à Alice pour retraduire simplement des concepts parfois complexes, consciente de forger de façon pionnière un vocabulaire de référence et toujours respectueuse de l&#8217;intention de l&#8217;auteur.</p>
<p>Je voudrais également remercier Christine Thubé, fondatrice et directrice de la Fabrique Narrative, pour sa relecture attentive et fouillée de ce texte. Enfin, impossible de terminer cette préface sans saluer l&#8217;incroyable soutien de Cheryl White et David Denborough, co-directeurs du Dulwich Center of Narrative Practice d&#8217;Adelaide (Australie), qui ont toujours été à nos côtés, prodiguant sans compter conseils et encouragements. Ils font partie de ces personnes bienfaisantes qui ont forgé les pratiques narratives et les font rayonner dans une communauté en développement constant fondée sur le respect et la bienveillance.</p>
<p>Alice Morgan, l&#8217;auteur de ce livre, a accepté elle aussi de nous faire confiance et de nous confier la traduction et la publication en français de son ouvrage, sachant qu&#8217;il était le premier de cette collection et que nous sommes plus une petite bande de passionnés qui veulent partager ce qui donne un sens à leur métier que des gens de marketing éditorial ou des vendeurs de formation. Il me reste à vous souhaiter une belle découverte, un beau voyage dans ces idées qui ont déjà changé la vision du monde de nombreux professionnels et de milliers de personnes qui ont pu devenir &laquo;&nbsp;auteurs de leur vie&nbsp;&raquo; grâce à elles. Puisse ce livre être pour vous le premier pas qui conduit de l&#8217;omniprésence des savoirs dominants à la singularité des histoires préférées.</p>
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		<title>De l’importance et de la puissance des métaphores</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Jun 2010 13:38:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Blanc-Sahnoun</dc:creator>
				<category><![CDATA[Résistances]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Michèle Gauthier
http://www.michele-gauthier-coaching.fr/

Un bel extrait de conversation qui illustre la puissance du changement de métaphore comme point de départ de la renégociation du sens. Illustré par une splendide photo de Luc Pouyanne, reçue il y a quelques jours, et qui s&#8217;applique pour sa part à illustrer une métaphore collective née lors d&#8217;un exercice du dernier [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>Par Michèle Gauthier<br />
<a href="http://www.michele-gauthier-coaching.fr/" target="_blank">http://www.michele-gauthier-coaching.fr/</a></strong></em></p>
<p><strong><a href="http://www.cooprh.com/pratiques-narratives/wp-content/IMG_2148.jpeg"><img class="alignnone size-medium wp-image-1326" title="IMG_2148" src="http://www.cooprh.com/pratiques-narratives/wp-content/IMG_2148-300x149.jpg" alt="" width="300" height="149" /></a></strong></p>
<p><strong>Un bel extrait de conversation qui illustre la puissance du changement de métaphore comme point de départ de la renégociation du sens. Illustré par une splendide photo de Luc Pouyanne, reçue il y a quelques jours, et qui s&#8217;applique pour sa part à illustrer une métaphore collective née lors d&#8217;un exercice du dernier séminaire Initiation.</strong></p>
<p>« Vous m’avez parlé du vinyl, la dernière fois. Moi je me voyais tranquille sur mon manège, à regarder le paysage. Mais ce n’était pas du tout ça. Vous m’avez parlé de disque rayé. C’était plutôt ça ! »</p>
<p>Je suis surprise, étonnée et émerveillée de ce que Brigitte a fait de la métaphore que je lui avais proposé. Lors de la précédente séance, j’ai donné l’image qui me venait, celle du « disque rayé » en parlant de sa relation avec son frère.</p>
<p><span id="more-1324"></span></p>
<p>Elle me raconte alors qu’elle ne peut s’autoriser pas à être heureuse, car son frère vit des difficultés. Elle l&#8217;aide ou aide sa famille (sa fille notamment qui est gravement malade) mais il ne la remercie pas. Or malgré tout, elle me décrit le fait de ne pouvoir s&#8217;empêcher de l&#8217;aider. Cela se produit depuis plusieurs années.  J’entendais dans son récit, la répétition à cette expérience d’où l’image de ce « disque rayé ».</p>
<p>D’un air léger, elle me dit, lors de cette première séance : « C’est comme un manège ! » Je lui fais part de l’image qui m’apparaît : «  Brigitte, moi je vois plutôt un disque rayé, vous savez, les 33 tours. Le diamant qui retombe toujours au même endroit et n’arrive pas à en sortir » Elle ne répond pas et nous poursuivons nos échanges sans y revenir durant la séance.</p>
<p><strong>Lors de la séance suivante, elle me dit qu’elle est arrivée à dire « ça suffit» à son frère</strong>, et elle ajoute : «  Mais c’est grâce au « Vinyl »  ! Moi je me voyais comme dans un manège, confortable, ouverte à l’extérieur. Mais en fait, c’était noir, complètement fermé, et je me suis dit : &laquo;&nbsp;ce n’est pas possible, ça doit s’arrêter. Ce n’est plus supportable ! &laquo;&nbsp;». Elle poursuit : « J’ai pu dire à mon frère que, s’il estimait que je n’en faisais pas assez pour lui, que si telle et telle chose (j’ai énuméré), cela ne comptait pas pour lui, je ne voyais plus quoi faire d’autre. » Et Brigitte continue calmement : « Donc je lui ai dit que je ne viendrai l’aider que s’il le demande. » Je me sens bien avec cette décision ».</p>
<p>Pour en revenir à cette métaphore, dans cette image, je voyais juste le « disque rayé », le mouvement toujours identique qui se renouvelle. Elle y a vu le noir, l’enfermement, choses que je n’aurai jamais dites, car je ne les voyais pas. Et c&#8217;est ce qui lui a donné l&#8217;énergie de changer quelque chose pour elle.</p>
<p><strong>Je me rends compte de la puissance des métaphores</strong>, des images par leur respect de chacun. Lorsque j&#8217;en propose une, mes interlocuteurs les utilisent comme c’est opportun pour eux, à ce moment-là ! Ca les aide à donner du sens à ce qu’ils vivent. Et c&#8217;est eux qui trouvent ce sens dans la métaphore proposée.</p>
<p>Et vous, avez-vous déjà remarqué ce genre de phénomène ?</p>
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		<title>Michel Foucault, Jacques Derrida et Michael White</title>
		<link>http://www.cooprh.com/pratiques-narratives/explorations/michel-foucault-jacques-derrida-et-michael-white.html</link>
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		<pubDate>Thu, 03 Jun 2010 15:28:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Blanc-Sahnoun</dc:creator>
				<category><![CDATA[Explorations]]></category>

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		<description><![CDATA[

par Stéphane Kovacs
http://www.viadeo.com/fr/profile/stephane.kovacs




Un belle réflexion qui épaissit de fines correspondances entre ces trois oeuvres et fait émerger de façon forte et claire le sens du concept de &#171;&#160;déconstruction&#160;&#187;, central à la Narrative. Dénichée par Françoise Quennessen sur le hub Viadeo de Marianne Lechifflart (&#171;&#160;pratiques narratives et histoires préférées&#160;&#187;) cette chronique est reproduite ici avec l&#8217;aimable [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="_mcePaste">
<div id="_mcePaste"><strong></p>
<p></strong><strong>par Stéphane Kovacs<br />
<em><em></strong><a href="http://www.viadeo.com/fr/profile/stephane.kovacs" target="_blank"><strong>http://www.viadeo.com/fr/profile/stephane.kovacs</strong></a></em></em></p>
</div>
<div id="_mcePaste"><a href="http://www.viadeo.com/fr/profile/stephane.kovacs" target="_blank"></p>
<p></a></p>
</div>
<div><strong>Un belle réflexion qui épaissit de fines correspondances entre ces trois oeuvres et fait émerger de façon forte et claire le sens du concept de &laquo;&nbsp;déconstruction&nbsp;&raquo;, central à la Narrative. Dénichée par Françoise Quennessen sur le hub Viadeo de Marianne Lechifflart (<a href="http://www.viadeo.com/hub/affichefil/?hubId=0021ulx6wo28ej1t&amp;forumId=0022cy2xqffhy146&amp;threadId=00213imp4wgmbf4l#1494016" target="_blank">&laquo;&nbsp;pratiques narratives et histoires préférées&nbsp;&raquo;</a>) cette chronique est reproduite ici avec l&#8217;aimable autorisation de Stéphane.</p>
<p></strong></p>
</div>
<div id="_mcePaste">A ma connaissance Michael White n’a pas eu l’occasion de rencontrer l’un ou l’autre de leurs vivant et je me suis demandé ce que Michel Foucault aurait pensé de la mise en œuvre par Michael White de ses travaux. Jusqu’au jour où je suis tombé sur le paragraphe suivant dans lequel Michel Foucault décrit ce qu’est la raison d’être de son œuvre (1) :</div>
<div><span id="more-1310"></span></div>
<div id="_mcePaste">&laquo;&nbsp;Les études qui suivent, comme d&#8217;autres que j&#8217;avais entreprises auparavant, sont des études d’ « histoire&nbsp;&raquo; par le domaine dont elles traitent et les références qu&#8217;elles prennent; mais ce ne sont pas des travaux d’ « historien&nbsp;&raquo;. Ce qui ne veut pas dire qu&#8217;elles résument ou synthétisent le travail qui aurait été fait par d&#8217;autres; elles sont &#8211; si on veut bien les envisager du point de vue de leur pragmatique &#8211; le protocole d&#8217;un exercice qui a été long, tâtonnant, et qui a eu besoin souvent de se reprendre et de se corriger. C&#8217;était un exercice philosophique : <em>son enjeu était de savoir dans quelle mesure le travail de penser sa propre histoire peut affranchir la pensée de ce qu&#8217;elle pense silencieusement et lui permettre de penser autrement.</em>&nbsp;&raquo;</p>
</div>
<div id="_mcePaste">Michel Foucault explique dans ce paragraphe le but qu&#8217;il poursuivait à travers ses travaux et nous renseigne donc en même temps sur le « paysage de sa conscience ». La dernière phrase de ce paragraphe, celle qui est en italique, est pour moi la clé de voute de l’intention qui a nourri le paysage de sa production littéraire et philosophique.</p>
</div>
<div id="_mcePaste">Vous l&#8217;aurez remarqué, l&#8217;enjeu des travaux de Foucault tel qu&#8217;il le décrit dans cette phrase, et même si c&#8217;est écrit avec un h minuscule, porte sur l&#8217;histoire des hommes, donc en fait sur l&#8217;histoire avec un H majuscule. C&#8217;est ici que je trouve un lien extraordinaire avec les travaux de Michael White : il suffit de remplacer l&#8217;Histoire des hommes par l&#8217;histoire de chacun d&#8217;entre nous pour résumer le travail fantastique que Michael White a accompli à partir des travaux de Michel Foucault car penser sa propre histoire pour l’affranchir de ce qu’elle pense silencieusement et lui permettre éventuellement de penser autrement, n’est-ce pas exactement le propos d’une conversation d’externalisation ou d’une conversation pour redevenir auteur ?</div>
<div id="_mcePaste">Quand on imagine les soulagements, les moments de bonheur, les réconciliations avec soi-même et avec les autres ou avec la vie, que la pratique thérapeutique créée par Michael White a rendu possible en des centaines de lieu au cours des 30 dernières années, et que l&#8217;on se met ensuite à la place de Michel Foucault, qui n&#8217;a pas eu connaissance de cette nouvelle approche thérapeutique, ne peut-on pas, sans trop craindre de se tromper, se dire qu&#8217;il aurait été fier et très reconnaissant envers Michael White pour l&#8217;application qu’il réalisa de ses propre travaux ?</p>
</div>
<div id="_mcePaste">J&#8217;aime donc cette phrase en ce qu&#8217;elle résume cette connivence impossible entre ces deux hommes. Cette phrase m’a aussi fait penser à un troisième homme dont Michael White s&#8217;est inspiré, en particulier pour la notion de &laquo;&nbsp;l&#8217;absent mais implicite&nbsp;&raquo; : le philosophe, lui aussi plus lu et plus connu à l&#8217;étranger qu&#8217;en France, Jacques Derrida(2). Derrida a traqué la notion d&#8217;indécidabilité à travers des textes et des expressions triviales, banales ou très usuelles. Par exemple le mot « entre » exprimerait cette indécidabilité en ce sens qu&#8217;il est aussi bien utilisé pour ce qui sépare que pour ce qui rapproche : la phrase &laquo;&nbsp;entre nous il n&#8217;y a rien&nbsp;&raquo; peut autant exprimer le désir de fusion que celui d&#8217;éloignement. Dans l&#8217;édition de ce mois du Magazine Littéraire, numéro 498, un dossier est entièrement consacré à Derrida. Dans une des chroniques de ce dossier, Charles Ramond, prête à Derrida d&#8217;avoir créé le néologisme &laquo;&nbsp;déconstruction&nbsp;&raquo; qui serait lui aussi un honorable représentant de l&#8217;indécidabilité pour sa capacité à signifier en même temps la destruction et la construction.</p>
</div>
<div id="_mcePaste">C&#8217;est ici que se trouve le lien que j&#8217;ai envisagé, je devrais dire imaginé, entre Foucault, White et Derrida . L&#8217;entreprise de « déconstruction » des concepts à partir de la lecture des textes ou de leur interprétation est caractéristique du travail de Derrida. Or jusqu&#8217;à la lecture de cette phrase, celle de Michel Foucault que j&#8217;ai souligné, si je percevais facilement l&#8217;aspect destructif de la déconstruction, il m’était difficile de saisir son aspect constructif.</p>
</div>
<div id="_mcePaste">Or dans sa phrase Michel Foucault évoque une espèce de pensée qui m’était inconnue auparavant : la pensée silencieuse. Comment une pensée peut-elle être silencieuse ? Qu&#8217;est-ce qui donne de la voix à certaines pensées et en rend d&#8217;autres muettes ? Vous êtes-vous posé la question ? Si des pensées sont silencieuses cela signifie donc qu&#8217;elles ne sont pas mortes ou absentes. Certaines pensées seraient donc présentes, vivantes, mais elles seraient silencieuses donc inaudibles. En lisant cette phrase j&#8217;ai donc réalisé comment le travail de Michel Foucault associé à celui de Michael White, les pratiques narratives, contribuaient à une déconstruction &laquo;&nbsp;derridienne&nbsp;&raquo;, du fait, et, j&#8217;en ai fait ma propre définition de l&#8217;accompagnement narratif, de : donner la parole à des pensées silencieuses.</p>
</div>
<div id="_mcePaste">Derrida opérait sur les textes et leurs interprétations. Foucault opèrait sur la pensée et les discours. Si l’objet de leur travail était différent tous les deux entreprenaient une œuvre de déconstruction chacun à sa façon. Donner la parole à des pensées silencieuses est un travail de destruction en ce sens qu&#8217;il diminue le volume sonore des voix des pensées qui éloignent le sujet de ses propres buts, espoirs, rêves et engagements, et c’est un travail de construction en ce sens qu&#8217;il donne la parole à ces pensées silencieuses, pensées alimentées par ses intentions, espoirs, rêves ou engagements.</p>
</div>
<div id="_mcePaste">Déconstruire c’est donc donner la parole à des pensées silencieuses et c’est un des résultats auxquels on peut s’attendre grâce aux pratiques narratives. Depuis que je me suis créé cette définition de la déconstruction la mise en application des pratiques narratives me parait plus facile à comprendre et donc plus facile à expliquer à un tiers. Peut-être vous sera-t-elle également utile à cet effet. C’est un peu ce que j&#8217;espère en terminant l’écriture de cet article.</p>
</div>
<div id="_mcePaste">Bien à vous,</div>
<div id="_mcePaste">Stéphane Kovacs</p>
</div>
<div id="_mcePaste">(1) Histoire de la sexualité vol 2, L&#8217;usage des plaisir &#8211; Gallimard</div>
<div id="_mcePaste">(2) Michael White &#8211; &laquo;&nbsp;Re-engaging with history : the absent but implicit » &#8211; Dulwich Center</div>
</div>
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		<title>Encore quelques places pour voir Madigan</title>
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		<pubDate>Fri, 28 May 2010 15:24:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Blanc-Sahnoun</dc:creator>
				<category><![CDATA[Résistances]]></category>

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		<description><![CDATA[La Classe de Mer 2010 de la Fabrique Narrative : 6, 7 et 8 septembre 2010 à Arcachon !
 
“Pour augmenter la puissance et la pertinence de nos questions narratives”
Avec Stephen Madigan	Pour la première fois en France 			(traduction simultanée)
Stephen Madigan a été l&#8217;un des tout premiers élèves et collaborateurs de Michael White et David Epston. Praticien mondialement reconnu, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La Classe de Mer 2010 de la Fabrique Narrative : 6, 7 et 8 septembre 2010 à Arcachon !</strong></p>
<h2><strong> </strong><br />
“Pour augmenter la puissance et la pertinence de nos questions narratives”</h2>
<p><strong><a href="http://www.cooprh.com/pratiques-narratives/wp-content/workshop-photo.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-922" title="workshop-photo" src="http://www.cooprh.com/pratiques-narratives/wp-content/workshop-photo-300x225.jpg" alt="" width="240" height="180" /></a>Avec Stephen Madigan	Pour la première fois en France 			(traduction simultanée)</strong><br />
Stephen Madigan a été l&#8217;un des tout premiers élèves et collaborateurs de Michael White et David Epston. Praticien mondialement reconnu, il est l&#8217;une des figures marquantes du développement des pratiques narratives dans le domaine de la thérapie familiale. En 1992, il a fondé la Vancouver School for Narrative Therapy, première école narrative de l&#8217;hémisphère Nord. Praticien non-conventionnel et chercheur brillant couronné par des prix prestigieux (notamment l&#8217;Award de l&#8217;American Family Therapy Academy), Stephen Madigan s&#8217;est spécialisé sur l&#8217;étude des éléments culturels qui influencent la relation thérapeutique et contribuent à la reproduction de relations de pouvoir à l&#8217;intérieur de l&#8217;accompagnement.</p>
<p><span id="more-1306"></span><br />
Cet atelier de 3 jours sera consacré à l&#8217;histoire des principales idées qui fondent les pratiques narratives, à travers une série de vidéos de conversations qui permettront aux participants de découvrir en dimension réelle le travail de Stephen avec ses patients.<br />
La Classe de Mer est le séminaire annuel de la Fabrique Narrative. S&#8217;adressant à des personnes déjà formées aux idées narratives, il donne l&#8217;occasion d&#8217;un rassemblement de 3 jours dans un lieu maritime et agréable, autour d&#8217;un praticien de renommée mondiale. Il s&#8217;agit d&#8217;une opportunité unique de perfectionnement, qui permet de découvrir de nouvelles approches et techniques, de se familiariser avec des façons de penser radicalement nouvelles, de pratiquer l&#8217;approche narrative de façon intensive.<br />
Cet événement est ouvert à tous ceux et celles qui travaillent dans la relation d’aideet sont familiarisés à l’Approche Narrative</p>
<p>www.stephenmadigan.ca<br />
<strong>INFORMATIONS COMPLETES ET RENSEIGNEMENTS PRATIQUES </strong></p>
<p>contact: Christine Thubé</p>
<p>christine@cooprh.com 06 75 79 32 70</p>
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		<title>Un &#171;&#160;coup de gueule&#160;&#187;</title>
		<link>http://www.cooprh.com/pratiques-narratives/ruses-du-pouvoir-moderne/un-coup-de-gueule.html</link>
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		<pubDate>Fri, 28 May 2010 14:28:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Blanc-Sahnoun</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ruses du Pouvoir Moderne]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.cooprh.com/pratiques-narratives/?p=1296</guid>
		<description><![CDATA[Par Catherine Mengelle
www.dclictonavenir.com
Une tribune subjective, un brin totalisante et volontairement partiale qui interroge le contexte sous-jacent au recrutement dans certaines entreprises aujourd&#8217;hui&#8230; L&#8217;indignation de l&#8217;auteur donne à voir en absent-mais-implicite les valeurs de courage, d&#8217;honnêteté et de respect dans lesquelles elle est engagée.
Emploi et compétence, illusion et colère
Cet article, écrit sous le coup de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Catherine Mengelle<br />
</strong><a href="www.dclictonavenir.com" target="_blank"><strong>www.dclictonavenir.com</strong></a></p>
<p style="text-align: left;"><strong>Une tribune subjective, un brin totalisante et volontairement partiale qui interroge le contexte sous-jacent au recrutement dans certaines entreprises aujourd&#8217;hui&#8230; L&#8217;indignation de l&#8217;auteur donne à voir en absent-mais-implicite les valeurs de courage, d&#8217;honnêteté et de respect dans lesquelles elle est engagée.</strong></p>
<h2>Emploi et compétence, illusion et colère</h2>
<p><strong>Cet article, écrit sous le coup de la colère, force le trait et provoque à chaque ligne.</strong></p>
<p>C&#8217;est une forme de rébellion contre des systèmes que personne ne remet jamais en cause. C&#8217;est aussi le reflet de la détresse que je croise régulièrement dans mon travail et un questionnement sur ma responsabilité d&#8217;accompagnante. Je sais que le ton employé est généralisateur et qu&#8217;il y a aussi des entreprises et des personnes qui ne ressemblent en rien à ce que je décris et ne font pas parler d&#8217;elles, peu soucieuses de médiatiser leur réussites. Tant mieux. Cet article leur rend aussi un véritable hommage.</p>
<p><strong>L&#8217;emploi a si peu à voir avec les compétences en définitive&#8230;<br />
</strong>&#8230; sauf avec une, mais de taille : la capacité à créer du lien social ciblé et efficace professionnellement.<br />
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La plupart des entreprises sont gérées par une foule de gens somme toute assez moyennement compétents, rarement à leur place d&#8217;ailleurs, sans que cela ait jamais empêché les entreprises de tourner, bon an mal an. Il n&#8217;y a pas vraiment besoin de compétences dans l&#8217;entreprise : c&#8217;est une illusion, et une énorme déception pour tous ceux qui ont privilégié savoirs et expériences au détriment du réseau, sans réaliser suffisamment tôt que le besoin n&#8217;existait pas en fait. Les entreprises surfent sur des opportunités économiques conjoncturelles et croient (et veulent nous faire croire) qu&#8217;elles le doivent à leurs compétences stratégiques et managériales : cela signifierait qu&#8217;elles seraient capables de s&#8217;adapter aux changements, d’anticiper, d&#8217;innover et de changer de cap. La crise actuelle me permet d&#8217;en douter !<br />
Cela ne me choque pas particulièrement.</p>
<p><strong>Ce qui me choque, c&#8217;est l&#8217;accord tacite général pour se convaincre du contraire… et jouer à faire semblant.<br />
</strong>Recruteurs de tout ordre, accompagnants, managers, dirigeants, intervenants de l&#8217;enseignement supérieur continuent d&#8217;exiger de la part de ceux qui sont en recherche d&#8217;emploi des arsenaux démesurés de compétences, souvent totalement inadaptées aux postes proposés. Inadaptation sans gravité ni conséquence majeure pour l&#8217;entreprise, puisque, de toute façon, le choix ne se fera pas sur ces compétences. Tous ont toute liberté d&#8217;invoquer n&#8217;importe quoi et toujours plus, et de se faire &laquo;&nbsp;mousser&nbsp;&raquo;. Personne ne sait de quelles compétences l&#8217;entreprise aurait besoin, si elle le voulait réellement, et cela n&#8217;a pas d&#8217;importance. Recruter, c&#8217;est faire de la &laquo;&nbsp;com&nbsp;&raquo; et souvent de la &laquo;&nbsp;com perso&nbsp;&raquo; !</p>
<p><strong>En période de crise, cette exigence devient indécente.<br />
</strong>Pourquoi exiger tant de compétences sur un CV quand lors de l&#8217;entretien, le choix portera finalement sur le candidat qui ne fera pas d&#8217;ombre et se glissera dans la structure sans faire de vague ? Combien sont-ils, les managers vraiment intéressés par le risque de l&#8217;expertise, de la contradiction, de la discussion, de la proposition innovante ? Et pourquoi le seraient-ils, de surcroît ? Qui, parmi tous ceux qui sont en poste, a une réelle pensée pour celui ou celle qui passe des heures à réfléchir sur ses compétences, à décrypter chacune de ses expériences, à tout mettre en forme, à argumenter, à démontrer, à essayer de s&#8217;en convaincre et d&#8217;en convaincre les autres, et tout ça en vain ? Il y a pourtant probablement aujourd&#8217;hui, parmi les chômeurs, des gens plus compétents que nombre de ceux qui travaillent.</p>
<p><strong>Aujourd&#8217;hui, ce n&#8217;est pas de compétences dont on a besoin, mais d&#8217;offres d&#8217;emploi !<br />
</strong>Quand les acteurs du recrutement continuent, en période de crise, de baser le retour à l&#8217;emploi sur les compétences, ils contribuent fortement, croyant faire le contraire, à éteindre la dernière petite lueur d&#8217;estime de soi des chômeurs, qui, ne trouvant pas d&#8217;emploi (puisqu&#8217;il n&#8217;y en a pas !) malgré leurs compétences, épaississent leur histoire dominante d&#8217;incompétence (puisqu&#8217;ils ont perdu leur emploi et n&#8217;en retrouvent pas). Il faudrait déconstruire l&#8217;histoire convenue qui soupçonne le chercheur d&#8217;emploi qui ne trouve pas, de compétences insuffisantes ou inadaptées. On ne perd pas un boulot parce qu&#8217;on est incompétent, mais pour des raisons économiques, des raisons de choix financiers, de santé, de difficultés relationnelles ponctuelles, parce qu&#8217;on a suivi son partenaire et déménagé, etc. Pour les mêmes raisons, ce n&#8217;est pas parce qu&#8217;on est compétent qu&#8217;on retrouve un travail ! La seule incompétence du demandeur d&#8217;emploi pourrait être son défaut de réseau social et professionnel. Mais ce n&#8217;est pas une preuve d&#8217;incapacité à travailler, loin de là. Nous avons tendance à tout confondre, de nos jours. En plus, dans la longue liste des compétences généralement exigées sur un profil de poste, personne ne peut jamais s&#8217;y retrouver complètement : il manque toujours un petit quelque chose&#8230; qui permet au recruteur de justifier le refus dans tous les cas et sans trop d&#8217;état d&#8217;âme. C&#8217;est &laquo;&nbsp;foireux&nbsp;&raquo; et manipulateur !</p>
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