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	<title>Errances Narratives, le blog de la Fabrique Narrative &#187; Ruses du Pouvoir Moderne</title>
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	<description>Errances Narratives, le blog de la Fabrique Narrative</description>
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		<title>EDUCATION DOMINANTE</title>
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		<pubDate>Sat, 03 Dec 2011 09:51:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Blanc-Sahnoun</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ruses du Pouvoir Moderne]]></category>

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		<description><![CDATA[
Attention, cette vidéo décoiffe ! Malheureusement elle est en anglais et nous n&#8217;avons pas eu le temps de la traduire. Il s&#8217;agit d&#8217;une nouvelle production de RSA (vous vous souvenez du cartoon sur la motivation en entreprise basée sur le sens, l&#8217;autonomie et le défi technique ?) Ce coup-ci, Sir Ken Robinson s&#8217;attaque au système [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><object width="460" height="259"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/zDZFcDGpL4U&#038;rel=0&#038;hl=en_US&#038;feature=player_embedded&#038;version=3"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowScriptAccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/zDZFcDGpL4U&#038;rel=0&#038;hl=en_US&#038;feature=player_embedded&#038;version=3" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="true" allowScriptAccess="always" width="460" height="259"></embed></object></p>
<p><strong>Attention, cette vidéo décoiffe !</strong> Malheureusement elle est en anglais et nous n&#8217;avons pas eu le temps de la traduire. Il s&#8217;agit d&#8217;une nouvelle production de RSA (vous vous souvenez du cartoon sur la motivation en entreprise basée sur le sens, l&#8217;autonomie et le défi technique ?) Ce coup-ci, Sir Ken Robinson s&#8217;attaque au système d&#8217;éducation occidental et il démontre que ce dernier, reflétant directement les idées des Lumières et de la pensée économique, est devenu un processus industriel visant à formatter l&#8217;esprit des enfants dans un sens favorable à l&#8217;épaississement et à la reproduction du système.<br />
<span id="more-2558"></span></p>
<p>L&#8217;échec croissant de cette façon d&#8217;éduquer est localisée, dans le cadre des activités du pouvoir moderne, à l&#8217;intérieur des enfants et pathologisée sous le nom d&#8217;ADHD (syndrome d&#8217;hyperactivité), une épidémie socialement construite à l&#8217;instar de l&#8217;anorexie (Epston, Madigan), et qui donne lieu à de fortes prises de médicaments visant à &laquo;&nbsp;anesthésier&nbsp;&raquo; (c&#8217;est Robinson qui le dit) les enfants et à les rendre &laquo;&nbsp;plus concentrés&nbsp;&raquo; sur l&#8217;enseignement, ce qui en même temps anihile toutes leurs capacités créatrices. A noter, une corrélation parfaite sur la carte des US entre l&#8217;épidémie d&#8217;ADHD et l&#8217;épidémie de SIDA&#8230;</p>
<p>Il y a certainement un débat à avoir sur le fait qu&#8217;en France, nous n&#8217;en sommes peut-être pas encore là&#8230; mais est-ce que nous (la société) ne sommes pas en train d&#8217;y aller à grands pas enthousiastes ? Ou bien faisons-nous (la Fabrique)  en diffusant cela de la propagation de pensée dominante narrative et une sorte de délire de persécution constructionniste anti-pouvoir moderne et légèrement manichéen que l&#8217;on nous reproche parfois ? Qu&#8217;est-ce que vous en pensez ? </p>
<p>Et merci à notre ami <a href="http://www.chernet-conseil.com/" target="_blank" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.chernet-conseil.com/?referer=');">Daniel Chernet</a> qui a envoyé cette vidéo.</p>
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		<title>UNE HISTOIRE PEUT EN CACHER UNE AUTRE</title>
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		<pubDate>Sun, 20 Nov 2011 16:17:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Blanc-Sahnoun</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ruses du Pouvoir Moderne]]></category>

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		<description><![CDATA[
Une petite vidéo talentueuse qui montre comment une histoire dominante fonctionne pour isoler la personne. Plus elle est isolée, et plus elle est victime des effets de cette histoire et &#171;&#160;poreuse&#160;&#187; à ses activités. Mais il suffit d&#8217;un petit stratagème&#8230;
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			<content:encoded><![CDATA[<p><iframe src="http://www.youtube.com/embed/yeVdrNajPBs?rel=0" frameborder="0" width="460" height="259"></iframe></p>
<p>Une petite vidéo talentueuse qui montre comment une histoire dominante fonctionne pour isoler la personne. Plus elle est isolée, et plus elle est victime des effets de cette histoire et &laquo;&nbsp;poreuse&nbsp;&raquo; à ses activités. Mais il suffit d&#8217;un petit stratagème&#8230;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>MODIFIER LES COMPORTEMENTS</title>
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		<pubDate>Sun, 30 Oct 2011 18:25:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Blanc-Sahnoun</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ruses du Pouvoir Moderne]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Elizabeth Feld
Quand Elizabeth se retrouve dans une réunion de sécurité routière animée par la Police Nationale, elle continue à réfléchir narratif&#8230;
On était  une trentaine dans les salles du sous sol de la Mairie du 11ème, à Paris samedi matin.  Moi, deux autres femmes, et une vingtaine de mecs, tous là parce qu&#8217;on avait été [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Elizabeth Feld</strong></p>
<p><strong>Quand Elizabeth se retrouve dans une réunion de sécurité routière animée par la Police Nationale, elle continue à réfléchir narratif&#8230;</strong></p>
<p>On était  une trentaine dans les salles du sous sol de la Mairie du 11ème, à Paris samedi matin.  Moi, deux autres femmes, et une vingtaine de mecs, tous là parce qu&#8217;on avait été chopés pour une infraction sur nos deux roues et condamnés à une amende de 90€.  Ils étaient là en embuscade, aux heures ou passaient les camions de ramassage de poubelles rue de la Roquette, en train d&#8217;attendre les gens en vélo pressés comme moi qui empruntaient les trottoirs pour dépasser les éboueurs.</p>
<p>On nous annonce le programme : 3 présentations d&#8217;une demie-heure chacune. Lors des 3 présentations, je me suis fait des réflexions narratives.<span id="more-2492"></span><br />
La première présentation, experte, deux flics, tout ce dont je me rappelle c&#8217;était le ton ironique de l’un : &laquo;&nbsp;de toute façons, comme tout bon Français, vous vous dites : ce n&#8217;est pas un problème si je ne me fais pas prendre. Les Français interprètent les lois selon leurs envies.&nbsp;&raquo;  Je sens monter mon agacement. De quel droit !!! Et puis les Powerpoints  : en position de savoir, un Powerpoint avec des statistiques, quelques réflexions partagées d&#8217;un ton un peu ironique sur le sens civique des Français, justes peut être, mais de quoi bien me braquer. Peu de souvenirs, et peu d&#8217;effet sur mes possibles conduites à l&#8217;avenir.</p>
<p>La deuxième : un médecin des urgences de l&#8217;hôpital d&#8217;à-côté : un Powerpoint aussi, avec des photos sanguinolentes d&#8217;effets d&#8217;accidents de deux roues.  Marquantes, oui, des statistiques aussi, impressionnantes ; mais est-ce que cela va me faire changer de conduite ? Peut être un peu&#8230; au moins, je ne me sentais pas sur la défensive avec elle, mais sa position était experte, pas juste moralisatrice.</p>
<p>La troisième: des membres de l&#8217;association &laquo;&nbsp;moto handicap&nbsp;&raquo;, pas de position experte, des partages de leurs expériences et de leur vécu.  Pas de Powerpoint, des vêtements  de protection pour la moto,  un gant qui avait été raclé sur une chute à 50 km/h, le partage et circulation dans la salle de la prothèse  jambe de rechange d&#8217;un des membres.  Les gens dans la salle ont posé des questions et ils ont été applaudis à la fin. Un impact.</p>
<p>Assise là, dans les sous-sols de la Mairie, j&#8217;ai pense aux formations narratives et à cette expérience faite aux USA dans les années de la deuxième guerre mondiale. Celle menée pour que les ménagères américaines se servent plus des abats, des &nbsp;&raquo; bas morceaux&nbsp;&raquo; dans leur cuisine.  Un groupe avec présentation experte et statistiques, qui a donné lieu à très peu de changement, (peut-être 6%), le deuxième,  des petits groupes de parole et d&#8217;échanges sur le sujet &#8216;supposez que des ménagères comme vous&nbsp;&raquo;&#8230; Discussion sur les différentes pistes possibles: quelque chose comme 40 % de changements de comportement.</p>
<p>Si le Commissariat du 11e avait utilisé des petits groupes narratifs, me suis- je dit, autour du sujet des dangers de la conduite en deux roues pour soi et pour les autres, et comment on se voyait impliqué là dedans:  quelles solutions on pouvait trouver&#8230; animés à la limite par les membres  de &laquo;&nbsp;moto handicap&nbsp;&raquo;, en position décentrée et influente.  On aurait pu imaginer un impact puissant de ces 1h30 passées au Commissariat. Une vraie réflexion  et, qui sait, un changent de conduite durable !</p>
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		<title>QUE FAIRE DE LA COLERE ?</title>
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		<pubDate>Fri, 24 Jun 2011 10:08:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Blanc-Sahnoun</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ruses du Pouvoir Moderne]]></category>

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		<description><![CDATA[
Voilà une drôle de vidéo transmise par notre amie Michèle Gauthier. Un monsieur, père de famille français vivant au Japon, un de ces anonymes qui ne passent jamais dans les médias, grâce au vecteur narratif que représente Internet, pique une grosse colère au sujet du nucléaire. 
Outre qu&#8217;à titre personnel, ce témoignage me touche beaucoup, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><iframe width="425" height="349" src="http://www.youtube.com/embed/tULOnisldAo" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p><strong>Voilà une drôle de vidéo transmise par notre amie Michèle Gauthier. Un monsieur, père de famille français vivant au Japon, un de ces anonymes qui ne passent jamais dans les médias, grâce au vecteur narratif que représente Internet, pique une grosse colère au sujet du nucléaire. </strong></p>
<p>Outre qu&#8217;à titre personnel, ce témoignage me touche beaucoup, je trouve qu&#8217;il pose des questions intéressantes sur l&#8217;information dominante transmise par des médias potentiellement façonnés par le pouvoir moderne, mais en même temps professionnelle, distanciée et recoupée, et une forme d&#8217;information alternative.<br />
Cette information alternative est affective, partiale et proche de l&#8217;expérience. On la voit se développer dans certains secteurs de l&#8217;information professionnelle et parfois prendre sa place, avec toujours la suspicion d&#8217;un montage ou d&#8217;un trucage cynique (cf. le débat dans ce blog il y a plus d&#8217;un an sur Marlo Morgan).<br />
<span id="more-1986"></span><br />
Que faire de ces témoignages, comment les intégrer dans un récit qui alimente nos représentations du réel, mais également notre identité ? Ne courons-nous pas le risque, dès lors que nous sommes conscients que toute information est un montage narratif effectué par quelqu&#8217;un, depuis quelque part, avec une intention et des angles morts, de perdre tout point de repère et de ne voir au bout du compte que des Pixels ? </p>
<p>Comment vous y prenez-vous pour intégrer ceci dans votre vision du monde, comment vos <em>&laquo;&nbsp;meaning-making skills&nbsp;&raquo;</em> (compétences à fabriquer du sens) vous permettent-t-ils de lui trouver une place dans la polyphonie des histoires qui construisent votre identité ?</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Un &#171;&#160;coup de gueule&#160;&#187;</title>
		<link>http://www.cooprh.com/pratiques-narratives/ruses-du-pouvoir-moderne/un-coup-de-gueule.html</link>
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		<pubDate>Fri, 28 May 2010 14:28:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Blanc-Sahnoun</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ruses du Pouvoir Moderne]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Catherine Mengelle
www.dclictonavenir.com
Une tribune subjective, un brin totalisante et volontairement partiale qui interroge le contexte sous-jacent au recrutement dans certaines entreprises aujourd&#8217;hui&#8230; L&#8217;indignation de l&#8217;auteur donne à voir en absent-mais-implicite les valeurs de courage, d&#8217;honnêteté et de respect dans lesquelles elle est engagée.
Emploi et compétence, illusion et colère
Cet article, écrit sous le coup de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Catherine Mengelle<br />
</strong><a href="www.dclictonavenir.com" target="_blank"><strong>www.dclictonavenir.com</strong></a></p>
<p style="text-align: left;"><strong>Une tribune subjective, un brin totalisante et volontairement partiale qui interroge le contexte sous-jacent au recrutement dans certaines entreprises aujourd&#8217;hui&#8230; L&#8217;indignation de l&#8217;auteur donne à voir en absent-mais-implicite les valeurs de courage, d&#8217;honnêteté et de respect dans lesquelles elle est engagée.</strong></p>
<h2>Emploi et compétence, illusion et colère</h2>
<p><strong>Cet article, écrit sous le coup de la colère, force le trait et provoque à chaque ligne.</strong></p>
<p>C&#8217;est une forme de rébellion contre des systèmes que personne ne remet jamais en cause. C&#8217;est aussi le reflet de la détresse que je croise régulièrement dans mon travail et un questionnement sur ma responsabilité d&#8217;accompagnante. Je sais que le ton employé est généralisateur et qu&#8217;il y a aussi des entreprises et des personnes qui ne ressemblent en rien à ce que je décris et ne font pas parler d&#8217;elles, peu soucieuses de médiatiser leur réussites. Tant mieux. Cet article leur rend aussi un véritable hommage.</p>
<p><strong>L&#8217;emploi a si peu à voir avec les compétences en définitive&#8230;<br />
</strong>&#8230; sauf avec une, mais de taille : la capacité à créer du lien social ciblé et efficace professionnellement.<br />
<span id="more-1296"></span><br />
La plupart des entreprises sont gérées par une foule de gens somme toute assez moyennement compétents, rarement à leur place d&#8217;ailleurs, sans que cela ait jamais empêché les entreprises de tourner, bon an mal an. Il n&#8217;y a pas vraiment besoin de compétences dans l&#8217;entreprise : c&#8217;est une illusion, et une énorme déception pour tous ceux qui ont privilégié savoirs et expériences au détriment du réseau, sans réaliser suffisamment tôt que le besoin n&#8217;existait pas en fait. Les entreprises surfent sur des opportunités économiques conjoncturelles et croient (et veulent nous faire croire) qu&#8217;elles le doivent à leurs compétences stratégiques et managériales : cela signifierait qu&#8217;elles seraient capables de s&#8217;adapter aux changements, d’anticiper, d&#8217;innover et de changer de cap. La crise actuelle me permet d&#8217;en douter !<br />
Cela ne me choque pas particulièrement.</p>
<p><strong>Ce qui me choque, c&#8217;est l&#8217;accord tacite général pour se convaincre du contraire… et jouer à faire semblant.<br />
</strong>Recruteurs de tout ordre, accompagnants, managers, dirigeants, intervenants de l&#8217;enseignement supérieur continuent d&#8217;exiger de la part de ceux qui sont en recherche d&#8217;emploi des arsenaux démesurés de compétences, souvent totalement inadaptées aux postes proposés. Inadaptation sans gravité ni conséquence majeure pour l&#8217;entreprise, puisque, de toute façon, le choix ne se fera pas sur ces compétences. Tous ont toute liberté d&#8217;invoquer n&#8217;importe quoi et toujours plus, et de se faire &laquo;&nbsp;mousser&nbsp;&raquo;. Personne ne sait de quelles compétences l&#8217;entreprise aurait besoin, si elle le voulait réellement, et cela n&#8217;a pas d&#8217;importance. Recruter, c&#8217;est faire de la &laquo;&nbsp;com&nbsp;&raquo; et souvent de la &laquo;&nbsp;com perso&nbsp;&raquo; !</p>
<p><strong>En période de crise, cette exigence devient indécente.<br />
</strong>Pourquoi exiger tant de compétences sur un CV quand lors de l&#8217;entretien, le choix portera finalement sur le candidat qui ne fera pas d&#8217;ombre et se glissera dans la structure sans faire de vague ? Combien sont-ils, les managers vraiment intéressés par le risque de l&#8217;expertise, de la contradiction, de la discussion, de la proposition innovante ? Et pourquoi le seraient-ils, de surcroît ? Qui, parmi tous ceux qui sont en poste, a une réelle pensée pour celui ou celle qui passe des heures à réfléchir sur ses compétences, à décrypter chacune de ses expériences, à tout mettre en forme, à argumenter, à démontrer, à essayer de s&#8217;en convaincre et d&#8217;en convaincre les autres, et tout ça en vain ? Il y a pourtant probablement aujourd&#8217;hui, parmi les chômeurs, des gens plus compétents que nombre de ceux qui travaillent.</p>
<p><strong>Aujourd&#8217;hui, ce n&#8217;est pas de compétences dont on a besoin, mais d&#8217;offres d&#8217;emploi !<br />
</strong>Quand les acteurs du recrutement continuent, en période de crise, de baser le retour à l&#8217;emploi sur les compétences, ils contribuent fortement, croyant faire le contraire, à éteindre la dernière petite lueur d&#8217;estime de soi des chômeurs, qui, ne trouvant pas d&#8217;emploi (puisqu&#8217;il n&#8217;y en a pas !) malgré leurs compétences, épaississent leur histoire dominante d&#8217;incompétence (puisqu&#8217;ils ont perdu leur emploi et n&#8217;en retrouvent pas). Il faudrait déconstruire l&#8217;histoire convenue qui soupçonne le chercheur d&#8217;emploi qui ne trouve pas, de compétences insuffisantes ou inadaptées. On ne perd pas un boulot parce qu&#8217;on est incompétent, mais pour des raisons économiques, des raisons de choix financiers, de santé, de difficultés relationnelles ponctuelles, parce qu&#8217;on a suivi son partenaire et déménagé, etc. Pour les mêmes raisons, ce n&#8217;est pas parce qu&#8217;on est compétent qu&#8217;on retrouve un travail ! La seule incompétence du demandeur d&#8217;emploi pourrait être son défaut de réseau social et professionnel. Mais ce n&#8217;est pas une preuve d&#8217;incapacité à travailler, loin de là. Nous avons tendance à tout confondre, de nos jours. En plus, dans la longue liste des compétences généralement exigées sur un profil de poste, personne ne peut jamais s&#8217;y retrouver complètement : il manque toujours un petit quelque chose&#8230; qui permet au recruteur de justifier le refus dans tous les cas et sans trop d&#8217;état d&#8217;âme. C&#8217;est &laquo;&nbsp;foireux&nbsp;&raquo; et manipulateur !</p>
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		<item>
		<title>Petit &#171;&#160;cadeau&#160;&#187; du pouvoir moderne</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Nov 2009 13:11:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Blanc-Sahnoun</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ruses du Pouvoir Moderne]]></category>

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		<description><![CDATA[
Pour ce 11 novembre, une belle publicité qui décourage explicitement les gens à travailler sur eux-mêmes et à chercher du sens pour s&#8217;anesthésier en consommant les produits à la mode.
Dans le genre activités de la culture dominante, je pense que cela se passe de commentaires. A propos de commentaires, ne ratez pas les échanges passionnants [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-medium wp-image-883" title="img_0360_2" src="http://www.cooprh.com/pratiques-narratives/wp-content/img_0360_2-211x300.jpg" alt="img_0360_2" width="211" height="300" /></p>
<p><strong>Pour ce 11 novembre, une belle publicité qui décourage explicitement les gens à travailler sur eux-mêmes et à chercher du sens pour s&#8217;anesthésier en consommant les produits à la mode.</strong></p>
<p>Dans le genre activités de la culture dominante, je pense que cela se passe de commentaires. A propos de commentaires, ne ratez pas les échanges passionnants du précédent post sur Marlo Morgan, notamment les deux commentaires de Stéphane Kovacs et les références précieuses qu&#8217;il donne pour tous ceux qui sont intéressés par la véritable culture Aborigène.</p>
<p><strong>Bien sûr, cette petite pub fonctionne un peu en miroi</strong><strong>r</strong> avec Marlo Morgan, reader&#8217;s digest plus ou moins apocryphe d&#8217;une cosmogonie d&#8217;accès difficile, mais ici, le miroir est tellement déformant qu&#8217;on peut le garder sans cesse à l&#8217;esprit pour éclairer les choix que nous effectuons et protégeons en tant qu&#8217;auteurs de notre vie.</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>La Narrative contre Alzheimer ?</title>
		<link>http://www.cooprh.com/pratiques-narratives/ruses-du-pouvoir-moderne/la-narrative-contre-alzheimer.html</link>
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		<pubDate>Sat, 14 Mar 2009 13:41:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Blanc-Sahnoun</dc:creator>
				<category><![CDATA[Résistances]]></category>
		<category><![CDATA[Ruses du Pouvoir Moderne]]></category>

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		<description><![CDATA[

Peut-on proposer un protocole de conversation narrative qui aiderait à lutter contre l&#8217;histoire de la maladie d&#8217;Alzheimer dans la vie des patients ?
Depuis longtemps -mes premières discussions avec Jean-Luc Pardessus sur le projet &#171;&#160;Bulles de Sagesse&#160;&#187; datent d&#8217;il y a au moins 3 ans- je me demande comment l&#8217;approche narrative pourrait s&#8217;intégrer dans le travail [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignnone size-full wp-image-301" title="alzheimer" src="http://www.cooprh.com/pratiques-narratives/wp-content/alzheimer.jpg" alt="alzheimer" width="186" height="318" /></p>
<p><strong><br />
Peut-on proposer un protocole de conversation narrative qui aiderait à lutter contre l&#8217;histoire de la maladie d&#8217;Alzheimer dans la vie des patients ?</strong></p>
<p>Depuis longtemps -mes premières discussions avec Jean-Luc Pardessus sur le projet &laquo;&nbsp;Bulles de Sagesse&nbsp;&raquo; datent d&#8217;il y a au moins 3 ans- je me demande comment l&#8217;approche narrative pourrait s&#8217;intégrer dans le travail avec les personnes âgées confrontées à une histoire dominante d&#8217;isolement. Marie-Hélène Idiartegaray a mené de son côté plusieurs expérimentations intéressantes en maison de retraite avec des petits groupes de parole et des échanges de récits.</p>
<p><strong>Une conversation récente avec Stéphanie Bouget, une amie psycho-gérontologue</strong> (ou géronto-psychologue, je ne sais jamais) en institution a nourri et fait avancer cette réflexion, en lui faisant emprunter un chemin différent. En effet, le projet Bulles de Sagesse consistait à demander à des groupes de personnes âgées isolées de raconter des histoires en réponse à des questions du type : &laquo;&nbsp;qu&#8217;est ce que la vie vous a appris de plus important ?&nbsp;&raquo; et de réfléchir ensemble à ce que ces histoires disaient d&#8217;eux en termes de valeurs, d&#8217;espoirs, etc., puis de voir comment quelle résonance ces espoirs et ces valeurs pouvaient avoir sur leur vie d&#8217;aujourd&#8217;hui et d&#8217;en organiser éventuellement une proclamation avec des publics de jeunes également isolés ou en difficulté. Mon interrogation portait sur la capacité de personnes luttant contre la maladie d&#8217;Alzheimer à mener un échange structuré autour de questions de témoin extérieur nécessitant de mémoriser l&#8217;histoire racontée par un autre participant, et où chaque étage de l&#8217;échafaudage se construit sur le précédent. Dès lors, que se passe t-il si à chaque instant, l&#8217;étage précédent risque de se dissoudre dans l&#8217;oubli ?</p>
<p><span id="more-300"></span></p>
<p><strong>Ce que la discussion avec Stéphanie m&#8217;a permis de comprendre</strong>, c&#8217;est que les personnes confrontées à la cette maladie font l&#8217;objet d&#8217;un repérage normalisateur à partir de la description de leurs symptômes. En effet, la description médicale du stade de progression de la maladie s&#8217;effectue par la description de ce que la personne n&#8217;arrive plus à faire. La personne est donc non seulement confondue avec sa maladie (&laquo;&nbsp;c&#8217;est un Alzheimer&nbsp;&raquo;) mais en plus, définie par ses insuffisances, ses incapacités, ce qu&#8217;elle n&#8217;a plus. Jamais dans cette définition taxinomique, ne sont prises en compte et honorées les résistances, les petites victoires remportées jour après jour. Ainsi, l&#8217;une des patientes suivies par Stéphanie avait accroché un chiffon rouge au balcon de sa chambre : &laquo;&nbsp;comme ça, expliquait-t-elle, si j&#8217;oublie où est ma chambre, je peux la retrouver grâce au chiffon rouge&nbsp;&raquo;.<br />
<strong><br />
Ce que j&#8217;aimerais proposer est le protocole suivant :</strong></p>
<ul>
<li>réunir des groupes de 6 à 10 volontaires,</li>
<li>les faire travailler sur le thème de ce qui les aide à résister à la maladie et à tenir le coup, en termes de pratiques, idées, relations, croyances,</li>
<li>leur faire développer ce que ces pratiques, idées, relations, croyances leur permettent de réaliser dans leur lutte contre la maladie (les effets),</li>
<li>leur poser la question de pourquoi ces effets et ces réalisations ont de l&#8217;importance pour eux et de ce que cette importance dit de ce qui est réellement précieux dans leur vie, de ce qui les définit vraiment,</li>
<li>(on peut ensuite explorer des histoires et des personnages liés à l&#8217;histoire sociale et relationnelle de ces éléments et engagements identitaires qui les définissent vraiment, de leur place dans leur vie, des espoirs et des rêves auxquels ils sont liés, etc. selon le processus classique de description riche et épaisse d&#8217;une histoire alternative préférée par la personne).</li>
</ul>
<p><strong>Je pense que regarder la maladie sous l&#8217;angle des victoires remportées par les patients </strong>qui luttent contre elle plutôt que sous l&#8217;angle des victoires remportée par la maladie sur les patients<strong> </strong>contribuerait à montrer aux patients que les soignants sont plutôt de leur côté, dans leur camp, que dans celui de la maladie dont ils seraient les comptables impassibles, les syndics de faillite, les administrateurs pointilleux de sa progression inéluctable. Mon intuition (mais c&#8217;est peut-être uniquement de la naïveté ou de l&#8217;ignorance, ces  bons alliés du coach narratif qui conduisent parfois à des  représentations erronées), est que de recueillir, de partager, d&#8217;honorer et d&#8217;épaissir les savoirs et les compétences que les patients ont découvert localement pour résister à la maladie pourrait peut-être faire une différence, en renforçant la connexion des patients à leur identité, en développant des récits de ces combats victorieux et en les développant non seulement devant un public d&#8217;autres patients, mais aussi des médecins, des accompagnants, des familles, des acteurs sociaux et des relais médiatiques qui auraient l&#8217;opportunité de parler autrement de cette maladie.</p>
<p><strong>Si vous connaissez une institution qui serait prête à proposer ces groupes à quelques résidents, </strong>si vous travaillez dans une telle institution et que vous avez envie de mettre certaines de ces idées dans votre travail d&#8217;accompagnement, si vous avez déjà été  confronté à ce type de situation, je serais vraiment très intéressé d&#8217;avoir vos retours et votre éclairage sur le sujet. Cela ne vaut-il pas la peine d&#8217;être exploré ? Qu&#8217;est ce qu&#8217;on risque ?</p>
<p><em><strong>P.S. qui n&#8217;a rien à voir : </strong>le manuscrit du livre collectif &laquo;&nbsp;l&#8217;approche narrative en pratique, concepts clés et cas expliqués&nbsp;&raquo;, que j&#8217;ai eu le plaisir de coordonner avec Béatrice Dameron est  chez l&#8217;éditeur (Interéditions). Il contient 18 témoignages de praticiens français sur leur pratique d&#8217;accompagnement et la façon ont ils utilisent les idées et les techniques narratives dans le cadre de cette pratique, ces témoignages donnent une bonne vision de l&#8217;état de l&#8217;art aujourd&#8217;hui dans notre pays. Le livre, qui paraîtra à la rentrée, contient en outre un très beau texte inédit de Michael White, qui nous a été confié pour publication en français, par nos amis du Dulwich Centre of Narrative Practices d&#8217;Adelaide (Australie).</em></p>
<p><em><br />
</em></p>
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		<title>Bienvenue dans la matrice</title>
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		<pubDate>Sat, 07 Feb 2009 07:46:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Blanc-Sahnoun</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ruses du Pouvoir Moderne]]></category>

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Le film « Matrix » des frères Wachowsky décrivait un monde dirigé par des machines créées par l&#8217;homme mais qui avaient pris le dessus sur lui.
Afin de se procurer l&#8217;énergie nécessaire à leur alimentation, elles « cultivaient » l&#8217;espèce humaine dans des couveuses géantes et pour le maintenir en forme, projetaient dans son esprit&#8230; une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignnone size-full wp-image-266" title="other-matrixcode_1280x1024" src="http://www.cooprh.com/pratiques-narratives/wp-content/other-matrixcode_1280x1024.jpg" alt="other-matrixcode_1280x1024" width="320" height="240" /></p>
<p><strong>Le film « Matrix » des frères Wachowsky décrivait un monde dirigé par des machines créées par l&#8217;homme mais qui avaient pris le dessus sur lui.</strong></p>
<p>Afin de se procurer l&#8217;énergie nécessaire à leur alimentation, elles « cultivaient » l&#8217;espèce humaine dans des couveuses géantes et pour le maintenir en forme, projetaient dans son esprit&#8230; une histoire, celle que nous considérons ordinairement comme la réalité où nous avons un travail, un passé, des relations, une identité, des projets, des espoirs, etc.</p>
<p><strong> Cela ne vous rappelle rien ?</strong> Michel Foucault était l&#8217;impitoyable prophète de l&#8217;histoire que nous avons créé pour oublier que nous sommes enfermés dans des couveuses géantes, notre énergie alimentant les machines économiques que nous avons créées et qui sont en train d&#8217;échapper à notre contrôle. Il avait tout vu, tout prévu. Il avait minutieusement décrit le basculement du rapport de forces, le glissement du pouvoir des Palais et des Eglises vers l&#8217;intérieur de notre esprit, un pouvoir fondé sur l&#8217;idée de normalité et sur l&#8217;auto-surveillance.</p>
<p><span id="more-264"></span><br />
I<strong>l avait prévu l&#8217;espionnage généralisé de tous par des regards anonymes et évaluateurs</strong>, la généralisation des caméras de surveillance, le fait que nos vies soient découpées en séquences, chaque séquence objet de diagnostic et entreposée dans de multiples fichiers. Par contre, il y a un problème qu&#8217;il n&#8217;avait pas anticipé : notre résistance héroïque au fichage. Car nous détestons être fichés par le pouvoir. Nous considérons cela comme une atteinte à nos libertés et signons des pétitions pour protester contre les projets de fichiers systématiques. Nous aimons bien penser que le droit à l&#8217;intimité est l&#8217;un de nos acquis imprescriptibles, qui a résisté à toutes les inquisitions. Que nos préférences politiques, sexuelles, religieuses, les petites aspérités de notre vie de tous les jours, ce que nous faisons, pensons, ressentons appartient à une sphère d&#8217;où tout pouvoir est exclu car cela ne regarde que nous et nous appartient.</p>
<p><strong> Pour réaliser la prédiction de Foucault,</strong> le rêve panoptique de Jeremy Bentham , pour aboutir à faire réellement de notre intimité une maison de verre où plus rien ne serait ignoré de personne, le plan serait de faire en sorte que les gens y aillent de propre chef, volontairement. Il faudrait trouver une forme de fichage qui leur paraisse acceptable. Et même peut-être enthousiasmante. Nous pourrions créer un effet de mode autour de la mise en fichier d&#8217;informations de nature sexuelle, religieuse et politique, une passion autour de la mise en scène et de l&#8217;exposition de la vie intime de l&#8217;individu, une mise en scène qui deviendrait un hobby, une forme de création artistique, un récit de soi adressé à un public invisible mais implicite. Il faudrait que des leaders d&#8217;opinion prennent publiquement position en faveur de cette pratique. Il faudrait que ce soit ludique et hyper cool. Il faudrait que ce soit gratuit. Il faudrait que ce soit parfaitement anodin et détaché des pouvoirs politiques des Etats, profitant de ces quelques années, de cette petite fenêtre de tir où le peuple n&#8217;est pas encore conscient que les Etats sont devenus des Airbags amortissant la violence du vrai pouvoir économique. Il y a une opportunité à présenter ce fichage volontaire comme un attribut de la normalité moderne. On pourrait même trouver un nom sympa tendance pour le rendre familier et l&#8217;intégrer à la vie des gens. Pourquoi pas quelque chose comme Facebook ?</p>
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		<title>Bonjour chez vous</title>
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		<pubDate>Sun, 25 Jan 2009 17:24:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Blanc-Sahnoun</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ruses du Pouvoir Moderne]]></category>

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		<description><![CDATA[
La mort de Patrick McGoohan nous donne l&#8217;occasion de nous repencher sur &#171;&#160;The prisoner&#160;&#187; et de réaliser à quel point  cette série TV cultissime d&#8217;il y a 40 ans était puissamment visionnaire et prémonitoire.
17 épisodes seulement et pourtant, tout était dit sur le pouvoir moderne. Ancien agent secret souhaitant démissionner, Patrick McGoohan se retrouve [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignnone size-full wp-image-235" title="pris1" src="http://www.cooprh.com/pratiques-narratives/wp-content/pris1.jpg" alt="pris1" width="319" height="239" /></p>
<p><strong>La mort de Patrick McGoohan nous donne l&#8217;occasion de nous repencher sur &laquo;&nbsp;The prisoner&nbsp;&raquo; et de réaliser à quel point  cette série TV cultissime d&#8217;il y a 40 ans était puissamment visionnaire et prémonitoire.</strong></p>
<p>17 épisodes seulement et pourtant, tout était dit sur le pouvoir moderne. Ancien agent secret souhaitant démissionner, Patrick McGoohan se retrouve prisonnier d&#8217;un village, version mitteleuropa déjantée du &laquo;&nbsp;Truman Show&nbsp;&raquo;, où tout le monde est jovial, se consacre à des activités de loisirs sociales et anodines, porte des canotiers et des vestes à galons, et parle uniquement de la pluie et du beau temps. Des haut-parleurs et des radios branchés en permanence diffusent des résultats de tombolas, des bulletins météo et de la musique militaire.</p>
<p><strong>Mais des caméras omniprésentes</strong> (planquées notamment dans les yeux des statues !) retransmettent les moindres faits et gestes des &laquo;&nbsp;villageois&nbsp;&raquo; vers une salle de contrôle ultra-sophistiquée où de mystérieux surveillants exercent le pouvoir dans l&#8217;ombre à la recherche de la moindre déviance, du moindre comportement anormal.</p>
<p><strong>Le pouvoir moderne, rappelons-le, est un concept central de la philosophie du pouvoir de Michel Foucault</strong>, repris par Michael White qui en a fait l&#8217;un des piliers de l&#8217;approche narrative et le fondement de sa dimension politique. Là où le pouvoir classique est exercé de l&#8217;extérieur par la coercition et la répression, le pouvoir moderne est exercé de l&#8217;intérieur par l&#8217;individu lui-même, invité à s&#8217;auto-contrôler, s&#8217;auto-évaluer et s&#8217;auto-surveiller en permanence. Le pouvoir classique est fondé sur la loi, le pouvoir moderne sur la norme.</p>
<p><span id="more-234"></span></p>
<p><strong>Le village offre toutes les apparences débonnaires</strong> d&#8217;un lieu où chacun fait-fait-fait ce qui lui plaît-plaît-plaît mais à condition de ne jamais chercher à comprendre le fonctionnement du système et sa finalité, ni surtout à qui il profite. C&#8217;est cette quête obsessionnelle du &laquo;&nbsp;N°1&#8243; à travers ses sbires, les &laquo;&nbsp;N°2&#8243; qui changent à chaque épisode, qui fait de McGoohan l&#8217;ennemi public, mais que l&#8217;on traite comme un malade qui a des difficultés à s&#8217;adapter plutôt que comme un rebelle qu&#8217;il faudrait punir. Aussi, son antienne : &laquo;&nbsp;je ne suis pas un numéro !&nbsp;&raquo; et ses multiples tentatives d&#8217;évasion se heurtent-t-elles à la bienveillance professionnelle des psys qui le soumettent sans succès à des traitement hypnotiques et médicamenteux.</p>
<p><strong>Plusieurs fois, il parvient presque à échapper</strong> aux limites de cette station balnéaire schizophrénique mais se heurte à une mystérieuse et invincible bulle, gardienne des frontières, qui se plaque à lui comme un lymphocyte afin de l&#8217;étouffer. En dernier recours, c&#8217;est la maîtrise technologique qui garantit l&#8217;ordre social.</p>
<p><strong>Pas mal, non, pour un feuilleton TV de 1968&#8230;</strong> Parano, mais bien vu. Car ne nous y trompons pas, notre monde était prévisible. Un tas de gens ont essayé depuis 50 ans de dire, de prévenir, de lutter. Mais les prévisions, les prémonitions, les luttes, tout ceci a été disqualifié et rendu ridicule par le récit dominant. Nous vivons dans le meilleur des mondes possibles, dirigé par des dirigeants débonnaires et clairvoyants, Numéros 2 provisoires qui s&#8217;agitent dans la lumière et dont d&#8217;invisibles Numéros 1 tirent les ficelles. Nous sommes libres de conduire librement nos voiturettes de golf dans les limites du village et de nous livrer aux activités qui ont été prévues pour nous. &laquo;&nbsp;The prisoner&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Matrix&nbsp;&raquo; et quelques autres essaient de nous dire quelque chose d&#8217;important sur notre vie individuelle et communautaire, mais tant d&#8217;autres choses ont été prévues pour détourner notre attention que nous oublions sans cesse ces idées tordues. Bonjour chez vous !</p>
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