Archive pour la catégorie ‘Ruses du Pouvoir Moderne’

Petit « cadeau » du pouvoir moderne

Mercredi 11 novembre 2009

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Pour ce 11 novembre, une belle publicité qui décourage explicitement les gens à travailler sur eux-mêmes et à chercher du sens pour s’anesthésier en consommant les produits à la mode.

Dans le genre activités de la culture dominante, je pense que cela se passe de commentaires. A propos de commentaires, ne ratez pas les échanges passionnants du précédent post sur Marlo Morgan, notamment les deux commentaires de Stéphane Kovacs et les références précieuses qu’il donne pour tous ceux qui sont intéressés par la véritable culture Aborigène.

Bien sûr, cette petite pub fonctionne un peu en miroir avec Marlo Morgan, reader’s digest plus ou moins apocryphe d’une cosmogonie d’accès difficile, mais ici, le miroir est tellement déformant qu’on peut le garder sans cesse à l’esprit pour éclairer les choix que nous effectuons et protégeons en tant qu’auteurs de notre vie.

La Narrative contre Alzheimer ?

Samedi 14 mars 2009

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Peut-on proposer un protocole de conversation narrative qui aiderait à lutter contre l’histoire de la maladie d’Alzheimer dans la vie des patients ?

Depuis longtemps -mes premières discussions avec Jean-Luc Pardessus sur le projet « Bulles de Sagesse » datent d’il y a au moins 3 ans- je me demande comment l’approche narrative pourrait s’intégrer dans le travail avec les personnes âgées confrontées à une histoire dominante d’isolement. Marie-Hélène Idiartegaray a mené de son côté plusieurs expérimentations intéressantes en maison de retraite avec des petits groupes de parole et des échanges de récits.

Une conversation récente avec Stéphanie Bouget, une amie psycho-gérontologue (ou géronto-psychologue, je ne sais jamais) en institution a nourri et fait avancer cette réflexion, en lui faisant emprunter un chemin différent. En effet, le projet Bulles de Sagesse consistait à demander à des groupes de personnes âgées isolées de raconter des histoires en réponse à des questions du type : « qu’est ce que la vie vous a appris de plus important ? » et de réfléchir ensemble à ce que ces histoires disaient d’eux en termes de valeurs, d’espoirs, etc., puis de voir comment quelle résonance ces espoirs et ces valeurs pouvaient avoir sur leur vie d’aujourd’hui et d’en organiser éventuellement une proclamation avec des publics de jeunes également isolés ou en difficulté. Mon interrogation portait sur la capacité de personnes luttant contre la maladie d’Alzheimer à mener un échange structuré autour de questions de témoin extérieur nécessitant de mémoriser l’histoire racontée par un autre participant, et où chaque étage de l’échafaudage se construit sur le précédent. Dès lors, que se passe t-il si à chaque instant, l’étage précédent risque de se dissoudre dans l’oubli ?

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Bienvenue dans la matrice

Samedi 7 février 2009

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Le film « Matrix » des frères Wachowsky décrivait un monde dirigé par des machines créées par l’homme mais qui avaient pris le dessus sur lui.

Afin de se procurer l’énergie nécessaire à leur alimentation, elles « cultivaient » l’espèce humaine dans des couveuses géantes et pour le maintenir en forme, projetaient dans son esprit… une histoire, celle que nous considérons ordinairement comme la réalité où nous avons un travail, un passé, des relations, une identité, des projets, des espoirs, etc.

Cela ne vous rappelle rien ? Michel Foucault était l’impitoyable prophète de l’histoire que nous avons créé pour oublier que nous sommes enfermés dans des couveuses géantes, notre énergie alimentant les machines économiques que nous avons créées et qui sont en train d’échapper à notre contrôle. Il avait tout vu, tout prévu. Il avait minutieusement décrit le basculement du rapport de forces, le glissement du pouvoir des Palais et des Eglises vers l’intérieur de notre esprit, un pouvoir fondé sur l’idée de normalité et sur l’auto-surveillance.

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Bonjour chez vous

Dimanche 25 janvier 2009

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La mort de Patrick McGoohan nous donne l’occasion de nous repencher sur « The prisoner » et de réaliser à quel point cette série TV cultissime d’il y a 40 ans était puissamment visionnaire et prémonitoire.

17 épisodes seulement et pourtant, tout était dit sur le pouvoir moderne. Ancien agent secret souhaitant démissionner, Patrick McGoohan se retrouve prisonnier d’un village, version mitteleuropa déjantée du « Truman Show », où tout le monde est jovial, se consacre à des activités de loisirs sociales et anodines, porte des canotiers et des vestes à galons, et parle uniquement de la pluie et du beau temps. Des haut-parleurs et des radios branchés en permanence diffusent des résultats de tombolas, des bulletins météo et de la musique militaire.

Mais des caméras omniprésentes (planquées notamment dans les yeux des statues !) retransmettent les moindres faits et gestes des « villageois » vers une salle de contrôle ultra-sophistiquée où de mystérieux surveillants exercent le pouvoir dans l’ombre à la recherche de la moindre déviance, du moindre comportement anormal.

Le pouvoir moderne, rappelons-le, est un concept central de la philosophie du pouvoir de Michel Foucault, repris par Michael White qui en a fait l’un des piliers de l’approche narrative et le fondement de sa dimension politique. Là où le pouvoir classique est exercé de l’extérieur par la coercition et la répression, le pouvoir moderne est exercé de l’intérieur par l’individu lui-même, invité à s’auto-contrôler, s’auto-évaluer et s’auto-surveiller en permanence. Le pouvoir classique est fondé sur la loi, le pouvoir moderne sur la norme.

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Ne stressez plus !

Mercredi 24 septembre 2008

Chacun donne le meilleur de lui-même quand il n’a plus besoin de stresser. Une chronique de PBS (« Newzy », septembre 2008) controversée par certains coachs et psys spécialistes du stress qui s’accrochent à l’idée du « bon stress »…

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Certaines critiques du coaching ne sont pas fondamentalement dénuées de fondement. Ainsi, celle développée notamment par Roland Gori de faire oeuvre de normalisation sociale, c’est-à-dire d’être les agents involontaires (ou opportunistes) d’un système qui pousse les managers à la conformité disciplinée à l’égard du dogme de la performance obligatoire.Je trouve que l’histoire du « bon stress » et du « mauvais stress » en est une illustration intéressante.

Il existe en effet une espèce de culture du sens commun managérial qui s’est développée ces dernières années, selon laquelle, grosso modo, un peu de stress, c’est du bon stress : il vous aide à relever les défis, améliorer vos performances, avoir des idées, de l’endurance, du culot, etc. C’est une sorte de doping naturel non seulement acceptable, mais nécessaire pour aider le manager à répondre aux nombreux challenges de son environnement, forcément « stressant », exigeant un dépassement de soi permanent (et blabla, etc.)

Le mauvais stress, par contre, c’est celui qui bouche les artères, qui dézingue les anévrismes, qui coince le dos, qui vous réveille à 4 h du matin avec les autoroutes de l’information dans la tête… Eh bien je n’y crois pas. Il n’y a pas de bon stress. Il y a juste le stress de faire des efforts importants à longueur d’année pour atteindre les objectifs et ne pas se faire virer, et la façon dont chacun s’y prend pour s’adapter tant bien que mal… Lire le reste de cet article »