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	<title>Errances Narratives, le blog de la Fabrique Narrative &#187; Retellings</title>
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	<description>Errances Narratives, le blog de la Fabrique Narrative</description>
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		<title>MISTER PIP</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Feb 2011 18:10:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Blanc-Sahnoun</dc:creator>
				<category><![CDATA[Retellings]]></category>

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Dans « l&#8217;espèce fabulatrice », Nancy Huston parle de ce roman du Néo-Zélandais Lloyd Jones dans les termes suivants : « bien des romans européens contemporains, acharnés  à clamer la solitude de l&#8217;individu et à déplorer sa mortalité, sont semblablement dépourvus de grandeur d&#8217;âme… Mister Pip nous montre en quoi les fictions romanesques peuvent être [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.cooprh.com/pratiques-narratives/wp-content/Mister_Pip-Lloyd_Jones.jpg"><img class="size-medium wp-image-1700 alignleft" title="Mister_Pip-Lloyd_Jones" src="http://www.cooprh.com/pratiques-narratives/wp-content/Mister_Pip-Lloyd_Jones-187x300.jpg" alt="" width="187" height="300" /></a></p>
<p><strong>Dans « l&#8217;espèce fabulatrice », Nancy Huston parle de ce roman du Néo-Zélandais Lloyd Jones dans les termes suivants </strong>: « bien des romans européens contemporains, acharnés  à clamer la solitude de l&#8217;individu et à déplorer sa mortalité, sont semblablement dépourvus de grandeur d&#8217;âme… Mister Pip nous montre en quoi les fictions romanesques peuvent être source d&#8217;éthique et de quelle manière elles peuvent nous  aider à vivre » (page 168).</p>
<p>L&#8217;histoire est racontée par une jeune  fille nommée Matilda,  et se situe dans une île au large de la nouvelle Guinée. Elle se passe pendant  la guerre et  le blocus, à un moment où tout le monde a abandonné  cette île et où seules les femmes et les enfants sont restés, ainsi que quelques rebelles combattants. Dans ce village, il  ne reste plus qu&#8217;un seul blanc, un homme âgé  un peu étrange nommé M. Watts et surnommé &laquo;&nbsp;Pop Eye&nbsp;&raquo; (&laquo;&nbsp;Bel Oeil&nbsp;&raquo;) par les enfants.  M.Watts accepte de rouvrir l&#8217;école et comme il n&#8217;y a aucun matériel scolaire, il commence à lire aux enfants un livre qu&#8217;il admire, « les grandes espérances » de Charles Dickens.<span id="more-1699"></span></p>
<p>Les élèves adorent le roman, même si le monde dans lequel vivent les personnages de Dickens constitue pour eux une énigme. Une fois le livre terminé, M. Watts leur demande de raconter à leur tour l&#8217;histoire de Pip avec leurs propres mots, et les enfants commencent  à  recréer le roman à partir de leurs propres expériences et depuis leur propre perspective. Le monde de Dickens devient une partie essentielle de leur vie, et leur apprend à réfléchir autrement, à « rentrer dans la tête d&#8217;un autre », comme le dit Matilda dont la vie entière sera influencée par cette expérience.</p>
<p><strong>C&#8217;est une belle illustration de la théorie de Nancy Huston</strong> selon laquelle il faudrait parachuter les meilleurs romans de la culture occidentale sur les peuples soumis à des régimes totalitaires, parce que selon elle, le roman est la seule forme de narration qui permet d&#8217;avoir un accès direct à ce qui se passe dans la tête d&#8217;un autre que soi, et que cet accès permet de  réaliser qu&#8217;il existe plusieurs histoires possibles pour un même événement, ce que Michael White appelait «multilayer » ou bien réalité à plusieurs niveaux.</p>
<p><strong>C&#8217;est également une façon de comprendre le travail narratif</strong> très directement issue des observations de Jerome Bruner sur le fonctionnement du texte romanesque, avec des aller-retours permanents entre le paysage de l&#8217;action et ce que Bruner appelle le paysage de la conscience (et que Michael White traduira en &laquo;&nbsp;paysage de l&#8217;identité&nbsp;&raquo;). Bruner dit que le bon roman transforme son lecteur en coauteur en l&#8217;invitant à tisser lui-même  de façon active les liens entre le développement de l&#8217;action et la psychologie des personnages. Mister Pip nous donne à voir ce processus en dimension réelle en nous faisant entrer dans la tête de Matilda qui rentre dans la tête de Pip et commence, à partir des questions qu&#8217;elle se pose sur les intentions, les espoirs et les engagements des personnages, à acquérir un regard différent sur sa propre vie et sur la vie de ceux qui l&#8217;entourent.</p>
<p><strong>Voilà un livre de plus dans la bibliothèque narrative</strong>, qui approche au plus près ce que Stephen Madigan en appelle la poésie et l&#8217;élégance. Mais peut-être vous aussi avez-vous rencontré un livre de fiction qui vous a aidé à comprendre des choses très importantes, qu&#8217;il s&#8217;agisse du fonctionnement de la thérapie narrative ou bien  de compréhensions essentielles à votre vie.  Auriez-vous envie de le partager ?</p>
<h5>Merci à Christine Thubé de m&#8217;avoir  fait lire Mister Pip.</h5>
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		<title>The reader (part 2)</title>
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		<pubDate>Wed, 29 Jul 2009 10:01:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Blanc-Sahnoun</dc:creator>
				<category><![CDATA[Retellings]]></category>

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		<description><![CDATA[
Une conversation sur ce film avec Rob et Alison Hall m&#8217;a permis de constater le point auquel je suis prisonnier d&#8217;un ensemble de schémas mentaux et culturels concernant la masculinité.
Ceci m&#8217;apporte trois réflexions qui font une passerelle entre ma propre histoire et celle racontée par le film (mon histoire de thérapeute / coach, j&#8217;entends, car [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="size-medium wp-image-701 alignnone" title="the-reader-43799" src="http://www.cooprh.com/pratiques-narratives/wp-content/the-reader-43799-300x200.jpg" alt="the-reader-43799" width="300" height="200" /><strong></strong></p>
<p><strong>Une conversation sur ce film avec Rob et Alison Hall m&#8217;a permis de constater le point auquel je suis prisonnier d&#8217;un ensemble de schémas mentaux et culturels concernant la masculinité.</strong></p>
<p>Ceci m&#8217;apporte trois réflexions qui font une passerelle entre ma propre histoire et celle racontée par le film (mon histoire de thérapeute / coach, j&#8217;entends, car sinon ça nous emmènerait vraiment très loin !)</p>
<p><strong>L</strong><strong>e poser de caméra : </strong>traduire la position du narrateur dans le futur ne peut se faire au cinéma que par une alternance de flashbacks et de retours au présent (posé par convention comme le futur des flashbacks et le moment où s&#8217;ancre le début du film donc la convention pour le présent posée entre le réalisateur et le spectateur). Mais lorsqu&#8217;on est dans les flashbacks, on est obligé de dérouler le présent du flashback au fur et à mesure. Dans le livre, c&#8217;est beaucoup plus intéressant parce que le récit du passé est assumé comme étant raconté par un narrateur qui écrit depuis le futur des événements (son présent à lui) et qui relie les événements qu&#8217;il raconte au paysage de son identité éclairé et modifié par ces expériences, expériences dont il dit en même temps qu&#8217;il les raconte comment elles ont éclairé et modifié son identité. L&#8217;un de mes plus anciens clients dirigeants d&#8217;entreprise, Philippe, me dit que mes posts deviennent de plus en plus abscons avec le temps. Ce paragraphe ne va pas améliorer mon matricule.<span id="more-696"></span></p>
<p><strong>Le personnage de Kate Winslett. </strong>Le fait de raconter l&#8217;histoire d&#8217;amour en premier et le procès en second nous prend au piège de notre propre subjectivité et de notre propre texte virtuel. On peut trouver le personnage et l&#8217;actrice dans le personnage extrêmement séduisantes et il est très difficile de la voir ensuite sous les traits d&#8217;un monstre. Ce piège de la narration nous propose une leçon et nous confronte avec les incohérences de notre propre représentation. Nous sommes recrutés dans la subjectivité du jeune homme amoureux et confrontés au même grand écart que lui entre l&#8217;engagement éthique et le récit intime. Si l&#8217;histoire était racontée dans le bon sens, nous trouverions cette feme insupportable à cause de ce qu&#8217;elle fait et la détesterions tout au long du film. Mais rien n&#8217;est totalisant, ce débat est incarné par les étudiants et leur professeur de droit qui dit : &laquo;&nbsp;si des gens comme vous ne peuvent pas apprendre de gens comme moi, rien ne vaut la peine&nbsp;&raquo;.</p>
<p><strong>La violence, tellement évidente qu&#8217;elle m&#8217;avait échappé.</strong> C&#8217;est Rob et Alison Hall qui me l&#8217;ont fait réaliser : c&#8217;est l&#8217;histoire, ou en tout cas <em>aussi</em> l&#8217;histoire, d&#8217;un abus sexuel commis par un adulte sur un adolescent, et les résultats dévastateurs de cet abus sur la vie de cet homme qui ne peut jamais réellement s&#8217;en extirper et reste soumis à cette expérience que l&#8217;on peut voir, c&#8217;est selon, comme un magnifique amour de jeunese ou un viol. Et imaginons l&#8217;histoire inverse entre un homme de 40 ans et une jeune fille de 15 ans : notre perception en serait sans doute entièrement différente. Mais là, nous sommes pris au piège de notre représentation culturelle de l&#8217;homme et de la femme et ne voyons pas l&#8217;abus sexuel évident de ce fait.</p>
<p><strong>C&#8217;est un homme qui ne parle pas, </strong>qui n&#8217;a jamais parlé, qui  ne commence à produire un récit qu&#8217;à la fin, lorsque taraudé de culpabilité, il comprend qu&#8217;il ne peut continuer à vivre que s&#8217;il raconte à sa fille et reprend ainsi sa place dans la chaîne d&#8217;union avec le reste de l&#8217;humanité. Et l&#8217;on réalise à quel point ce qui nous relie aux autres, ce qui nous rend humains, ce sont des histoires. Bonnes vacances à tous et rendez-vous à la rentrée.</p>
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		<title>The reader (part 1)</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Jul 2009 07:54:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Blanc-Sahnoun</dc:creator>
				<category><![CDATA[Retellings]]></category>

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		<description><![CDATA[Un film, un livre : deux narrations différentes qui posent la question du texte virtuel et de la position du lecteur.
Le film est bouleversant, en grande partie grâce à l&#8217;interprétation de  Kate Winslett. Mais qu&#8217;est-ce qui peut bien me motiver à lire le livre immédiatement après l&#8217;avoir vu ? Si l&#8217;on en croit Jerome [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-medium wp-image-684" title="the-reader-winslet-kross" src="http://www.cooprh.com/pratiques-narratives/wp-content/the-reader-winslet-kross-282x300.jpg" alt="the-reader-winslet-kross" width="231" height="245" /><strong>Un film, un livre : deux narrations différentes qui posent la question du texte virtuel et de la position du lecteur.</strong></p>
<p>Le film est bouleversant, en grande partie grâce à l&#8217;interprétation de  Kate Winslett. Mais qu&#8217;est-ce qui peut bien me motiver à lire le livre immédiatement après l&#8217;avoir vu ? Si l&#8217;on en croit Jerome Bruner dans &laquo;&nbsp;Actual minds, possible worlds&nbsp;&raquo; (Harvard University Press), un livre ne vaut pas par le texte qui le constitue mais par le texte virtuel que le lecteur y substitue, texte virtuel né de sa capacité à &laquo;&nbsp;combler les trous&nbsp;&raquo; de la narration avec ses propres références narratives.</p>
<p>Je me permets de traduire un long extrait de son propos que je trouve lumineux (p. 36-37) : &laquo;&nbsp;lorsque les lecteurs lisent, lorsqu&#8217;ils commencent à produire leur propre texte virtuel, c&#8217;est comme s&#8217;ils s&#8217;embarquaient pour un voyage sans carte, et pourtant, ils possèdent un stock de cartes et par ailleurs, ils savent des tas de choses sur les voyages et sur les cartes. Leurs premières impressions des nouveaux territoires qu&#8217;ils découvrent sont forgées par les voyages qu&#8217;ils ont déjà effectués. Au fil du temps, le nouveau voyage acquiert sa propre réalité, bien que l&#8217;essentiel de sa forme initiale ait été empruntée au passé (du lecteur). <span id="more-677"></span>Le texte virtuel devient une histoire en elle-même, son étrangeté se définissant par contraste avec le sens que le lecteur donne à l&#8217;ordinaire. Le paysage de la fiction doit finalement acquérir sa propre réalité &#8211; l&#8217;étape ontologique. C&#8217;est alors que le lecteur se pose la question cruciale : mais de quoi s&#8217;agit-il réellement ?  Ce &laquo;&nbsp;il&nbsp;&raquo; ne fait pas référence au texte réel (quelle que soit sa puissance littéraire) mais au texte que le lecteur a produit sous son influence. Et c&#8217;est pourquoi le texte réel a besoin de la subjectivité qui permet au lecteur de créer son propre monde. Comme Barthes, je crois que le principal cadeau d&#8217;un grand auteur à un lecteur est de lui permettre de devenir lui même un auteur&nbsp;&raquo;.</p>
<p><strong>Cet extrait, dont on excusera la longueur, renvoie à la question </strong>soulevée par le phiolologue et psychiatre Ricardo Ramos, de l&#8217;Université de Barcelone, lors d&#8217;un atelier à Brighton dont j&#8217;ai omis de rendre compte ici bien que j&#8217;en aie eu le projet : <span style="text-decoration: underline;">quelle est notre intention lorsque, ayant lu un livre que nous avons apprécié, nous allons voir le film qui en est tiré</span> (ou le contraire ?) Nous connaissons l&#8217;intrigue, les personnages, les péripéties, et la façon dont ça se termine. Alors pourquoi y allons nous ? D&#8217;après Ricardo Ramos, pour savoir comment ces péripéties que nous connaissons déjà vont être rendues : nous nous intéressons uniquement à la forme. Et Ramos dit que c&#8217;est exactement la posture du thérapeute narratif : connaissant déjà la fin de l&#8217;histoire racontée par le client, puisqu&#8217;elle se situe dans le passé du client et de la séance,  il focalise son attention sur la façon dont l&#8217;intrigue et les péripéties sont racontées.</p>
<p><strong>Ramos ajoute que l&#8217;enjeu d&#8217;une thérapie narrative est de transformer une tragédie en roman. </strong>Pour donner sens à son histoire, le client forge un récit dont la forme est empruntée à l&#8217;une des grandes formes traditionnelles de récit disponibles telles que tragédie, farce, roman, chronique, etc. Le travail thérapeutique, selon Ramos, vise donc à  transformer une tragédie (les personnages n&#8217;ont aucune influence sur le destin et ça se termine mal) en roman (la chronique des efforts des personnages pour influer sur leur histoire). Mais il y a autre chose de très intéressant, spécifique à ce film, à ce livre, et à mon contexte culturel,  qui m&#8217;est apparu en discutant avec Rob Hall et son épouse&#8230;</p>
<p><em>(à suivre)</em></p>
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		<title>En direct du maelstrom</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Jun 2009 21:49:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Blanc-Sahnoun</dc:creator>
				<category><![CDATA[Carnets de route]]></category>
		<category><![CDATA[Retellings]]></category>

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		<description><![CDATA[
J&#8217;ai été scotché et ému par la vidéo de Jill Bolte-Taylor dont je parlais ici la semaine dernière. Ce western neurobiologique me fait réfléchir à la toile neuronale sur laquelle nous peignons nos histoires.
Dans un séminaire de Michael White, un participant parlait un jour du &#171;&#160;maelstrom&#160;&#187; pour désigner l&#8217;expérience de vie à l&#8217;état brut, et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="446" height="326" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="data" value="http://video.ted.com/assets/player/swf/EmbedPlayer.swf" /><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="wmode" value="transparent" /><param name="bgColor" value="#ffffff" /><param name="flashvars" value="vu=http://video.ted.com/talks/embed/JillBolteTaylor_2008-embed_high.flv&amp;su=http://images.ted.com/images/ted/tedindex/embed-posters/JillBolteTaylor-2008.embed_thumbnail.jpg&amp;vw=432&amp;vh=240&amp;ap=0&amp;ti=229" /><param name="src" value="http://video.ted.com/assets/player/swf/EmbedPlayer.swf" /><param name="bgcolor" value="#ffffff" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="446" height="326" src="http://video.ted.com/assets/player/swf/EmbedPlayer.swf" flashvars="vu=http://video.ted.com/talks/embed/JillBolteTaylor_2008-embed_high.flv&amp;su=http://images.ted.com/images/ted/tedindex/embed-posters/JillBolteTaylor-2008.embed_thumbnail.jpg&amp;vw=432&amp;vh=240&amp;ap=0&amp;ti=229" bgcolor="#ffffff" wmode="transparent" allowfullscreen="true" data="http://video.ted.com/assets/player/swf/EmbedPlayer.swf"></embed></object></p>
<p><strong>J&#8217;ai été scotché et ému par la vidéo de Jill Bolte-Taylor dont je parlais ici la semaine dernière. Ce western neurobiologique me fait réfléchir à la toile neuronale sur laquelle nous peignons nos histoires.</strong></p>
<p>Dans un séminaire de Michael White, un participant parlait un jour du &laquo;&nbsp;maelstrom&nbsp;&raquo; pour désigner l&#8217;expérience de vie à l&#8217;état brut, et c&#8217;est bien de la même chose que parle Jill lorsque son hémisphère gauche, siège de la logique et de la temporalité, se met en rideau à l&#8217;occasion d&#8217;un accident vasculaire. Elle passe 45 minutes à essayer de distinguer sa carte de visite de la surface de son bureau et à trouver un sens aux paquets de points sous la forme desquels elle perçoit son numéro de téléphone.</p>
<p><strong>Et en même temps, dans cet univers réduit à l&#8217;état de pixels</strong> privés de toute signification, déconnectés des histoires qui en font des objets familiers et des concepts utilisables, elle entre en contact avec le sentiment de sa vie vivante accordée avec tout le reste de l&#8217;univers, ce qui fait aussi penser aux récits d&#8217;Aldous Huxley dans &laquo;&nbsp;les portes de la perception&nbsp;&raquo; (livre culte qui a d&#8217;ailleurs inspiré Jim Morrisson pour le choix du nom de son groupe The Doors) et de Timothy Leary expérimentant le LSD dans les années 1964.</p>
<p><strong>D&#8217;ailleurs, Jill le décrit avec beaucoup d&#8217;émotion comme un état de &laquo;&nbsp;nirvana&nbsp;&raquo;</strong> qu&#8217;elle a éprouvé accidentellement du fait de son AVC, du fait de la mise hors circuit temporaire des aires cérébrales où siège le sentiment d&#8217;être une entité séparée délimitée par sa peau. Et pourtant, dans le même temps, cette définition de l&#8217;individu enfermé en lui-même et réduit à son corps est une représentation culturelle dont la naissance et l&#8217;essor en occident ont été parfaitement décrits par Michel Foucault. Il y a là un paradoxe que je n&#8217;ai pas fini de mâchonner.<br />
<span id="more-461"></span><br />
<strong>Le récit de Jill me permet en tout cas de mieux comprendre ce que Michael White, à la suite de Jerome Bruner, définit comme &laquo;&nbsp;histoire&nbsp;&raquo; :</strong> &laquo;&nbsp;des expériences de vies situées dans le temps, reliées en séquences selon un thème&nbsp;&raquo;. La description de la vie perçue sans hémisphère gauche, réduite à des sensations et à des pixels sans signification, donne un aperçu intéressant de ce que peut être l&#8217;expérience de vie non mise en récit, maelstrom indicible, terrifiant et protéiforme,  expérience inexorablement personnelle et impartageable, mais incroyablement chaleureuse et globale, dissolvant les frontières de notre histoire d&#8217;individualité pour nous permettre d&#8217;embrasser la gloire de notre conscience qui se déploie dans le sentiment d&#8217;unité universelle (là, je cite Jill, ça me fait baver mais je n&#8217;ai jamais rien éprouvé de tel).</p>
<p><strong>Notre hémisphère gauche filtre ensuite ces milliards de pixels</strong> et pose un cadre fictif, celui d&#8217;un individu qui serait nous et à qui il arrive -autre cadre fictif- des événements à un certain moment d&#8217;une histoire globale appelée le temps (compétence typique de notre hémisphère gauche) avec certaines choses qui sont labellisées &laquo;&nbsp;avant&nbsp;&raquo; et d&#8217;autres &laquo;&nbsp;après&nbsp;&raquo;. Une compétence (ou fiction) cognitive que nos enfants acquièrent d&#8217;ailleurs à l&#8217;école primaire avec des suites d&#8217;image à remettre dans le bon ordre.<br />
<strong><br />
Ceci offre une vue au ralenti, saisissante, de l&#8217;énorme, immense, abyssal fossé qui sépare l&#8217;expérience vécue du récit</strong> censé lui donner un sens et le rendre partageable avec nos semblables. Il est utile de rester conscients de cette distance énorme où viennent faire leur lit toutes les distorsions culturelles et les histoires de problèmes qui empoisonnent la vie de nos clients. De rester conscients que l&#8217;expérience de vie est indicible et que c&#8217;est la raison pour laquelle elle est produite -et non relatée- par le récit. Sans entrer dans le débat de la neurologisation généralisée de toute la vie psychique, disons que le récit de Jill fonctionne comme une série de métaphores très poétiques et touchantes qui me permettent de mieux approcher la réalité inexprimable de l&#8217;expérience. A moins qu&#8217;elle ne touche en moi des souvenirs pré-verbaux dont la violence n&#8217;aurait d&#8217;égale que la nostalgie de ne plus pouvoir ressentir avec une telle force, les filtres ayant fini par se souder aux capteurs qu&#8217;ils étaient censés protéger&#8230;</p>
<p><strong><br />
</strong></p>
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		<title>Cérémonie définitionnelle : la leçon des Segpa</title>
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		<pubDate>Wed, 20 May 2009 15:38:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Blanc-Sahnoun</dc:creator>
				<category><![CDATA[Retellings]]></category>

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		<description><![CDATA[Ca, c&#39;est mon portrait par Tayeb, un élève de la Segpa de Vitry, dessinateur instinctif incroyable.
Le propos d&#8217;une cérémonie définitionnelle , c&#8217;est de donner aux gens l&#8217;occasion de parler devant témoins de ce qui est important pour eux&#8230; de la façon et avec les supports qui sont les plus appropriés pour eux.
Oublier cette dernière partie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_419" class="wp-caption alignnone" style="width: 197px"><img class="size-full wp-image-419" title="pbs_caricature" src="http://www.cooprh.com/pratiques-narratives/wp-content/pbs_caricature.jpg" alt="Mon portrait par Tayeb, un élève de la Segpa de Vitry, dessinateur instinctif incroyable." width="187" height="233" /><p class="wp-caption-text">Ca, c&#39;est mon portrait par Tayeb, un élève de la Segpa de Vitry, dessinateur instinctif incroyable.</p></div>
<p><strong>Le propos d&#8217;une cérémonie définitionnelle , c&#8217;est de donner aux gens l&#8217;occasion de parler devant témoins de ce qui est important pour eux&#8230; de la façon et avec les supports qui sont les plus appropriés pour eux.</strong></p>
<p>Oublier cette dernière partie de la phrase, c&#8217;est passer à côté de la cérémonie et prendre le risque d&#8217;y réintroduire l&#8217;histoire dominante au détriment des personnes dont la vie est au centre. C&#8217;est ce que nous ont fait comprendre, dans leur grande sagesse, les élèves de deux classes Segpa de Vitry-sur-Seine.</p>
<p><strong>Les Segpa, c&#8217;est ce qu&#8217;on appelait dans le temps les classes de &laquo;&nbsp;transition&nbsp;&raquo;,</strong> façon politiquement correcte de désigner la transition du système scolaire &laquo;&nbsp;normal&nbsp;&raquo; vers pas de scolarité du tout et la vie dite active. Depuis 8 mois, <a href="http://www.viadeo.com/fr/profile/dina.scherrer" target="_blank" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.viadeo.com/fr/profile/dina.scherrer?referer=');">Dina Scherrer</a> a accompagné quatre classes de 3ème Segpa de Vitry, Fontenay et Villiers-sur-Marne dans le cadre d&#8217;un programme expérimental d&#8217;introduction du coaching dans les collèges des quartiers dits &laquo;&nbsp;sensibles&nbsp;&raquo; (je déteste ce mot) sur fonds européens et avec l&#8217;appui des académies concernées. Avec l&#8217;accord du maître d&#8217;oeuvre (l&#8217;association Réussir Moi Aussi), Dina a pu proposer un protocole entièrement narratif basé sur l&#8217;identification d&#8217;histoires dominantes, leur externalisation et le développement de riches histoires alternatives basées sur les compétences de vie et de résistance à l&#8217;exclusion de ces gamins.</p>
<p><strong>Cette initiative magnifique, qui donnera probablement naissance à un livre</strong>, s&#8217;est conclue par une cérémonie définitionnelle dans chaque collège. J&#8217;ai eu la chance de participer à celle de Vitry, de façon un peu privilégiée puisque j&#8217;avais correspondu toute l&#8217;année avec ces deux classes sous forme de retellings réguliers, ce qui m&#8217;avait permis de devenir un témoin extérieur habituel et d&#8217;ailleurs de mettre en musique leurs mots pour en faire une chanson, avec la technique que j&#8217;ai apprise auprès de David Denborough (voir <a href="http://www.cooprh.com/pratiques-narratives/mp3/Segpa%20blues.mp3" target="_blank">ici</a> pour écouter la chanson). Il y aurait énormément de choses à raconter ici sur cette cérémonie définitionnelle. Mais ce qui m&#8217;a le plus frappé&#8230; <span id="more-412"></span>est la façon dont le regard que l&#8217;on pose sur les gens influence à la fois leur identité et la façon dont on &laquo;&nbsp;découpe&nbsp;&raquo;  les événements pour les resituer dans un récit change totalement le sens de ce récit. Ainsi, d&#8217;un certain point de vue, la cérémonie de Vitry a été très difficile. Les élèves avaient invité leurs profs comme témoins extérieurs, mais placés sur un cercle de parole, ils ne voulaient pas se présenter ni dire quoi que ce soit. Certains profs ont exprimé d&#8217;un air parfois excédé et agressif leur souhait de voir un peu (enfin !) une autre facette de ces jeunes gens. Certains croyaient que c&#8217;était un genre de spectacle de fin d&#8217;année. Les jeunes ne les ont pas déçus, ils ont incarné leur histoire dominante (&laquo;&nbsp;on est la section des Gogols, il n&#8217;y a rien à tirer de nous&nbsp;&raquo;) et c&#8217;était un spectacle pathétique de voir les réactions de certains adultes (&laquo;&nbsp;je le savais bien, ils n&#8217;ont rien retiré de ce programme, ils n&#8217;ont pas changé&nbsp;&raquo;) alimenter l&#8217;épaississement de l&#8217;histoire.</p>
<p><strong>La puissance narrative n&#8217;est revenue qu&#8217;au moment des retellings des profs, </strong>et là, j&#8217;ai vraiment été scotché par la confiance et l&#8217;amour qu&#8217;ils exprimaient pour ces jeunes, par les passerelles qu&#8217;ils faisaient entre leurs propres histoires et leur choix de travailler avec les Segpa, et ces témoignages ont commencé à chasser la mauvaise histoire, les jeunes étaient silencieux, attentifs, réceptifs à cette émotion et  cette reconnaissance. Et à ce moment là, paf, la cloche a sonné et il a fallu se séparer.</p>
<p><strong>Mais ils ne voulaient plus partir. Certains ont dansé une choré sur un rap, </strong>d&#8217;autres se sont attardés à discuter avec nous, ils sont allés chercher du pain qu&#8217;il avaient cuisiné en atelier pour nous en offrir (ils nous ont offert du pain qu&#8217;ils avaient fait, vous vous rendez compte !? Putain, j&#8217;en ai encore les larmes aux yeux). Et puis les profs ont raconté plein d&#8217;histoires fantastiques sur ce qu&#8217;ils avaient vécu avec ces gamins (&laquo;&nbsp;les discussions les plus fortes que j&#8217;ai eu dans ma vie de prof, c&#8217;était avec des Segpa&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;je fais des pieds et des mains pour rester affectée ici un an de plus&nbsp;&raquo;&#8230;) Mais à ce moment là, on était debout dans un coin, en train de &laquo;&nbsp;debriefer&nbsp;&raquo;, pas dans la ronde officielle et intimidante d&#8217;un cercle de parole qui avait très peu de sens pour eux et qui les remettait en situation d&#8217;élèves face à leurs profs susceptibles de les juger (&laquo;&nbsp;prouvez nous que vous êtes capables de changer&nbsp;&raquo;).</p>
<p><strong>Pourtant, avant de venir dans ce cercle paralysant, ils avaient décoré la salle</strong> avec leurs mots imprimés et leurs photos éclatants de vie et d&#8217;énergie, en parlant naturellement et avec fierté sur leurs photos ou leurs phrases préférées. J&#8217;avais chanté une première fois leur chanson à l&#8217;arrache, devant un public attentif, y compris certains profs qui ont retellé à chaud. Mais nous n&#8217;avons pas perçu qu&#8217;à ce moment là, la cérémonie définitionnelle, la vraie, battait déjà son plein. Nous pensions que c&#8217;était le &laquo;&nbsp;avant&nbsp;&raquo; et que la véritable cérémonie démarrerait à partir du moment où tout le monde s&#8217;assiérait en cercle. Alors que le véritable travail s&#8217;est fait dans ces &laquo;&nbsp;avants&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;après&nbsp;&raquo;, et très peu pendant ce cercle grotesque où nous les avions enfermés avec nos représentations. Heureusement que les gens se débrouillent toujours pour résister et font flèche de tout bois pour revenir vers leurs identités préférées, même si l&#8217;on confond parfois leurs efforts avec les activités du problème.</p>
<p><strong>Voilà. Excusez ce long récit qui paraîtra peu être un peu technique aux non-praticiens narratifs</strong>, mais cela me semblait important en premier lieu, de rendre hommage au fantastique travail de Dina sur ce chantier très novateur (puisque c&#8217;est quasiment la première fois en France que l&#8217;approche narrative australienne est utilisée en milieu scolaire*),<strong> </strong>et d&#8217;autre part, de partager ma compréhension nouvelle de la cérémonie définitionnelle comme <span style="text-decoration: underline;">un espace de liberté orienté par et seulement par la subjectivité des personnes dont la vie est au centre de la cérémonie</span>, un espace total emplissant tout le lieu qui lui est consacré et tout le temps où les personnes et les témoins sont ensemble, charge aux animateurs d&#8217;inventer au fur et à mesure les chemins les plus fluides pour le développement d&#8217;histoires riches. Ceci impose d&#8217;abandonner ses représentations culturelles comme celle du cercle de parole, très utile dans certains contextes mais peu adapté dans d&#8217;autres. De rester souple et attentif à la façon dont les personnes dont la vie est au centre de la cérémonie structurent cet espace et ce temps qui leur appartient, de ne pas leur en contester la propriété. Pour ma propre pratique, les Segpa m&#8217;ont fait faire un pas immense. Qu&#8217;ils en soient ici remerciés. Et qu&#8217;ils m&#8217;excusent de les avoir mis dans une galère avec ce cercle de parole d&#8217;un autre monde.</p>
<div id="attachment_435" class="wp-caption alignnone" style="width: 205px"><img class="size-medium wp-image-435" title="diapositive1" src="http://www.cooprh.com/pratiques-narratives/wp-content/diapositive1-300x225.jpg" alt="L'une des phrases choisies par les élèves pour afficher. " width="195" height="146" /><p class="wp-caption-text">L&#39;une des phrases choisies par les élèves pour parler du coaching</p></div>
<h5>*<a href="http://www.optimcoach.com/coach/detail.php?id_coach=36" target="_blank" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.optimcoach.com/coach/detail.php?id_coach=36&amp;referer=');">Anne-Catherine Bousquel</a> a rendu compte d&#8217;une expérience trés intéressante d&#8217;accompagnement d&#8217;une classe de BTS dans l&#8217;ouvrage collectif &laquo;&nbsp;comprendre et pratiquer l&#8217;approche narrative, à paraître l&#8217;automne prochain chez Dunod-Interéditions</h5>
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		<title>Une renarration définitionnelle</title>
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		<pubDate>Sat, 24 Jan 2009 09:12:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Blanc-Sahnoun</dc:creator>
				<category><![CDATA[Retellings]]></category>

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		<description><![CDATA[
Cette nouvelle section intitulée &#171;&#160;retellings&#160;&#187; proposera des renarrations définitionnelles réalisées au cours de mon travail avec les communautés, les équipes  et les personnes.
Le texte ci-dessous est un montage définitionnel des propos tenus par les 24 témoins interviewés lors du premier anti-colloque de l&#8217;Association Européenne de Coaching qui a eu lieu à Bordeaux le 10 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignnone size-medium wp-image-223" title="colloque-117" src="http://www.cooprh.com/pratiques-narratives/wp-content/colloque-117-300x225.jpg" alt="colloque-117" width="300" height="225" /></p>
<p><strong>Cette nouvelle section intitulée &laquo;&nbsp;retellings&nbsp;&raquo; proposera des renarrations définitionnelles réalisées au cours de mon travail avec les communautés, les équipes  et les personnes.</strong></p>
<p>Le texte ci-dessous est un montage définitionnel des propos tenus par les 24 témoins interviewés lors du premier anti-colloque de l&#8217;Association Européenne de Coaching qui a eu lieu à Bordeaux le 10 octobre 2008. Le thème en était : &laquo;&nbsp;le coach dans la cité&nbsp;&raquo; et la question centrale de savoir quel peut être le rôle des coachs dans la vie de la société.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Résister</em></p>
<p><em>Nous sommes des résistants qui encouragent les résistances. Notre métier nous amène à pratiquer une gymnastique intérieure. Nous cultivons le respect de nos clients mais aussi le respect de toutes les différences. Nous avons un désir d&#8217;authenticité. Nous pratiquons une écoute qui ne juge pas, et nous recherchons des choses qui &laquo;&nbsp;marchent&nbsp;&raquo;. Nous croyons que les groupes sont une grande ressource et que les liens qui s&#8217;établissent entre les gens produisent de l&#8217;énergie, de la créativité, comme un vaisseau spatial qui permet de toucher les étoiles. Notre place là dedans est importante : nous devons nous rendre visibles, nous devons connaître le nom de ceux que nous aidons afin de veiller à ne pas les normaliser, mais à les conduire vers leur propre royauté. Les accompagner ne signifie pas les porter sur notre dos : notre posture est humble. Nous sommes des guerriers du silence qui font renaître la parole et la possibilité de vivre autrement.<br />
Nous habitons ici et maintenant et soutenons les personnes et les groupes dans l&#8217;affirmation de leur singularité. Oser sortir de notre cache nous permet d&#8217;aider les autres à grandir et à se sentir fiers de raconter leur histoire. Nous sommes des passeurs entre le visible et l&#8217;invisible. Nous osons travailler partout et avec tous : papooses, guerriers et vieux chefs afin de les aider à faire refleurir leur projet et à reprendre leur place dans leur vie et dans la cité. Nous voulons faire connaître ce que nous pouvons apporter : tisser des liens et des réseaux, des réseaux avec les autres et des liens avec soi-même, ouvrir la porte d&#8217;un tas de possibles.</em></p>
<p><em>Notre force est d&#8217;être justes, notre talent est de voir la grandeur de l&#8217;autre, notre équilibre est d&#8217;avoir un soleil dans le ventre.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><span id="more-222"></span></p>
<p><strong>Voici ma propre renarration de ce texte. Les vôtres sont les bienvenus autour des questions classiques :</strong></p>
<p>- quels mots ou expressions résonnent particulièrement pour vous dans ce texte ?</p>
<p>- quelles images ces mots ou expressions font-ils naître dans votre esprit ?</p>
<p>- à quels aspects ou expériences de votre vie ces mots ou ces images sont-ils associés ?</p>
<p>- vers quelles réflexions personnelles ou vers quelles compréhensions le fait d&#8217;avoir lu ce texte vous transporte-t-il ?</p>
<p><img class="alignnone size-medium wp-image-224" title="colloque-081" src="http://www.cooprh.com/pratiques-narratives/wp-content/colloque-081-225x300.jpg" alt="colloque-081" width="165" height="220" /></p>
<p><strong>Ma renarration :</strong></p>
<p>Ce qui me touche : la référence pratiquement omniprésente aux thèmes de &laquo;&nbsp;résister&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;aider les autres à résister&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;faire s&#8217;exprimer les voix minoritaires&nbsp;&raquo;. L&#8217;image que cela me donne des coachs est celle des rebelles qui, voguant dans le vaisseau &laquo;&nbsp;Nabuchodonosor&nbsp;&raquo;, sous le commandement de Morphéus, luttent contre les machines qui exploitent l&#8217;humanité et essaient de débrancher un maximum de gens de la Matrice.  Cette image me touche dans ma propre vie car les notions de résistance à la normalisation et d&#8217;expression des voix minoritaires sont centrales dans l&#8217;histoire de ma famille, des deux côtés. Et ce que cela m&#8217;apprend est que j&#8217;ai bien choisi mon métier, et que lorsqu&#8217;on réunit 60 coachs autour des processus narratifs australiens, en faisant intervenir en retelling une clown, une plasticienne et un musicien, on obtient une communauté soudée autour d&#8217;une très haute vision de ce métier tellement galvaudé par les médias. Cela me donne de la fierté et de l&#8217;espoir.</p>
<p><em>Les illustrations sont de <a href="http://aia.asso.free.fr/anne/" target="_blank" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/aia.asso.free.fr/anne/?referer=');">Anne de Buttet</a>, extraites de ses panneaux réalisés au cours de cette manifestation<br />
</em></p>
<p><em><br />
</em></p>
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