Archive pour la catégorie ‘Résistances’

TAKE-AWAYS

Lundi 14 mai 2012

TC10 est terminé. Mais ses effets sur nous dureront longtemps.

Nous devons un grand merci a Stephen Madigan qui a fait un pari : celui de donner un vrai espace au coaching narratif. Si nous avons eu un atelier d’une journée et une session d’interviews, c’est vraiment à lui que nous le devons. Si un grand nombre de thérapeutes se sont dit qu’il y avait là , dans la transposition des idées narratives au contexte des entreprises, quelque chose à considérer, c’est grâce à lui, à lui (et bien sûr à Cheryl White qui a démarré toute cette histoire).

À force d’en discuter, d’expliquer, de comparer notre travail avec celui des thérapeutes familiaux et sociaux, qui nous ont accueilli si fraternellement, à force d’être ce que Jean-Louis appelle le « colporteur » de ces idées (ça me va bien, le métier de colporteur comportant une forte notion de nomadisme), il me semble que « pratiques narratives en organisation » (organizational narrative practices) serait vraisemblablement un meilleur nom que « coaching narratif  » pour désigner ce que nous faisons, plus large, moins spécifique, plus respectueux et surtout centré sur le contexte plutôt que sur l’activité et ceux qui la pratiquent. Je vais un peu colporter cette idée et voir ce qui en sort. Lire le reste de cet article »

L’UNIVERSITE DES VA-NU-PIEDS

Mercredi 22 février 2012

Une découverte d’Elizabeth Feld sur TED, une leçon d’espoir à voir absolument.

Voici l’université des va-nu-pieds. Tout commence par l’histoire de Bunker Roy, un homme très privilegié venu de la caste dirigeante, bénéficiant d’une éducation de haut niveau, et qui découvre la réalité de la vie dans les villages, la famine, la maladie et la mort. Il décide de tourner le dos à son milieu et de consacrer sa vie à la construction d’écoles pour les plus démunis, basées sur les savoirs de vie traditionnels. Un peu comme Siddharta… mais alors qu’il vit avec les plus pauvres, il découvre les savoirs et compétences de vie extraordinairement sophistiqués qu’il possèdent et décide de créer une université pour les pauvres, construite sur la base de ce qui est important pour eux, une université sans diplômes où les grand-mères deviennent ingénieurs en énergie solaire, dentistes et professeurs. Voici la genèse de cette histoire extraordinaire, qui nous montre encore une fois la richesse des savoirs locaux lorsqu’ils arrivent à subsister en marge des cultures dominantes, à trouver des praticiens pour les honorer, les documenter, et relier des vies autour d’eux. Une déconstruction des processus d’éducation et une leçon d’espoir à voir absolument !

ACCOUNTABILITY

Samedi 11 février 2012

Rien dans ce blog depuis Casa. Et puis une demande  un peu furax du SAMU Social, qui nous demande de flouter ou de masquer les visages des enfants figurant sur la photo.

Et là, perplexité : comment avons nous pu laisser passer ça, alors que c’est la base la plus élémentaire de la déontologie de diffusion des images mais surtout un élément évident d’éthique narrative et humaine ? Nous avons donc changé illico la photo incriminée (pour la remplacer par celle qui figure sur la cover d’ « Actuel », déjà très diffusée et commentée au Maroc où ce reportage a fait beaucoup de remous). Nous avons également adressé nos plus plates excuses au SAMU Social en leur demandant de les transmettre aux enfants et aux jeunes concernés.

Mais il y a là, également, quelque chose à apprendre. Lire le reste de cet article »

DANS LA PEAU DE L’AUTRE

Lundi 22 août 2011


Le dernier Almodovar nous pose en termes narratifs la question de la construction de l’identité sexuelle, une question que connaissent bien nos collègues qui travaillent sur la «queer therapy ».

Être un homme ou être une femme, comment est-ce que cela se fabrique ? Quels sont les liens entre les caractéristiques biologiques de notre corps et le sentiment que nous avons d’appartenir à un genre ou un autre ? Comment dessinons-nous les frontières entre le fait d’être un homme et celui d’être une femme ? Et existe-t-il et de véritables frontières tranchées sur ce sujet ou ces limites ne sont-elles elle-même que des constructions culturelles ? Lire le reste de cet article »

CONVERGENCES NARRATIVES

Jeudi 12 mai 2011

par Catherine Mengelle

Le Congres du CRAA à Bordeaux, le 10 mai, avec une belle affiche, a été l’occasion de confirmer que les idées narratives émergent dans tous les champs thérapeutiques.

Témoignage narratif suite à un colloque : ce que j’ai retenu, ce qui m’a frappée, l’image que cela me donne des intervenants, pourquoi leur propos ont autant résonné chez moi et où cela m’a amenée.
 
Forcément, j’avais été interpellée par le thème de la journée proposée à Bordeaux par le CRAA autour de Boris Cyrulnik « Faire de sa vie une histoire ».

Ce fut l’occasion d’entendre plusieurs voix, en général savantes, s’exprimer sur la force du récit et de la narration et de m’étonner que les praticiens narratifs qui travaillent à partir des idées de White & Epston ne représentent qu’un petit bout d’une réflexion plus globale qui semble se faire simultanément dans plusieurs endroits du monde. Cette simultanéité m’a frappée et également le fait que notre approche (présente au colloque à travers la présentation qu’a faite Julien Betbeze des cartes narratives de White) ne soit qu’une histoire parmi beaucoup d’autres. Lire le reste de cet article »

POLICE DE L’AMOUR OU POLICE TOUT COURT ?

Vendredi 29 avril 2011

Regardez cette vidéo. Mixed feelings. Dans un premier temps, elle est enthousiasmante : elle met en valeur une performance centrée autour de la redécouverte du rapport  humain direct dans un contexte urbain particulièrement stressant qui est celui du métro. Elle semble cohérente avec les idées narratives par la déconstruction du système qui amène les gens à s’isoler et à croire qu’ils vont lutter contre cet isolement et contre la peur par la consommation.

Mais par contre, la façon dont le sujet est amené, le fait que les initiatives ne viennent pas de la communauté mais d’un leader qui prend le pouvoir sur elle sans qu’elle n’ait rien demandé, le fait que ce soit ce leader qui impose un nom et fabrique une communauté par ce nom, et lui propose des initiatives me fait me demander à quoi on joue et à quoi on assiste ici. Pourtant, peu à peu, sous nos yeux, une communauté se créée effectivement et commence à fonctionner.

Ceci pose sans doute la question du rôle du coach dans la mise en mouvement du client. Lire le reste de cet article »

Il y a toujours une deuxième histoire !

Mercredi 6 avril 2011

Il y a toujours une deuxième histoire que le client peut raconter… sauf s’il a été enfermé dans une histoire dominante de diagnostic. Merci à Stephen Madigan de nous avoir transmis cette vidéo.

Printemps narratif : Gaye Stockell à Paris le 31 mai

Dimanche 3 avril 2011

Pour la première fois, nous allons organiser une Master Class à Paris grâce à Elizabeth Feld, Dina Scherrer et Valérie Steiner. Ce sera avec Gaye Stockell qui nous fait l’honneur de passer une journée avec nous le mardi 31 mai prochain sur le thème “retrouver l’esprit du travail narratif”.

Gaye Stockell a commencé à explorer les idées concernant les pratiques narratives il y a maintenant plus de 20 ans à Sydney alors qu’elle travaillait dans un service d’aide à la santé mentale. Son approche fut alors perçue comme très innovante par Michael White et David Epston, qui l’ont poussée à enseigner. Après avoir ouvert son propre cabinet, Gaye a continué à explorer les pratiques narratives dans ses conversations avec les familles, les couples et des individus. Elle a également ouvert une consultation pour les psychologues et les travailleurs sociaux. Lire le reste de cet article »

Erickson, les peaux-rouges et la thérapie

Vendredi 15 octobre 2010

Le chef Two Moon (DR)

Extraite de Milton Erickson et transmise par Béatrice Arnaud, une métaphore inspirante et intéressante sur la posture du thérapeute. La question est : influent ou pas influent ?

Erickson avait du sang amérindien dont il était très fier. Il disait : « la différence majeure entre mon travail en hypnothérapie et le reste, c’est la même qu’il y a entre comment un blanc chasse et comment un peau-rouge chasse. Il dit, quand l’homme blanc part à la chasse, il rassemble des bombes, des tanks, des mitraillettes, des chiens, des milliers de personnes, ils vont en voiture jusque dans la forêt, et puis tout le monde sort en hurlant et tire sur tout ce qui bouge en espérant qu’ils vont atteindre quelque chose. Voilà comment le blanc part à la chasse. Le peau rouge part tout seul, jusqu’à l’orée de la forêt, il a peut-être un couteau, dit une prière, en demandant son pardon à la forêt parce qu’il va prendre une vie, afin que son peuple puisse vivre, il marche avec respect, en étant très attentif à ne pas perturber quoi que ce soit, trouve un joli rocher plat au soleil, il s’assied, il médite et attend qu’un animal vienne. C’est comme ça que chasse l’homme rouge et c’est comme ça que moi, je fais la psychothérapie. »

N’oublie pas les chevaux écumants du passé

Samedi 2 octobre 2010

Par Stéphane Kovacs

Stéphane est salarié de Orange France Télécom depuis 1997 et y exerce à temps partiel un rôle d’accompagnement des personnes, des groupes et des communautés. Formé aux pratiques narratives et compagnon de route de ce blog, il nous livre ici une histoire merveilleuse sur la transmission emprunté à Christiane Singer et un point de vue remarquablement pertinent sur la crise de France Telecom et la façon dont elle pourrait se rattacher à la tradition des bâtisseurs de cathédrales.

« Un ami de longue date, Richard Baker Roshi, héritier dharma de
Suzuki Roshi, et sa fille de trois ans sont installés à la table du
petit déjeuner chez nous. Sophie commence avec son couteau à rayer la
table. Et grâce à ce geste qui ne m’a guère enchantée, voilà que
j’assiste à une leçon de transmission.
Le père arrête avec douceur la petite main :
« Halte, Sophie, à qui est cette table ? »
Alors la petite fille boudeuse :
« Je sais ! A Christiane.
- Non, mais avant Christiane !…Elle est ancienne cette table,
n’est-ce pas ? D’autres ont déjeuné là…
- Oui, les parents, les grands parents, les…
- …Mais ce n’est pas tout !…Avant encore ?
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