Archive pour la catégorie ‘Résistances’

DANS LA PEAU DE L’AUTRE

Lundi 22 août 2011


Le dernier Almodovar nous pose en termes narratifs la question de la construction de l’identité sexuelle, une question que connaissent bien nos collègues qui travaillent sur la «queer therapy ».

Être un homme ou être une femme, comment est-ce que cela se fabrique ? Quels sont les liens entre les caractéristiques biologiques de notre corps et le sentiment que nous avons d’appartenir à un genre ou un autre ? Comment dessinons-nous les frontières entre le fait d’être un homme et celui d’être une femme ? Et existe-t-il et de véritables frontières tranchées sur ce sujet ou ces limites ne sont-elles elle-même que des constructions culturelles ? Lire le reste de cet article »

CONVERGENCES NARRATIVES

Jeudi 12 mai 2011

par Catherine Mengelle

Le Congres du CRAA à Bordeaux, le 10 mai, avec une belle affiche, a été l’occasion de confirmer que les idées narratives émergent dans tous les champs thérapeutiques.

Témoignage narratif suite à un colloque : ce que j’ai retenu, ce qui m’a frappée, l’image que cela me donne des intervenants, pourquoi leur propos ont autant résonné chez moi et où cela m’a amenée.
 
Forcément, j’avais été interpellée par le thème de la journée proposée à Bordeaux par le CRAA autour de Boris Cyrulnik « Faire de sa vie une histoire ».

Ce fut l’occasion d’entendre plusieurs voix, en général savantes, s’exprimer sur la force du récit et de la narration et de m’étonner que les praticiens narratifs qui travaillent à partir des idées de White & Epston ne représentent qu’un petit bout d’une réflexion plus globale qui semble se faire simultanément dans plusieurs endroits du monde. Cette simultanéité m’a frappée et également le fait que notre approche (présente au colloque à travers la présentation qu’a faite Julien Betbeze des cartes narratives de White) ne soit qu’une histoire parmi beaucoup d’autres. Lire le reste de cet article »

POLICE DE L’AMOUR OU POLICE TOUT COURT ?

Vendredi 29 avril 2011

Regardez cette vidéo. Mixed feelings. Dans un premier temps, elle est enthousiasmante : elle met en valeur une performance centrée autour de la redécouverte du rapport  humain direct dans un contexte urbain particulièrement stressant qui est celui du métro. Elle semble cohérente avec les idées narratives par la déconstruction du système qui amène les gens à s’isoler et à croire qu’ils vont lutter contre cet isolement et contre la peur par la consommation.

Mais par contre, la façon dont le sujet est amené, le fait que les initiatives ne viennent pas de la communauté mais d’un leader qui prend le pouvoir sur elle sans qu’elle n’ait rien demandé, le fait que ce soit ce leader qui impose un nom et fabrique une communauté par ce nom, et lui propose des initiatives me fait me demander à quoi on joue et à quoi on assiste ici. Pourtant, peu à peu, sous nos yeux, une communauté se créée effectivement et commence à fonctionner.

Ceci pose sans doute la question du rôle du coach dans la mise en mouvement du client. Lire le reste de cet article »

Il y a toujours une deuxième histoire !

Mercredi 6 avril 2011

Il y a toujours une deuxième histoire que le client peut raconter… sauf s’il a été enfermé dans une histoire dominante de diagnostic. Merci à Stephen Madigan de nous avoir transmis cette vidéo.

Printemps narratif : Gaye Stockell à Paris le 31 mai

Dimanche 3 avril 2011

Pour la première fois, nous allons organiser une Master Class à Paris grâce à Elizabeth Feld, Dina Scherrer et Valérie Steiner. Ce sera avec Gaye Stockell qui nous fait l’honneur de passer une journée avec nous le mardi 31 mai prochain sur le thème “retrouver l’esprit du travail narratif”.

Gaye Stockell a commencé à explorer les idées concernant les pratiques narratives il y a maintenant plus de 20 ans à Sydney alors qu’elle travaillait dans un service d’aide à la santé mentale. Son approche fut alors perçue comme très innovante par Michael White et David Epston, qui l’ont poussée à enseigner. Après avoir ouvert son propre cabinet, Gaye a continué à explorer les pratiques narratives dans ses conversations avec les familles, les couples et des individus. Elle a également ouvert une consultation pour les psychologues et les travailleurs sociaux. Lire le reste de cet article »

Erickson, les peaux-rouges et la thérapie

Vendredi 15 octobre 2010

Le chef Two Moon (DR)

Extraite de Milton Erickson et transmise par Béatrice Arnaud, une métaphore inspirante et intéressante sur la posture du thérapeute. La question est : influent ou pas influent ?

Erickson avait du sang amérindien dont il était très fier. Il disait : « la différence majeure entre mon travail en hypnothérapie et le reste, c’est la même qu’il y a entre comment un blanc chasse et comment un peau-rouge chasse. Il dit, quand l’homme blanc part à la chasse, il rassemble des bombes, des tanks, des mitraillettes, des chiens, des milliers de personnes, ils vont en voiture jusque dans la forêt, et puis tout le monde sort en hurlant et tire sur tout ce qui bouge en espérant qu’ils vont atteindre quelque chose. Voilà comment le blanc part à la chasse. Le peau rouge part tout seul, jusqu’à l’orée de la forêt, il a peut-être un couteau, dit une prière, en demandant son pardon à la forêt parce qu’il va prendre une vie, afin que son peuple puisse vivre, il marche avec respect, en étant très attentif à ne pas perturber quoi que ce soit, trouve un joli rocher plat au soleil, il s’assied, il médite et attend qu’un animal vienne. C’est comme ça que chasse l’homme rouge et c’est comme ça que moi, je fais la psychothérapie. »

N’oublie pas les chevaux écumants du passé

Samedi 2 octobre 2010

Par Stéphane Kovacs

Stéphane est salarié de Orange France Télécom depuis 1997 et y exerce à temps partiel un rôle d’accompagnement des personnes, des groupes et des communautés. Formé aux pratiques narratives et compagnon de route de ce blog, il nous livre ici une histoire merveilleuse sur la transmission emprunté à Christiane Singer et un point de vue remarquablement pertinent sur la crise de France Telecom et la façon dont elle pourrait se rattacher à la tradition des bâtisseurs de cathédrales.

« Un ami de longue date, Richard Baker Roshi, héritier dharma de
Suzuki Roshi, et sa fille de trois ans sont installés à la table du
petit déjeuner chez nous. Sophie commence avec son couteau à rayer la
table. Et grâce à ce geste qui ne m’a guère enchantée, voilà que
j’assiste à une leçon de transmission.
Le père arrête avec douceur la petite main :
« Halte, Sophie, à qui est cette table ? »
Alors la petite fille boudeuse :
« Je sais ! A Christiane.
- Non, mais avant Christiane !…Elle est ancienne cette table,
n’est-ce pas ? D’autres ont déjeuné là…
- Oui, les parents, les grands parents, les…
- …Mais ce n’est pas tout !…Avant encore ?
Lire le reste de cet article »

Traduire, un acte politique

Mercredi 22 septembre 2010

Par Catherine Mengelle

A cause d’une suggestion de Pierre, j’essaie de comprendre certaines idées de Foucault sur le silence.

Il m’est très difficile de lire les écrits, très conceptuels, des philosophes. Il me semble pourtant être tombée sur une idée qui m’ouvre des compréhensions nouvelles sur le silence de ceux qui ne disposeraient pas de la syntaxe dominante pour parvenir à s’exprimer.

Longtemps, cela a été le cas de ceux qui « disaient la vérité ». Ceux-là étaient considérés comme fous par ceux qui ne se souciaient pas de la vérité et condamnés à mourir (Socrate). Aujourd’hui, ceux qui « disent la vérité » ont pris le pouvoir et condamnent ceux qui n’y arrivent pas (les « fous ») à l’enfermement et au silence. Lequel de ces deux discours est le bon ? Aucun des deux sans doute, et chacun abuse de son pouvoir, pour de multiples raisons.

Il y a naturellement violence à vouloir imposer à tous une langue unique, ce que font dans l’histoire les états centralisateurs. Tout ce qui ne se dit plus en basque, en occitan, en breton, en langue des sorciers, etc. est tombé dans le domaine du silence. L’idée nouvelle pour moi, c’est que cela ne signifie pas que ce non-dit n’existe plus. Le silence existerait autant que la parole. On peut donc travailler avec le silence autant qu’avec la parole. Et ça me rappelle l’article de Stéphane Kovacs « Donner la parole à des pensées ou des émotions silencieuses » (2010).

Lire le reste de cet article »

L’approche narrative, un choix politique

Lundi 30 août 2010

Par Catherine Mengelle
Www.declictonavenir.com

Une contribution de la « narracoach » qui a traduit « Qu’est-ce que l’approche narrative ? », d’Alice Morgan (Editions Hermann-l’Entrepôt) et qui est en train de mettre la dernière main a la version française de « Collective narrative practice », le passionnant ouvrage de référence de David Denborough.

J’abandonne un instant mon travail de traduction pour m’attarder sur les mots de David Denborough au sujet de l’individualisme, et les savourer pleinement : « … l’essor de la culture « thérapeutique » ou psychologique a également énormément contribué au discours individualiste … Ces vingt dernières années, les praticiens de l’approche narrative (Freedman & Combs, 1996 ; White & Epston, 1990) ont cherché à développer une forme de thérapie ou d’accompagnement capable d’offrir une alternative à la conception individualiste de l’autonomie, incontournable et vénérée par de nombreux courants psychologiques…  » (Collective Narrative Practice, David Denborough, 2008).
Lire le reste de cet article »

La Fabrique Narrative, année 2

Samedi 24 juillet 2010

La première année scolaire de la Fabrique Narrative s’est achevée la première semaine de juillet. Le bilan de cette première année de la fabrique Narrative est très intéressant.

- à partir de rien et sans être aidés par personne sinon nos amis australiens du Dulwich Center, nous avons créé une école de formation d’intervenants narratifs qui a accueilli plus de 50 stagiaires,
- nous avons fait venir des collègues étrangers comme Jane Hutton et Daria Kutuzova qui nous ont présenté leurs visions et leurs compréhensions personnelles du travail narratif, et surtout Stephen Madigan qui nous fait l’honneur de sa première master Classe en France début septembre (il reste des places !)
- nous avons validé un modèle pédagogique non contraignant et non normatif, visant à développer les styles et talents spécifiques de chaque stagiaire
- nous avons développé un partenariat riche et inspirant avec nos collègues et amis du Dulwich Center, le centre narratif fondé par Michael et Cheryl White et où toute l’aventure de l’approche narrative a commencé,
- Nous avons ouvert en partenariat avec l’éditeur scientifique Hermann la première collection d’édition spécifiquement consacrée aux pratiques narratives et publié un premier ouvrage, la traduction par Catherine Mengelle de l’ouvrage de référence d’Alice Morgan, « Qu’est-ce que l’approche narrative ? » Lire le reste de cet article »