Celui de gauche, c’est Nicolas de Beer. C’est l’homme par qui les pratiques narratives sont arrivées en France.

A Adelaide, il est parti dans un road movie aborigène avec Rob Hall pour rechercher des peintures traditionnelles, à la poursuite d’une vision de ces peintures à la fois commes cartes et récits. Nicolas dirige une école, Mediat-Coaching, créée en 2000 avec Isabelle Laplante, un organisme qui forme des praticiens de la relation d’aide. Chaque année, ils font intervenir des travailleurs sociaux étrangers, « parce que ce sont des gens qui ont les mains dans la glaise, qui ont trouvé des modes opératoires qui permettent au client de parvenir rapidement à un résultat ». En 2003, c’est Bob Bertolino, qui leur présente l’externalisation et leur parle de Michael White, totalement inconnu en France. Nicolas et Isabelle décident de l’inviter. Ils le contactent par mail et lui proposent d’intervenir en France, patrie de la philosophie critique qui a tant nourri son travail, mais surtout qu’y étant totalement inconnu, son intervention représenterait vraiment une démarche d’expression d’une voix minoritaire. Michael donne son premier séminaire à Paris en juillet 2004… avec 15 inscrits. La suite, c’est le développement de cette géographie de l’identité comme projet social, inspirée très concrètement par une pensée philosophique, un séminaire de base et des ateliers avancés chaque année animés par des praticiens visiteurs australiens, un site, un livre en cours de traduction et un autre en cours de rédaction par un collectif de praticiens français. Et un très grand deuil, pudique, lorsque Michael est parti cartographier d’autres territoires en juin dernier. Nicolas est un homme rare. Il se mérite.