Archive pour la catégorie ‘Power of song’

Power of song 2.0

Dimanche 1 mars 2009

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Lui, c’est Bobby Lapointe, chanteur un peu fêlé et parolier virtuose très connu dans les années 60 et un peu passé de mode.

Quelle ne fut pas ma surprise d’entendre ses refrains les plus connus (“Avanie et Framboise”, “la maman du poisson”, “Madame Mado m’a dit”…) dans la sono d’une baraque de sandwichs de Saint-Lary (Pyrénées). Je m’en étonnai. Le tout jeune homme qui tenait la boutique était ravi que j’aie reconnu. “Je connais toutes ses chansons par coeur, m’expliqua t-il. Les chansons de Bobby Lapointe, c’est toute mon enfance ; quand on allait de Paris à la Méditerrannée, mes parents les passaient en boucle tout le temps”. Et en disant ça, des larmes brillaient dans ses yeux.

Ceci m’a ramené à Adelaide et au séminaire “Power of song” enseigné par David Denborough. “Les chansons sont les bandes originales de nos vies”, disait-il, en nous proposant l’exercice de faire notre récit de vie par les chansons plutôt que par les événements. Se souvenir des chansons clés qui ont marqué telle ou telle période de notre vie, retrouver ce qui nous a marqués dans ces chansons, et à quoi elles sont associées, et comment elles résonnent avec ce qui est important pour nous. Et nous obtenons une partition très intéressante avec les chansons en clé de sol sur le paysage de l’action et en clé de fa, le paysage de notre identité telle qu’elle a été imprimée et exprimée par ces chansons qui nous ont tant marqués, et que nous aussi ,nous écoutons les yeux dans le vague, sourire aux lèvres, ramenés physiquement à l’époque qu’elles ont codée. La musique est une machine à voyager dans le temps.

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Lettre d’Australie : La B.O. de notre vie

Samedi 22 novembre 2008

Aujourd’hui, séminaire avec David Denborough, qui a passé vingt ans à travailler comme « barde » sur les rassemblements communautaires organisés par Michael White en écrivant des chansons à partir des récits des participants sur ce qui les soutient et leur donne de la force.

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Cet atelier nous donne l’occasion de nous arrêter un moment pour considérer cet objet usuel qui nous accompagne dans notre vie de façon tellement constante, quotidienne, parfois obsédante qu’on n’y prête plus attention : les chansons. Les chansons qui sont sacrées dans la plupart des civilisations et qui dans notre culture occidentales, sont devenues à la fois des marchandises (comme tout) mais des marchandises démonétisées de leur poids de sagesse et d’âme, des « variétés » consacrées à nous divertir au sens pascalien du terme au lieu de nous ramener vers le centre du cercle en nous permettant de mieux réussir cette chose impossible qui est de dire quelque chose de nous. Les chansons qui ont compté pour nous sont la bande originale de notre vie. Une machine à voyager dans le temps aussi, lorsque nous réécoutons une chansons que nous passions en boucle à une époque et que nous retrouvons l’ensemble des sensations correspondantes.

Les chansons parlent de façon privilégiée de résistance, de lutte, de liberté, elles sont la réponse des peuples à l’oppresseur qui brise les mains des guitaristes pour les faire taire. Composer des chansons à partir des récits de participants à un travail narratif, c’est épaissir la nouvelle histoire mais également donner l’occasion de l’interpréter ensemble sous une forme où l’émotion vient s’accorder au sens. Interroger les chansons qui émeuvent nos clients, le sens qu’ils leur donnent, la façon dont elles reflètent ce qui est important pour eux et dont elles les ont aidés à développer leurs espoirs et leurs résistances, c’est une porte ouverte vers la construction de la deuxième histoire car les chansons sont en prise directe avec ce qui résiste en nous, les écouter et les fredonner avec plaisir étaye cette résistance. Les chansons, variétés anodines, ont souvent échappé au travail d’obstruction et de censure des histoires dominantes. Petites berceuses ou grands opéras, elles sont partout autour de nous, il n’y a qu’à se baisser pour les ramasser et les remettre à leur place d’interprètes de l’âme des peuples musiciens et des anges électrocutés dont elles sont parfois l’unique voie de communication avec le monde.