
Lui, c’est Bobby Lapointe, chanteur un peu fêlé et parolier virtuose très connu dans les années 60 et un peu passé de mode.
Quelle ne fut pas ma surprise d’entendre ses refrains les plus connus (« Avanie et Framboise », « la maman du poisson », « Madame Mado m’a dit »…) dans la sono d’une baraque de sandwichs de Saint-Lary (Pyrénées). Je m’en étonnai. Le tout jeune homme qui tenait la boutique était ravi que j’aie reconnu. « Je connais toutes ses chansons par coeur, m’expliqua t-il. Les chansons de Bobby Lapointe, c’est toute mon enfance ; quand on allait de Paris à la Méditerrannée, mes parents les passaient en boucle tout le temps ». Et en disant ça, des larmes brillaient dans ses yeux.
Ceci m’a ramené à Adelaide et au séminaire « Power of song » enseigné par David Denborough. « Les chansons sont les bandes originales de nos vies », disait-il, en nous proposant l’exercice de faire notre récit de vie par les chansons plutôt que par les événements. Se souvenir des chansons clés qui ont marqué telle ou telle période de notre vie, retrouver ce qui nous a marqués dans ces chansons, et à quoi elles sont associées, et comment elles résonnent avec ce qui est important pour nous. Et nous obtenons une partition très intéressante avec les chansons en clé de sol sur le paysage de l’action et en clé de fa, le paysage de notre identité telle qu’elle a été imprimée et exprimée par ces chansons qui nous ont tant marqués, et que nous aussi ,nous écoutons les yeux dans le vague, sourire aux lèvres, ramenés physiquement à l’époque qu’elles ont codée. La musique est une machine à voyager dans le temps.
