Archive pour la catégorie ‘Carnets de route’

Christophe Dejours : « l’identité comme armature de la santé mentale »

Lundi 11 octobre 2010

Par Sandie Rimbert

Christophe Dejours (psychiatre, psychanalyste, à la tête de l’équipe de psycho-dynamique du travail et de l’action du CNAM) était invité par la Ligue des Droits de l’Homme de Gironde il y a quelques jours à Bordeaux II.

En dehors de quelques percées médiatiques, je ne connaissais rien des travaux de ce chercheur aujourd’hui régulièrement sollicité par les organisations dans le cadre de son approche sur la souffrance au travail.

Je retiens d’abord sa définition de l’identité comme « armature de la santé mentale», expression qui éclaire d’un jour nouveau le travail d’exploration du paysage de l’identité. Aider nos clients à se reconnecter à leurs rêves, leurs espoirs, leurs valeurs, permet aussi de ne pas devenir fou à force d’être à côté de soi.

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Madigan Beach

Samedi 11 septembre 2010

Stephen Madigan - Photo Christine Thubé

La Classe de Mer 2010 de la Fabrique Narrative s’est tenue les 6, 7 et 8 septembre à Arcachon, autour du thérapeute canadien Stephen Madigan. De l’avis général des participants, ces trois jours étaient un moment d’exception. Afin de prolonger les échanges très riches que nous avons eus autour du travail de Stephen, nous vous proposons de « reteller » ici votre expérience de cette master class autour des mots, expressions et images qui vous ont marqués.

En ce qui me concerne, comme je l’ai mentionné dans mon retelling de clôture, j’ai retenu les mot influence, accountability et congruency.
Influence parce que Stephen nous a fait entrer dans une dimension ou les clients et les histoires sont en relation et exercent en permanence une influence les uns sur les autres, ce qui modèle et remodèle en permanence les relations.
Accountability parce que nous avons été invités a changer de lunettes et a devenir plus conscients de ce que nous apportons de nos propres débats intérieurs dans notre relation avec les autres, et de la façon dont nous pouvons transformer ces contraintes en nouvelles occasions de nous relier a eux différemment.
Congruency parce que le travail avec les idées narratives n’implique pas seulement notre cerveau, notre habileté ou notre expérience, mais l’ensemble de notre façon de nous tenir debout dans la vie, et que c’est depuis cet endroit là que nous fabriquons des questions vraiment puissantes.
Par sa simplicité, sa disponibilité, son humour, la profondeur de ses réflexions, son amour de l’autre et de la narrative, Stephen Madigan nous a donné a voir de façon incarnée, pendant trois jours, le genre d’identité que la relation engagée avec ces trois mots peut produire. PBS

Des Bleus à l’âme

Mercredi 23 juin 2010

Le naufrage relationnel et collectif de l’équipe de France nous offre une double opportunité narrative.

D’une part, être confrontés en temps réel et en direct, avec une puissance planétaire, à un retelling de ce que les Bleus ont compris de notre société. Ce n’est pas très agréable et gageons que c’est pour cela que la condamnation a été aussi violente et unanime, avec une urgence à localiser le problème qui chez le coach, qui dans l’équipe avec une recherche frénétique de coupables qui nous évite de réfléchir à notre participation à ce système.

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Il est paru !

Vendredi 11 juin 2010

Le premier ouvrage de la collection Hermann-l’Entrepôt, première collection française exclusivement consacrée à l’approche narrative et animée par la Fabrique Narrative, vient de paraître. Pour l’acheter : voir ici. Ci-dessous la préface à l’édition française.

Le livre que vous tenez entre les mains est important à plusieurs titres. D’une part, c’est la meilleure première initiation possible à l’approche narrative. Développée en Australie et dans le monde entier depuis une trentaine d’années, cette approche connaît un développement considérable dans les champs de la psychothérapie, du coaching, de l’accompagnement du changement dans les organisations, du travail social, du soutien psychologique aux victimes de traumas, etc.

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Maps, relecture subjective

Samedi 8 mai 2010

par Catherine Mengelle
www.dclictonavenir.com

Cinq cartes et deux guides pour un voyage narratif qui réorganise avec simplicité toute l’expérience narrative de Catherine, et nous rappelle qu’une conversation narrative est une randonnée, avec cartes et boussoles (les deux « guides », intentions conversationnelles transversales mises en valeur de façon très élégante dans cet article).

Dans « Maps of narrative practise », Michael White avait fini par accepter de modéliser son travail d’accompagnement. Il savait en écrivant ce livre que ce n’était qu’une simple pause, le temps de cartographier les pratiques qu’il avait mises au point jusque là et d’expliquer les idées qui les avaient nourries. Il ne souhaitait pas que l’approche narrative devienne une approche figée et encore moins un dogme. Aujourd’hui, après sa disparition, des praticiens continuent à lui rendre hommage en faisant vivre et grandir l’esprit et les idées narratives dans le monde entier et en les enrichissant de nouvelles réflexions et de nouvelles cartes – par exemple pour collecter auprès des gens et selon des intentions très précises, la matière nécessaire à la création de documents narratifs collectifs (« Collective Narrative Practise », David Denborough, 2008).

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Errances collectives

Samedi 1 mai 2010

Revoilà “Errances Narratives”. Ce blog est désormais celui d’un collectif : l’ensemble des participants, anciens participants et enseignants de la Fabrique Narrative. Depuis son ouverture, le 4 avril 2009 à Bordeaux, notre centre consacrée au développement et à l’enseignement de l’approche narrative australienne en langue française a su fédérer autour de ses activités une communauté forte d’une soixantaine de membres : coachs, thérapeutes, psychologues, travailleurs sociaux, DRH, professionnels de la relation d’aide, enseignants français et australiens…

“Errances Narratives” sera désormais l’espace d’expression et d’échanges de cette communauté. Idées, récits de conversations, développements théoriques, partage de lectures, retours d’expériences : chacun pourra proposer ses compréhensions et les enrichir grâce à l’échange. Alors à vos claviers, pour continuer à “errer” tous ensemble dans cet espace partagé d’exploration et de respect.

L’équipe de la Fabrique Narrative

(Nous sommes désolés pour les petites erreurs de manips qui ont accompagné la remise en ligne, certains d’entre vous ont pu recevoir plusieurs e-mails de notification. Nous vous prions de nous en excuser si c’est le cas.)

Alice Springs

Mercredi 31 mars 2010
Special thanks to Christine Munday

Shalom Yalom

Mercredi 10 mars 2010

J’ai déjà parlé ici d’Irvin Yalom, grand thérapeute et écrivain américainA la page 16 de « la malédiction du chat hongrois » (Galade éditions), ces magnifiques lignes, d’une « narrativité » flamboyante :

« Nous sommes des créatures en quête de sens qui doivent s’accommoder de l’inconvénient d’être lancés dans un univers qui n’a intrinsèquement aucun sens… pour éviter le nihilisme, nous devons nous engager dans une double tâche. Premièrement, inventer ou découvrir un projet donnant sens à la vie et assez solide pour soutenir une vie. Deuxièmement, nous efforcer d’oublier notre acte d’invention et nous convaincre que nous n’avons pas inventé, mais découvert ce projet donnant sens à la vie, qu’il a une existence indépendante « au dehors ».

Pratiquer l’approche narrative, c’est rester conscient en permanence de notre acte d’invention perpétuel, de co-invention de notre vie avec les membres de notre club de vie. C’est honorer cet acte d’invention et ceux qui y participent comme nos ressources les plus précieuses. C’est restituer cet acte d’invention et son infinie créativité à ceux qui viennent nous consulter, désespérés de ne pas découvrir, malgré tous leurs efforts, ce fameux projet qui les attendrait « en dehors ».

Qu’est-ce qui apprend en nous ?

Jeudi 1 octobre 2009

slumdog-millionaire

Une histoire dominante, c’est comme un casier judiciaire, même lorsque vous avez le sentiment que les choses ont changé, un sentiment construit sur des centaines d’histoires alternatives, elle peut toujours vous rejoindre et dans l’esprit des gens, éclairer tout ce que vous faites d’une ombre différente, vous poussant insidieusement vers les griffes de ce que vous n’êtes plus mais dont l’image vient s’insérer bien opportunément dans le puzzle de l’identité des autres…

Ainsi Jamal Malik dans Slumdog Millionnaire est-il soupçonné d’avoir triche car un gamin des bidonvilles de Bombay ne peut pas devenir en l’espace d’une soirée et d’un jeu télévisé un millionnaire en répondant à toutes les questions et en déjouant toutes les chausses trappes, surtout quand manifestement, cet argent ne représente apparemment pour cet être en voyage dans le souvenir d’une enfance atroce qu’une motivation secondaire.

Car comme le dit le policier au cours de son interrogatoire, les avocats, les docteurs et les savants abandonnent à 20 000 roupies alors que lui qui n’a jamais étudié et sait à peine lire trouve toutes les réponses jusqu’à la question à 20 millions. Donc il ne peut que tricher, puisque les voies dominantes de la connaissance lui ont été interdites et que dans l’esprit des policiers, il n’en existe pas d’autres.

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« Maps » est paru

Samedi 18 juillet 2009

michaelIl ne faut pas bouder son plaisir. Malgré toute les difficultés et les conflits qui ont entaché sa traduction et sa publication en français, l ‘ouvrage testament de Michael White est un chef d’oeuvre.

Michael avait mis au point les cartes de l’approche narrative comme un outil d’enseignement, à partir de l’observation de sa propre pratique, qui était intuitive. Pour cela, il avait installé la métaphore d’une randonnée faite à deux, le client et le thérapeute, un voyage qui les mènerait hors du territoire occupé par le problème, vers l’exploration de nouveaux territoires, où il est « possible de connaître » autre chose que les pistes archi-rebattues du problème.

« Maps », traduit sous le titre de « cartes de la pratique narrative » et paru la semaine dernière chez l’éditeur bruxellois SATAS (en vente sur son site) propose un exposé clair, souvent émouvant, truffé d’exemples et de réflexions personnelles, de chacune de ces cartes. Mais sa principale valeur, à mon avis, n’est pas dans l’exposé d’une méthode.

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