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	<title>Errances Narratives, le blog de la Fabrique Narrative &#187; Carnets de route</title>
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	<description>Errances Narratives, le blog de la Fabrique Narrative</description>
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		<title>Des Bleus à l&#8217;âme</title>
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		<pubDate>Wed, 23 Jun 2010 12:05:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>L'équipe de la Fabrique</dc:creator>
				<category><![CDATA[Carnets de route]]></category>

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		<description><![CDATA[Le naufrage relationnel et collectif de l&#8217;équipe de France nous offre une double opportunité narrative.
D&#8217;une part, être confrontés en temps réel et en direct, avec une puissance planétaire, à un retelling de ce que les Bleus ont compris de notre société. Ce n&#8217;est pas très agréable et gageons que c&#8217;est pour cela que la condamnation [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le naufrage relationnel et collectif de l&#8217;équipe de France nous offre une double opportunité narrative.</strong></p>
<p>D&#8217;une part, être confrontés en temps réel et en direct, avec une puissance planétaire, à un retelling de ce que les Bleus ont compris de notre société. Ce n&#8217;est pas très agréable et gageons que c&#8217;est pour cela que la condamnation a été aussi violente et unanime, avec une urgence à localiser le problème qui chez le coach, qui dans l&#8217;équipe avec une recherche frénétique de coupables qui nous évite de réfléchir à notre participation à ce système.</p>
<p><span id="more-1347"></span></p>
<p>Car lorsqu&#8217;on explore le contexte élargi, on se rend compte que la perfusion de pognon à laquelle ces jeunes gens sont brutalement exposés, leur statut d&#8217;icônes récupéré par ces mêmes marques commerciales qui les lâchent aujourd&#8217;hui, le fait de piétiner le fait collectif en se mettant en grève au nom d&#8217;intérêts particuliers, la grossièreté et la violence (exprimés naguère au plus haut somment de l&#8217;état par un &laquo;&nbsp;casse toi, pauv&#8217;con !&nbsp;&raquo; qui n&#8217;a pas valu la &laquo;&nbsp;une&nbsp;&raquo; de l&#8217;Equipe, la négation de l&#8217;autorité et le refus obstiné de la moindre contrainte ou de la moindre frustration, la toute-puissance du spectacle et la dilution de la conscience d&#8217;appartenir à un tout : ce ne sont pas des thèmes footbalistiques, mais les thèmes qui sous-tendent la désagrégation de notre tissu social et des valeurs qui ont servi de socle à notre contrat social depuis la fin de la guerre.</p>
<p><strong>Et ceci nous confronte aussi avec une question de remembrement : qu&#8217;est-ce que cela signifie aujourd&#8217;hui de faire partie d&#8217;un groupe nation ?</strong> Comment cela se voit ou se décide t-il ? Quelles sont les règles d&#8217;inclusion et d&#8217;exclusion ? Quels sont les droits et les devoirs exprimés par cette appartenance, quel est son sens ? A travers les débats conjoints du comportement de l&#8217;Equipe de France au cours de la Coupe du Monde, de la réforme des retraites et de la fragilité des Etats face aux marchés financiers, c&#8217;est la même question qui est posée et la même recherche qui essaie d&#8217;émerger : celle d&#8217;un nouveau récit qui puisse documenter notre appartenance à un pays, et notre relation à cette appartenance.</p>
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		<title>Il est paru !</title>
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		<pubDate>Fri, 11 Jun 2010 07:01:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Blanc-Sahnoun</dc:creator>
				<category><![CDATA[Carnets de route]]></category>

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		<description><![CDATA[
Le premier ouvrage de la collection Hermann-l&#8217;Entrepôt, première collection française exclusivement consacrée à l&#8217;approche narrative et animée par la Fabrique Narrative, vient de paraître. Pour l&#8217;acheter : voir ici. Ci-dessous la préface à l&#8217;édition française. 
Le livre que vous tenez entre les mains est important à plusieurs titres. D&#8217;une part, c&#8217;est la meilleure première initiation [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.cooprh.com/pratiques-narratives/wp-content/Approche-narrative_COUV-OK1_3.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-1335" title="Approche narrative_COUV-OK[1]_3" src="http://www.cooprh.com/pratiques-narratives/wp-content/Approche-narrative_COUV-OK1_3-195x300.jpg" alt="" width="195" height="300" /></a></p>
<p><strong>Le premier ouvrage de la collection Hermann-l&#8217;Entrepôt, première collection française exclusivement consacrée à l&#8217;approche narrative et animée par la Fabrique Narrative, vient de paraître. Pour l&#8217;acheter : voir </strong><a href="http://www.editions-hermann.fr/ficheproduit.php?lang=fr&amp;menu=10&amp;ref=Hermann+%2F+L%27Entrep%F4t+Qu%27est-ce+que+l%27approche+narrative+%3F+&amp;prodid=852" target="_blank"><strong>ici</strong></a><strong>. Ci-dessous la préface à l&#8217;édition française. </strong></p>
<p>Le livre que vous tenez entre les mains est important à plusieurs titres. D&#8217;une part, c&#8217;est la meilleure première initiation possible à l&#8217;approche narrative. Développée en Australie et dans le monde entier depuis une trentaine d&#8217;années, cette approche connaît un développement considérable dans les champs de la psychothérapie, du coaching, de l&#8217;accompagnement du changement dans les organisations, du travail social, du soutien psychologique aux victimes de traumas, etc.</p>
<p><span id="more-1334"></span></p>
<p>On trouve des praticiens narratifs à l&#8217;oeuvre dans les camps de réfugiés en Palestine, dans les foyers de travailleurs en Afrique du Sud, aux côtés des communautés Aborigènes en difficulté en Australie, dans les prisons en Irlande, dans les centres de thérapie spécialisés dans les troubles alimentaires, dans les entreprises et les organisations en France : les domaines d&#8217;application de cette approche sont pratiquement illimités.</p>
<p>Dans notre pays, l&#8217;approche narrative a commencé à se développer assez tardivement ; le premier séminaire de Michael White, l&#8217;un de ses fondateurs, date de 2004 seulement. Ceci vient probablement en partie du fait que la totalité du matériel théorique et pédagogique disponible est en anglais. Cela vient peut-être aussi de la tradition thérapeutique et clinique française, fortement imprégnée de psychanalyse, qui opère une distinction importante, fondée sur un appareil taxinomique relativement rigide, entre les pratiques qui s&#8217;adressent aux individus et celles qui opèrent auprès des groupes et des communautés ; entre l&#8217;accompagnement clinique et le travail dans les organisations ; entre la thérapie, le coaching, et le développement personnel.</p>
<p>Nous voyons aujourd&#8217;hui émerger dans notre pays une première génération de praticiens, formés par Michael White et ses collaborateurs, dont certains ont fait le voyage pour compléter leur formation en Australie, qui commencent à obtenir des résultats prometteurs en appliquant la démarche narrative à toute une variété de domaines de la relation d&#8217;aide dans lesquels ils exercent . Ces praticiens en forment de nouveaux et font connaître les idées narratives dans leurs champs respectifs, notamment en diffusant les recherches très actives qui ont lieu et sont relayées dans le monde entier.</p>
<p>Les moyens de cette diffusion sont multiples et n&#8217;ont d&#8217;autre limite que l&#8217;imagination et la créativité des uns et des autres. En ce qui nous concerne, notre contribution à ce développement passe par la mise à disposition, pour le plus grand nombre de professionnels de la relation d&#8217;accompagnement, des savoirs, compétences et expériences développés par Michael White, David Epston, et tous ceux qui oeuvrent dans le monde entier et sous des formes très diverses au développement d&#8217;une pensée et d&#8217;une praxis narratives. C&#8217;est pourquoi après avoir ouvert à Bordeaux la Fabrique Narrative, un centre de formation et de perfectionnement, nous nous sommes associés à Hermann, éditeur passionné par les nouveaux développements dans les domaines des sciences humaines, pour publier des traductions d&#8217;ouvrages australiens de référence dont les praticiens français ont besoin pour appuyer leur progression ou tout simplement permettant au plus large public, spécialiste ou non, de découvrir et de comprendre les idées narratives et l&#8217;espoir qu&#8217;elles représentent.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Une brève introduction à l&#8217;approche narrative&nbsp;&raquo; nous a semblé le meilleur choix pour commencer. Cet ouvrage court, dense et vivant, écrit par Alice Morgan qui a été une très proche collaboratrice de Michael White, constitue la meilleure porte d&#8217;entrée possible vers les pratiques narratives. Je voudrais remercier ici Catherine Mengelle, qui en a donné une traduction particulièrement fidèle, respectant la vivacité et la spontanéité du style de l&#8217;auteur. Etant elle aussi praticienne et coach narrative, Catherine a su emboîter le pas à Alice pour retraduire simplement des concepts parfois complexes, consciente de forger de façon pionnière un vocabulaire de référence et toujours respectueuse de l&#8217;intention de l&#8217;auteur.</p>
<p>Je voudrais également remercier Christine Thubé, fondatrice et directrice de la Fabrique Narrative, pour sa relecture attentive et fouillée de ce texte. Enfin, impossible de terminer cette préface sans saluer l&#8217;incroyable soutien de Cheryl White et David Denborough, co-directeurs du Dulwich Center of Narrative Practice d&#8217;Adelaide (Australie), qui ont toujours été à nos côtés, prodiguant sans compter conseils et encouragements. Ils font partie de ces personnes bienfaisantes qui ont forgé les pratiques narratives et les font rayonner dans une communauté en développement constant fondée sur le respect et la bienveillance.</p>
<p>Alice Morgan, l&#8217;auteur de ce livre, a accepté elle aussi de nous faire confiance et de nous confier la traduction et la publication en français de son ouvrage, sachant qu&#8217;il était le premier de cette collection et que nous sommes plus une petite bande de passionnés qui veulent partager ce qui donne un sens à leur métier que des gens de marketing éditorial ou des vendeurs de formation. Il me reste à vous souhaiter une belle découverte, un beau voyage dans ces idées qui ont déjà changé la vision du monde de nombreux professionnels et de milliers de personnes qui ont pu devenir &laquo;&nbsp;auteurs de leur vie&nbsp;&raquo; grâce à elles. Puisse ce livre être pour vous le premier pas qui conduit de l&#8217;omniprésence des savoirs dominants à la singularité des histoires préférées.</p>
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		<title>Maps, relecture subjective</title>
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		<pubDate>Sat, 08 May 2010 06:38:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>L'équipe de la Fabrique</dc:creator>
				<category><![CDATA[Carnets de route]]></category>

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		<description><![CDATA[par Catherine Mengelle
www.dclictonavenir.com
 Cinq cartes et deux guides pour un voyage narratif qui réorganise avec simplicité toute l&#8217;expérience narrative de Catherine, et nous rappelle qu&#8217;une conversation narrative est une randonnée, avec cartes et boussoles (les deux &#171;&#160;guides&#160;&#187;, intentions conversationnelles transversales mises en valeur de façon très élégante dans cet article).
Dans « Maps of narrative practise [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>par Catherine Mengelle<br />
</strong><a href="www.dclictonavenir.com" target="_blank">www.dclictonavenir.com</a></em></p>
<p><strong> Cinq cartes et deux guides pour un voyage narratif qui réorganise avec simplicité toute l&#8217;expérience narrative de Catherine, et nous rappelle qu&#8217;une conversation narrative est une randonnée, avec cartes et boussoles (les deux &laquo;&nbsp;guides&nbsp;&raquo;, intentions conversationnelles transversales mises en valeur de façon très élégante dans cet article).</strong></p>
<p>Dans « Maps of narrative practise », Michael White avait fini par accepter de modéliser son travail d’accompagnement. Il savait en écrivant ce livre que ce n’était qu’une simple pause, le temps de cartographier les pratiques qu’il avait mises au point jusque là et d’expliquer les idées qui les avaient nourries. Il ne souhaitait pas que l’approche narrative devienne une approche figée et encore moins un dogme. Aujourd’hui, après sa disparition, des praticiens continuent à lui rendre hommage en faisant vivre et grandir l’esprit et les idées narratives dans le monde entier et en les enrichissant de nouvelles réflexions et de nouvelles cartes – par exemple pour collecter auprès des gens et selon des intentions très précises, la matière nécessaire à la création de documents narratifs collectifs (« Collective Narrative Practise », David Denborough, 2008).</p>
<p><span id="more-1271"></span> Pour ma part, j’avais envie de revenir aux sources et de replonger dans le livre, « Maps of narrative practise », qui m’avait initiée à cette approche peu avant le décès de Michael White. J’en propose une relecture en cinq cartes opérationnelles et au moins deux principes qui les guident.</p>
<p><strong>Cinq cartes aujourd’hui encore au cœur du travail narratif</strong></p>
<p>Au centre du territoire narratif, est située :<br />
•    la carte des conversations pour redevenir auteur (re-authoring),<br />
qui permet à la personne de reprendre le récit de sa vie à son compte en développant une histoire alternative préférée. Quatre autres cartes peuvent être placées, en périphérie, au service de cette carte majeure, et peuvent être utilisées à tout moment des conversations selon le besoin du praticien pour :<br />
-    faciliter l’émergence d’une histoire alternative en permettant à la personne d’affirmer ses préférences :<br />
•    la carte de déclaration de position 1 qui explore les effets d’un problème en particulier (Statement of position 1)<br />
•    la carte de déclaration de position 2 qui explore les effets d’une exception (unique outcome) en particulier (Statement of position 2)<br />
-    épaissir une histoire alternative en recrutant un public de supporters autour d’elle :<br />
•    la carte de re-membrement du « club de vie » (re-membering)<br />
•    la carte des re-narrations des témoins extérieurs lors des cérémonies définitionnelles (outsider-witness retellings &#8211; definitional ceremonies)<br />
Le praticien utilise tour à tour ces cartes au gré des territoires qu’il choisit d’explorer avec la personne venue le consulter et n’hésite pas à les reprendre chaque fois que le voyage l’y incite, quand par exemple un nouveau problème pointe son nez, qu’une recrue potentielle frappe à la porte du club de vie ou qu’une exception inattendue se manifeste. Je ne reviendrai pas sur ces cinq cartes, les ayant déjà décrites en détail dans la fiche de lecture que j’ai rédigée sur Maps.<br />
Ce qui m’intéressait, c’était de dissocier de ces cartes directement « productives » deux principes conversationnels généraux qui relèvent plus, à mon avis, de l’attitude, de la posture, de l’état d’esprit, de l’intention du praticien narratif que de cartes opérationnelles de conversations à proprement parler : il s’agit des conversations externalisantes (externalizing) et des conversations échafaudantes (scaffolding).</p>
<p><strong>Deux guides au service des cartes narratives</strong></p>
<p>Il me semble que les conversations « externalisantes » et les conversations « échafaudantes » occupent une fonction transversale, en colorant les cartes « productives » ci-dessus et contribuant de façon absolue à leur tonalité narrative. Les unes (conversations externalisantes) seraient le vocabulaire, les autres (conversations échafaudantes), la grammaire de la langue narrative, le langage et la structure, la mélodie et l’harmonie de la musique narrative.</p>
<p><strong> Les conversations externalisantes</strong></p>
<p>Une conversation externalisante se caractérise par une façon de s’exprimer très particulière qui lui donne un ton assez étrange, mais qui répond à une intention très précise de la part du praticien. On le sait, le problème est le problème, le problème n’est pas la personne. Il convient donc de réellement différencier dans les conversations les problèmes et les personnes. Ce qui donne des choses de l’ordre de : « Quels sont les effets du Perfectionnisme dans ta vie ? Quand est-ce que le Perfectionnisme est apparu pour la première fois ? » Externaliser conduit souvent à donner un nom à la « chose » externalisée, mais pas forcément. Une petite fille avait appelé le problème qui l’empêchait de vivre tranquillement « Idiot-bête ». Lorsque, grâce aux questions posées par le praticien dans cette langue étrange, le problème finit par exister par lui-même, il devient possible à la personne de l’affronter (les problèmes n’aiment pas être démasqués !), de penser une relation entre lui et elle et donc de négocier une forme de relation préférée. Le problème n’est pas la personne mais le problème n’est pas non plus le problème à vrai dire, le problème se situe dans la relation inadéquate entre le problème et la personne. Toutes les conversations narratives sont externalisantes. On peut aussi externaliser et nommer le thème d’une histoire alternative, « Joie de vivre » par exemple. C’est une manière de s’exprimer, et comme toutes les langues, un véritable mode de pensée intentionnel.<br />
Voici d’autres exemples de questions externalisantes : « Est-ce que tu dirais que ce qui t’es arrivé hier est plus proche de Silence et Solitude ou de Joie de Vivre ? Comment s’y prend Joie de Vivre pour te contacter ? Qu’est-ce qui a permis à Silence et Solitude d’envahir ta maison ? Idiot-bête intervient-il seul ou a-t-il des alliés ? etc. »</p>
<p>En fait, les conversations externalisantes respectent la relation qui existe entre la personne et ses histoires et lui permettent de décider le degré et la qualité de relation souhaités. Cela participe fortement à son sentiment d’initiative personnelle (personal agency).</p>
<p><strong> Les conversations échafaudantes</strong></p>
<p>Elles constituent aussi un guide général. Toutes les cartes de « Maps of narrative practise » sont construites sur ce modèle et c’est ce qui fait leur force. L’échafaudage fourni par le praticien permet à la personne de traverser des zones inconnues, de franchir des obstacles, de prendre les risques nécessaires avec un maximum de sécurité et de quitter les lieux rassurants du connu et du familier pour avancer progressivement vers un nouveau territoire des possibles. Somme toute, l’humanité génère peu d’explorateurs : l’inconnu inquiète et nous nous y aventurons d’autant plus volontiers qu’un guide nous y accompagne. La notion de progressivité est très importante : l’échafaudage est là pour soutenir mais aussi pour permettre de passer des fossés ou des cols autrement infranchissables. Grâce à l’échafaudage, la personne prend peu à peu confiance. Bientôt elle pourra continuer à s’aventurer sur les chemins de la vie par elle-même. Il appartient au praticien d’adapter et de déplacer cet échafaudage au gré des routes choisies par la personne. Il pourra parfois se contenter d’une structure légère, d’autres fois avoir besoin d’une structure plus imposante. Il faudra parfois traverser des rivières, d’autres fois longer des précipices, franchir des gorges, des marais inondés, passer des cols de montagne. Peu importe la forme tant qu’il permet de s’éloigner pas à pas du connu et familier bloquant pour passer dans des mondes où il devient possible d’agir. Il aide la personne à avancer mais aussi à revenir sur ses pas, à repartir sur de nouvelles routes. Un peu comme un alpiniste qui doit parfois accepter de redescendre pour finalement privilégier une autre voie ou bien pour consolider ses ancrages dans la paroi avant de s’aventurer plus haut.</p>
<p>Là aussi, toutes les conversations narratives, quelle que soit la carte utilisée, cherchent à être échafaudantes, toutes partent du connu et du familier, aident la personne à traverser une zone inconnue (la « zone de développement proximal » de Vygotsky), pour accéder à un nouveau domaine de possibles.</p>
<p>Cette relecture de Maps en cinq cartes (plutôt opérationnelles) et deux guides (fonction plutôt transversale) correspond évidemment à une compréhension et une re-narration toutes personnelles et je serais ravie de savoir si certains d’entre vous ont des idées complémentaires ou des points de vue et des éclairages différents.</p>
<p><strong>Note : Cet article m’a été inspiré par les échanges du dernier atelier de la Fabrique Narrative (à Bordeaux) auquel j’ai participé. Pour nous tous, compagnons de route, « artisans-chercheurs », ces ateliers constituent une façon locale, au plus proche de nos expériences narratives, de faire évoluer notre pratique et la compréhension que nous en avons.</strong></p>
<p><em>Références :<br />
•    « Maps of narrative practise », Michael White, 2007, traduction française « Cartes des pratiques narratives », Médiat-Coaching, 2009<br />
•    Fiche de lecture « Maps of narrative practise » rédigée à partir de la version originale de l’ouvrage de Michael White, Catherine Mengelle, mars 2008 révisée novembre 2009<br />
•    « What is narrative therapy ? An easy-to-read introduction », Alice Morgan, 2000,<br />
traduction française La Fabrique Narrative : « Qu’est-ce que l’approche narrative ? Une brève introduction pour tous », 2010<br />
</em></p>
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		<title>Errances collectives</title>
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		<pubDate>Sat, 01 May 2010 08:48:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>L'équipe de la Fabrique</dc:creator>
				<category><![CDATA[Carnets de route]]></category>

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		<description><![CDATA[Revoilà “Errances Narratives”. Ce blog est désormais celui d’un collectif : l’ensemble des participants, anciens participants et enseignants de la Fabrique Narrative. Depuis son ouverture, le 4 avril 2009 à Bordeaux, notre centre consacrée au développement et à l’enseignement de l’approche narrative australienne en langue française a su fédérer autour de ses activités une communauté [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Revoilà “Errances Narratives”. </strong>Ce blog est désormais celui d’un collectif : l’ensemble des participants, anciens participants et enseignants de la Fabrique Narrative. Depuis son ouverture, le 4 avril 2009 à Bordeaux, notre centre consacrée au développement et à l’enseignement de l’approche narrative australienne en langue française a su fédérer autour de ses activités une communauté forte d’une soixantaine de membres : coachs, thérapeutes, psychologues, travailleurs sociaux, DRH, professionnels de la relation d’aide, enseignants français et australiens…</p>
<p><strong>“Erran</strong><strong>ces Narratives” sera désormais l’espace d’expression et d’échanges de cette communauté.</strong> Idées, récits de conversations, développements théoriques, partage de lectures, retours d’expériences : chacun pourra proposer ses compréhensions et les enrichir grâce à l’échange. Alors à vos claviers, pour continuer à “errer” tous ensemble dans cet espace partagé d&#8217;exploration et de respect.</p>
<h4>L&#8217;équipe de la Fabrique Narrative</h4>
<h6>(Nous sommes désolés pour les petites erreurs de manips qui ont accompagné la remise en ligne, certains d&#8217;entre vous ont pu recevoir plusieurs e-mails de notification. Nous vous prions de nous en excuser si c&#8217;est le cas.)</h6>
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