Archive pour novembre 2009

Une histoire française

Samedi 21 novembre 2009
Dessin de Deligne

Dessin de Deligne

L’un de mes clients, en recherche d’emploi depuis un certain temps, se voit souvent poser la question : « pourquoi avez vous accepté tel job qui était bien au dessous de votre niveau professionnel ?  »

Et à cette question là, il est politiquement incorrect de répondre : « parce que j’avais besoin de bosser et de gagner ma croûte, et que c’était ma seule option à ce moment là ». Comme si ces mots et cette intention étaient déshonorants. Comme s’il existait une histoire où tout cadre se devait de voler de succès en succès, et voir une ascension de carrière irrésistible, gérer prudemment sa carrière, mais tout en prenant des risques, et ne jamais prendre de gamelle.

Je trouve qu’il y a là un discours à déconstruire, qui introduit dans le processus de recrutement à la fois une histoire de performance, de succès et de croissance permanents déclinés de façon métonymique et même homothétique de leurs homologues dans les espoirs et les rêves de conquête continue des entreprises, et d’autre part, peut-être, une sorte de trace résiduelle l’hypocrite jalousie bourgeoise vis à vis de ceux qui prennent des risques, et que l’on retrouve dans la sagesse populaire : « pierre qui roule n’amasse pas mousse ». Toujours est-il que le droit à l’échec est très peu accordé dans les faits, quant au droit à plusieurs échecs, n’en parlons même pas ! (le mythe du loser)…

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Petit « cadeau » du pouvoir moderne

Mercredi 11 novembre 2009

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Pour ce 11 novembre, une belle publicité qui décourage explicitement les gens à travailler sur eux-mêmes et à chercher du sens pour s’anesthésier en consommant les produits à la mode.

Dans le genre activités de la culture dominante, je pense que cela se passe de commentaires. A propos de commentaires, ne ratez pas les échanges passionnants du précédent post sur Marlo Morgan, notamment les deux commentaires de Stéphane Kovacs et les références précieuses qu’il donne pour tous ceux qui sont intéressés par la véritable culture Aborigène.

Bien sûr, cette petite pub fonctionne un peu en miroir avec Marlo Morgan, reader’s digest plus ou moins apocryphe d’une cosmogonie d’accès difficile, mais ici, le miroir est tellement déformant qu’on peut le garder sans cesse à l’esprit pour éclairer les choix que nous effectuons et protégeons en tant qu’auteurs de notre vie.

Moi, mutant

Samedi 7 novembre 2009
Marlo Morgan a peut-être inventé toute l'histoire (voir les commentaires)... à méditer pour un prochain post et pour continuer le débat !

Marlo Morgan a peut-être inventé toute l'histoire et elle a été vilipendée par les Aborigènes eux-mêmes (voir les commentaires)... à méditer pour un prochain post et pour continuer le débat !

Il y a deux rencontres rares qui m’ont scotché cette semaine : celle avec un grand livre de sagesse Aborigène et un moment de grâce passé avec Daria Kutuzova, l’étoile montante de la Narrative russe, en visite à Bordeaux pour les élèves de la Fabrique Narrative.

Je ne sais pas laquelle des deux est la plus extraordinaire quoique je sente bien qu’à un certain niveau, ces deux choses soient probablement liées, mais je vais parler de « Message des hommes vrais au monde mutant », de Marlo Morgan (Ed. J’ai Lu) que m’a fait lire (merci !) Michèle Gauthier et qui a été ma plus grosse claque littéraire depuis « l’espèce fabulatrice ».

Ce livre raconte l’odyssée de Marlo Morgan, femme médecin américaine travaillant sur des programmes sociaux en Australie, aux côtés d’une communauté Aborigène qui se désigne par le nom d’ »hommes vrais », partageant leur vie pendant plusieurs mois d’errance dans le désert intérieur australien. Un voyage intérieur, spirituel et anthropologique qui lui permettra d’être initiée aux façons de vivre, de penser le monde, de soigner, de jouer, d’aimer, de mourir… de ces héritiers de 40000 ans de compétence humaine à vivre.

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Karoshi

Dimanche 1 novembre 2009

karoshi

Certains jours, un épuisement total s’empare de nous et nous donne l’impression que nous n’avons plus aucun  pouvoir sur notre vie.

Ces épisodes de vide nous donnent l’occasion de relire le merveilleux livre de Reine-Marie Halbout, « savoir être coach » (Eyrolles), nourri des conférences qu’elle donne depuis des années sur l’hygiène de vie du coach et de réfléchir à ce que ce sentiment d’impuissance nous dit de notre relation avec la toute-puissance.

Et de se délecter de cette phrase de Marie-Louise von Frantz qu’elle cite à ce propos et qui notait que les thérapeutes (mais aussi bien, ajoute Reine-Marie, les coachs) affublés du complexe de puissance « se font le plus souvent malmener par des clients assoiffés de puissance autant qu’eux ou bien ils se retrouvent à la tête d’un exaspérant jardin d’enfants qui les importunera d’intarissables exigences. »