Archive pour juillet 2009

The reader (part 2)

Mercredi 29 juillet 2009

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Une conversation sur ce film avec Rob et Alison Hall m’a permis de constater le point auquel je suis prisonnier d’un ensemble de schémas mentaux et culturels concernant la masculinité.

Ceci m’apporte trois réflexions qui font une passerelle entre ma propre histoire et celle racontée par le film (mon histoire de thérapeute / coach, j’entends, car sinon ça nous emmènerait vraiment très loin !)

Le poser de caméra : traduire la position du narrateur dans le futur ne peut se faire au cinéma que par une alternance de flashbacks et de retours au présent (posé par convention comme le futur des flashbacks et le moment où s’ancre le début du film donc la convention pour le présent posée entre le réalisateur et le spectateur). Mais lorsqu’on est dans les flashbacks, on est obligé de dérouler le présent du flashback au fur et à mesure. Dans le livre, c’est beaucoup plus intéressant parce que le récit du passé est assumé comme étant raconté par un narrateur qui écrit depuis le futur des événements (son présent à lui) et qui relie les événements qu’il raconte au paysage de son identité éclairé et modifié par ces expériences, expériences dont il dit en même temps qu’il les raconte comment elles ont éclairé et modifié son identité. L’un de mes plus anciens clients dirigeants d’entreprise, Philippe, me dit que mes posts deviennent de plus en plus abscons avec le temps. Ce paragraphe ne va pas améliorer mon matricule. Lire le reste de cet article »

The reader (part 1)

Mardi 28 juillet 2009

the-reader-winslet-krossUn film, un livre : deux narrations différentes qui posent la question du texte virtuel et de la position du lecteur.

Le film est bouleversant, en grande partie grâce à l’interprétation de Kate Winslett. Mais qu’est-ce qui peut bien me motiver à lire le livre immédiatement après l’avoir vu ? Si l’on en croit Jerome Bruner dans « Actual minds, possible worlds » (Harvard University Press), un livre ne vaut pas par le texte qui le constitue mais par le texte virtuel que le lecteur y substitue, texte virtuel né de sa capacité à « combler les trous » de la narration avec ses propres références narratives.

Je me permets de traduire un long extrait de son propos que je trouve lumineux (p. 36-37) : « lorsque les lecteurs lisent, lorsqu’ils commencent à produire leur propre texte virtuel, c’est comme s’ils s’embarquaient pour un voyage sans carte, et pourtant, ils possèdent un stock de cartes et par ailleurs, ils savent des tas de choses sur les voyages et sur les cartes. Leurs premières impressions des nouveaux territoires qu’ils découvrent sont forgées par les voyages qu’ils ont déjà effectués. Au fil du temps, le nouveau voyage acquiert sa propre réalité, bien que l’essentiel de sa forme initiale ait été empruntée au passé (du lecteur). Lire le reste de cet article »

« Maps » est paru

Samedi 18 juillet 2009

michaelIl ne faut pas bouder son plaisir. Malgré toute les difficultés et les conflits qui ont entaché sa traduction et sa publication en français, l ‘ouvrage testament de Michael White est un chef d’oeuvre.

Michael avait mis au point les cartes de l’approche narrative comme un outil d’enseignement, à partir de l’observation de sa propre pratique, qui était intuitive. Pour cela, il avait installé la métaphore d’une randonnée faite à deux, le client et le thérapeute, un voyage qui les mènerait hors du territoire occupé par le problème, vers l’exploration de nouveaux territoires, où il est « possible de connaître » autre chose que les pistes archi-rebattues du problème.

« Maps », traduit sous le titre de « cartes de la pratique narrative » et paru la semaine dernière chez l’éditeur bruxellois SATAS (en vente sur son site) propose un exposé clair, souvent émouvant, truffé d’exemples et de réflexions personnelles, de chacune de ces cartes. Mais sa principale valeur, à mon avis, n’est pas dans l’exposé d’une méthode.

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You Never Know When it Ends
But You Know Where …

Vendredi 10 juillet 2009
Supervision narrative new style. Deuxième à partir de la droite, on reconaîtra Elizabeth.

New style narrative supervision. You will recognize Elizabeth, second from the right.

The first European Conference of Narrative Therapy ever ends today, and if there is something in my suitcase that really proved to be useless, it was my bathing suit.

But can one say that a conference has really ended just because we arbitrarily choose to reduce it to a few days of get-togethers? For me, the Narrative Conference in Adelaide never ended. We had the opportunity to regularly correspond with colleagues throughout the world who are intelligent, humble and enthusiastic. We were also able to learn new concepts that have influenced, and continue to influence, my daily work. We were offered the opportunity to be supervised by a very prominent Australian therapist. Conferences are occasions to stretch our identity by starting a whole series of new stories with new people and by strengthening the ties we have with people we have already met. Conferences continue to live on after all the bright lights have dimmed.
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On ne sait jamais quand ça finit
mais par contre on sait où.

Vendredi 10 juillet 2009

Supervision narrative new style. Deuxième à partir de la droite, on reconaîtra Elizabeth.

Supervision narrative new style. Deuxième à partir de la droite, on reconnaîtra Elizabeth.

La première Conférence Narrative Européenne de l’histoire se termine aujourd’hui et s’il y avait vraiment un truc dans mes bagages qui ne m’a servi à rien, c’est bien mon maillot de bain.

Mais peut-on dire qu’une conférence est terminée autrement par le choix arbitraire que nous faisons de la réduire aux quelques jours de rassemblement ? Pour moi, la Conférence Narrative d’Adelaide ne s’est jamais terminée, il y a eu la chance de correspondre régulièrement avec des collègues du monde entier intelligents, humbles et enthousiastes, il y a eu la rencontre avec quelques concepts nouveaux qui ont influencé et qui influencent tous les jours mon travail. Il y a eu la possibilité d’être supervisé par un très grand thérapeute australien. Les conférences sont des occasions de déployer son identité en démarrant tout un tas de nouvelles histoires avec de nouvelles personnes, et en épaississant les liens avec ceux que l’on connaissait déjà. Les conférences continuent à vivre longtemps après que les lampions de la fête se soient éteints.

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Therapy Conference is Therapy !

Jeudi 9 juillet 2009

p1000507Apart from the times I was driving my car with the steering wheel on the wrong side, an activity that takes 100% of my “bandwidth”, I realized that a conference on therapy involves first and foremost working on one’s self.

One thing I understood and that is important to me is that violence is not just the prerogative of men who hit their wives or children. This perspective lets you to stand back and say that you’re rather « cool ». But the narrative definition, which consists in saying that violence means making another person similar through force instead of respecting and stimulating the person’s difference, suggests that I also have to look inwards.
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Therapy conference is therapy !

Jeudi 9 juillet 2009

p1000507A part dans les moments où je conduis la voiture avec le volant du mauvais côté, activité qui occupe 100 % de ma bande passante, je trouve qu’une conférence sur la thérapie, c’est avant tout du travail sur soi.

Une chose que j’ai comprise et qui a de l’importance pour moi, c’est que la violence n’est pas uniquement l’apanage des hommes qui cognent leur femme ou leur enfants. Cette histoire permet de se tenir à distance et de se dire qu’on est un homme cool. Mais la définition narrative qui consiste à dire que la violence consiste à rendre l’autre ressemblant par la force au lieu de respecter et de stimuler sa dissemblance me suggère que j’ai moi aussi à balayer devant ma porte.

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Putting Shame to Good Use

Mercredi 8 juillet 2009

minst_re_de_la_honte_mOne of the very interesting topics discussed on the second day of Rob, Shona and Maggie’s workshop was the narrative use of shame.

Leaving the problem’s “territory” to create new landscapes, celebrating differences instead of controlling and molesting others to make them similar: this is the objective of the journey of men who use violence, an essential stage of which consists in becoming able to “walk in someone else’s shoes” in order to develop a plural understanding of life fed by multiple narratives.

Experiencing shame plays an important role in therapy with men who use violence. Shame offers a starting point for conversations on the absent-but-implicit of shame: “What kind of man do you want to be and does this shame refer you to?” This is a kind of door that can be opened, leading to the idea that being responsible does not mean accepting “guilt” or falling into repentance, but rather remaining in contact with an ethical feeling (A. Jenkins), with the impact of our life choices and practices on the lives of those around us, and with our identity project (who we want to be).

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Du bon usage de la honte

Mercredi 8 juillet 2009

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L’un des thèmes très intéressants développés dans la 2ème journée d’atelier de Rob , Shona et Maggie était sur l’utilisation narrative de la honte.

Quitter le territoire du problème pour créer de nouveaux paysages, célébrer la différence au lieu de contrôler et molester l’autre pour le rendre semblable. Tel est le but du voyage de l’homme qui utilise la violence, dont une étape essentielle consiste à devenir capable de se mettre dans les chaussures de l’autre afin de développer une compréhension plurielle de la vie, nourrie par des récits multiples

L’expérience de la honte joue un rôle important dans l’accompagnement des hommes qui utilisent la violence. La honte offre un point d’entrée pour des conversations sur l’absent-mais-implicite de la honte : « quel type d’homme as tu envie d’être et auquel cette honte te renvoie ? » Il y a là une porte qui peut s’ouvrir vers l’idée qu’être responsable n’est ni se reconnaître « coupable », ni se vautrer dans le repentir, mais plutôt rester en contact avec le sentiment d’éthique (A. Jenkins), avec les effets de nos choix et de nos pratiques sur la vie de ceux qui nous entourent, et avec notre projet identitaire (qui nous voulons être).

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Men and violence

Mardi 7 juillet 2009

p10005102Working on men’s violence against women and children means looking at violence since the beginning of times in all human communities.

It means asking how “dangerous stories”, a product of culture, society and identity, manage to recruit new accomplices among young boys, and supporting them in freeing themselves from the shackles of violence. These questions on violence were one of Michael White’s major preoccupations at the end of his life, which he widely shared and developed with the three workshop leaders (in order on the photo: Shona Russell, who is very familiar to us in France, Maggie Carey and Rob Hall), who were very close, long-standing friends and co-workers.

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