Archive pour mai 2009

Cérémonie définitionnelle : la leçon des Segpa

Mercredi 20 mai 2009
Mon portrait par Tayeb, un élève de la Segpa de Vitry, dessinateur instinctif incroyable.

Ca, c'est mon portrait par Tayeb, un élève de la Segpa de Vitry, dessinateur instinctif incroyable.

Le propos d’une cérémonie définitionnelle , c’est de donner aux gens l’occasion de parler devant témoins de ce qui est important pour eux… de la façon et avec les supports qui sont les plus appropriés pour eux.

Oublier cette dernière partie de la phrase, c’est passer à côté de la cérémonie et prendre le risque d’y réintroduire l’histoire dominante au détriment des personnes dont la vie est au centre. C’est ce que nous ont fait comprendre, dans leur grande sagesse, les élèves de deux classes Segpa de Vitry-sur-Seine.

Les Segpa, c’est ce qu’on appelait dans le temps les classes de « transition », façon politiquement correcte de désigner la transition du système scolaire « normal » vers pas de scolarité du tout et la vie dite active. Depuis 8 mois, Dina Scherrer a accompagné quatre classes de 3ème Segpa de Vitry, Fontenay et Villiers-sur-Marne dans le cadre d’un programme expérimental d’introduction du coaching dans les collèges des quartiers dits « sensibles » (je déteste ce mot) sur fonds européens et avec l’appui des académies concernées. Avec l’accord du maître d’oeuvre (l’association Réussir Moi Aussi), Dina a pu proposer un protocole entièrement narratif basé sur l’identification d’histoires dominantes, leur externalisation et le développement de riches histoires alternatives basées sur les compétences de vie et de résistance à l’exclusion de ces gamins.

Cette initiative magnifique, qui donnera probablement naissance à un livre, s’est conclue par une cérémonie définitionnelle dans chaque collège. J’ai eu la chance de participer à celle de Vitry, de façon un peu privilégiée puisque j’avais correspondu toute l’année avec ces deux classes sous forme de retellings réguliers, ce qui m’avait permis de devenir un témoin extérieur habituel et d’ailleurs de mettre en musique leurs mots pour en faire une chanson, avec la technique que j’ai apprise auprès de David Denborough (voir ici pour écouter la chanson). Il y aurait énormément de choses à raconter ici sur cette cérémonie définitionnelle. Mais ce qui m’a le plus frappé… Lire le reste de cet article »

Tchao « Psychologies »…

Samedi 16 mai 2009

t1751

Je n’ai pas écrit dans ce blog depuis plusieurs semaines. Il se passe énormément de choses autour de la Fabrique Narrative et des opérations d’accompagnement narratif à la fois dans le champ thérapeutique et dans le champ coachique, si tant est que cette distinction ait encore un sens aujourd’hui.

Mais en tout cas, je n’écris plus dans « Psychologies Magazine ». Non pas qu’ils m’aient remplacé par un autre chroniqueur, ce qui ne ferait souffrir que mon petit égo qui en a vu d’autres (ma psy de femme me dit qu’elle est toujours fascinée par le point auquel je suis immodeste, ce à quoi je réponds que je suis juste conscient de ma valeur) :)

Mais dans la conception de sa nouvelle formule, ils ont juste supprimé la rubrique « Travail ». Et ça, c’est tout de même intéressant, que le principal magazine grand public qui se réclame du développement personnel n’ait plus le moindre espace consacré aux relations dans l’univers professionnel, à ce que les gens vivent dans leur job, plus aucune déconstruction possible de la souffrance au travail, de la relation de pouvoir…

… et ceci depuis quand ? Depuis que le magazine a été racheté par le Groupe Lagardère, sous l’égide duquel a été élaborée cette nouvelle formule. Le Groupe Lagardère, grande galaxie industrielle, médiatique et politique, plus que proche du pouvoir politique. Quel peut être le sens de la disparition d’un espace de remise en perspective des relations de travail et de la vie en entreprise dans ce contexte ? J’ai quelques réponses, nourries par des amis qui y travaillent encore et qui ont leur propre lecture de l’évolution de la vie du journal. Redessiner la toile de fond autour du problème, c’est relocaliser le problème dans son contexte culturel au lieu de le laisser dans la petite maison du récit personnel. Je trouve que cela fonctionne quand même assez bien ici. Ou alors, c’est juste une entreprise de protection de mon énorme égo ?