
Une nouvelle métaphore permet toujours d’enrichir la description d’une histoire.
Michael White a largement diffusé la métaphore du mur et de l’échafaudage. Le client construit un mur, appuyé sur le paysage de l’action c’est à dire à partir des récits qu’il produit à propos de ses expériences de vie. Le client pense souvent que ces récits rendent compte de ses expériences alors qu’en fait, ils en produisent le sens par les métaphores et les métonymies qu’il choisit pour leur enfiler un habit de langage. Les questions du thérapeute viennent fournir au client un échafaudage pour ce mur, édifice qui lui permet de relier le paysage de l’action (les histoires) avec le paysage de l’identité (la compréhension intentionnelle qu’il a de ses actions et de ses choix dans ces histoires)
Bernadette Labaudinière, coach Briviste qui utilise les idées narratives, propose une métaphore poétique, celle du tricot. Le client tricote ses histoires et ses compréhensions intentionnelles : une maille à l’endroit, une maille à l’envers, une maille dans le paysage de l’action, une maille dans le paysage de l’identité. Les deux paysages sont intimement liés, intriqués l’un avec l’autre, chaque maille de l’un supportant une maille de l’autre. Ainsi, chaque élément de l’identité (intentions, espoirs, rêves, engagements, croyances, principes) est à l’oeuvre dans la création de nouveaux récits, lorsque le client se met à son oeuvre de rédaction de sa vie. Et dans l’autre sens, chaque nouvelle histoire racontée, tentant de mettre cette oeuvre en mots, élargit grâce aux questions inattendues du praticien la compréhension qu’a le client de ce qui est précieux pour lui et des liens entre ceci qui est précieux et la façon dont ce précieux est mis en oeuvre dans ses choix, et dans ses actions. Comme, disait Michael White, deux miroirs qui se reflètent l’un dans l’autre à l’infini.
Cette métaphore du tricot est intéressante. Elle montre bien ce travail de tisserand auquel nous invitons nos clients, tisserand qui brode et épaissit des liens entre ce qu’il fait et ce qu’il est, qui prend conscience du point auquel l’un se reflète dans l’autre et que les problèmes sont des trous dans le tricot, des malentendus ou plutôt des « malracontés ». Et le praticien fournit les aiguilles pour tricoter, les aiguilles, ce sont ses questions, elles doivent être pointues et du bon format adapté à la laine. Et une fois terminée la conversation, on retire les aiguilles et elles restent chez le praticien, dans le petit panier à côté de la cheminée. Et le client repart vivre sa vie avec son pull d’identité sur le dos. Laisser les aiguilles dans le pull, ce serait ridicule et dangereux. C’est ce que font malheureusement certaines approches thérapeutiques expertes.



