
Est-il inévitable que dans une culture d’entreprise, le désir de cohésion impose d’exclure des cultures minoritaires ou différentes ?
Le travail sur la reconstruction identitaire et culturelle dans les organisations nous amène souvent à être confrontés à des situations où une culture dominante s’affronte à des voix minoritaires, ces dernières luttant pour se faire entendre et la première envahissant tout l’espace disponible. Y a t-il une solution meilleure que l’autre, dans un système où la méta-culture dominante de la performance et de la concurrence tend à écraser toute vision divergente ?
D’un côté, la perspective d’un fédéralisme qui serait un collage de cultures communautaires locales liées à des territoires géographiques, ou bien des épisodes historiques partagés, ou bien encore des défis, particularités, leaders ou ennemis locaux mais n’ayant plus aucun récit commun. De l’autre, le fantasme fusionnel de l’équipe commando ou de l’ashram d’entreprise, gros tas de chouettes copains où chacun est avant tout dans la relation avec l’autre, où la communauté se définit à travers des récits tellement forts que tout nouvel arrivant qui n’aurait pas vécu ces expériences fondatrices ou qui ferait entendre une voix légèrement dissonnante se trouverait rejeté par le groupe.

