Archive pour janvier 2009

Bonjour chez vous

Dimanche 25 janvier 2009

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La mort de Patrick McGoohan nous donne l’occasion de nous repencher sur « The prisoner » et de réaliser à quel point cette série TV cultissime d’il y a 40 ans était puissamment visionnaire et prémonitoire.

17 épisodes seulement et pourtant, tout était dit sur le pouvoir moderne. Ancien agent secret souhaitant démissionner, Patrick McGoohan se retrouve prisonnier d’un village, version mitteleuropa déjantée du « Truman Show », où tout le monde est jovial, se consacre à des activités de loisirs sociales et anodines, porte des canotiers et des vestes à galons, et parle uniquement de la pluie et du beau temps. Des haut-parleurs et des radios branchés en permanence diffusent des résultats de tombolas, des bulletins météo et de la musique militaire.

Mais des caméras omniprésentes (planquées notamment dans les yeux des statues !) retransmettent les moindres faits et gestes des « villageois » vers une salle de contrôle ultra-sophistiquée où de mystérieux surveillants exercent le pouvoir dans l’ombre à la recherche de la moindre déviance, du moindre comportement anormal.

Le pouvoir moderne, rappelons-le, est un concept central de la philosophie du pouvoir de Michel Foucault, repris par Michael White qui en a fait l’un des piliers de l’approche narrative et le fondement de sa dimension politique. Là où le pouvoir classique est exercé de l’extérieur par la coercition et la répression, le pouvoir moderne est exercé de l’intérieur par l’individu lui-même, invité à s’auto-contrôler, s’auto-évaluer et s’auto-surveiller en permanence. Le pouvoir classique est fondé sur la loi, le pouvoir moderne sur la norme.

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Une renarration définitionnelle

Samedi 24 janvier 2009

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Cette nouvelle section intitulée « retellings » proposera des renarrations définitionnelles réalisées au cours de mon travail avec les communautés, les équipes et les personnes.

Le texte ci-dessous est un montage définitionnel des propos tenus par les 24 témoins interviewés lors du premier anti-colloque de l’Association Européenne de Coaching qui a eu lieu à Bordeaux le 10 octobre 2008. Le thème en était : « le coach dans la cité » et la question centrale de savoir quel peut être le rôle des coachs dans la vie de la société.

« Résister

Nous sommes des résistants qui encouragent les résistances. Notre métier nous amène à pratiquer une gymnastique intérieure. Nous cultivons le respect de nos clients mais aussi le respect de toutes les différences. Nous avons un désir d’authenticité. Nous pratiquons une écoute qui ne juge pas, et nous recherchons des choses qui « marchent ». Nous croyons que les groupes sont une grande ressource et que les liens qui s’établissent entre les gens produisent de l’énergie, de la créativité, comme un vaisseau spatial qui permet de toucher les étoiles. Notre place là dedans est importante : nous devons nous rendre visibles, nous devons connaître le nom de ceux que nous aidons afin de veiller à ne pas les normaliser, mais à les conduire vers leur propre royauté. Les accompagner ne signifie pas les porter sur notre dos : notre posture est humble. Nous sommes des guerriers du silence qui font renaître la parole et la possibilité de vivre autrement.
Nous habitons ici et maintenant et soutenons les personnes et les groupes dans l’affirmation de leur singularité. Oser sortir de notre cache nous permet d’aider les autres à grandir et à se sentir fiers de raconter leur histoire. Nous sommes des passeurs entre le visible et l’invisible. Nous osons travailler partout et avec tous : papooses, guerriers et vieux chefs afin de les aider à faire refleurir leur projet et à reprendre leur place dans leur vie et dans la cité. Nous voulons faire connaître ce que nous pouvons apporter : tisser des liens et des réseaux, des réseaux avec les autres et des liens avec soi-même, ouvrir la porte d’un tas de possibles.

Notre force est d’être justes, notre talent est de voir la grandeur de l’autre, notre équilibre est d’avoir un soleil dans le ventre. »

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Le bûcher des coachs

Mercredi 21 janvier 2009

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André de Châteauvieux nous signale par l’intermédiaire du Réseau Aquitaine Coaching la parution d’un article intéressant sur le blog de Guy Lesoeurs, un article concernant la parution d’un nouveau brûlot anti-coaching, portant le titre délicat et nuancé de « je hais le développement personnel » (par Robert Ebguy, chez Eyrolles : le lire ainsi que le droit de réponse pathétique de R. Ebguy).

La contemption des coachs va de pair avec la mode du coaching et avec une certaine représentation qu’en donne la TV réalité, représentation qui conduit certains d’entre nous à s’interroger sur le mot de « coach » et ses diverses connotations. Le moins qu’on puisse dire est que le coaching est tombé dans l’abdomen public ! Ce mot est-il toujours adapté à la description de l’activité de ceux d’entre nous qui oeuvrent non pas à asservir l’individu mais à le libérer, à le rendre auteur de sa vie, à désincarcérer ses représentations du discours dominant forgé par les grandes entreprises en utilisant les résultats des focus groups organisés à prix d’or par des cabinets d’études de marchés dont le CCA (Centre de Communication Avancée) fondé par un grand gourou du marketing des années 70-80 (Bernard Cathelat) et donc notre auteur, le fameux Robert Ebguy, est un collaborateur salarié ! L’homme qui pourfend le développement personnel est donc un salarié d’une boîte d’études qui vend aux grandes multinationales des enquêtes de motivation des consommateurs visant à mieux les comprendre pour leur fourguer un peu plus de petits suisses. Joli, non ?

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Remembrement partiel avec un versant du personnage

Dimanche 11 janvier 2009

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Dans la pratique du regroupement (ou remembrement), chaque personnage peut offrir plusieurs possibilités et plusieurs lignes de récit.

En technique narrative, la conversation de regroupement (« remembering conversation ») est une conversation qui permet au client de restaurer et de renégocier son lien avec une personne de son « club de vie », ce qui aboutit à réorganiser ce club en promouvant certains membres importants dans la naissance et le développement d’une version de l’histoire menant à une description riche de l’identité du client. La réorganisation de l’identité va de pair avec la réorganisation du club. Le mot « remembering » joue en anglais sur ses deux sens : il signifie à la fois « se souvenir » et « re-member», remettre des membres du club à leur juste place. Ce qui fait que pour ma part, le mot « remembrement » me semble plus proche de l’anglais que « regroupement ».

Fondée sur le fait que « l’identité est un projet social » (M. White), elle permet de décrire et de reconnaître les contributions à l’identité du client de certaines figures importantes dans sa vie, parents, éducateurs, amis, mais également doudous, animaux domestiques, personnages de films ou de séries TV, figures de la culture populaire. Mais elle permet également, et ce n’est pas le moindre de ses intérêts, de montrer comment le client a contribué en retour à la vie et à l’identité du personnage. L’objet de ce post n’est pas de décrire en détail les conversations de remembrement mais de parler d’une option de remembrement avec une partie, un versant d’un personnage qui fait partie aussi (mais pas seulement) de l’histoire dominante, voire qui a joué un rôle très important dans sa mise en œuvre et dans sa diffusion.

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Meredith Grey, Harry Potter : même combat !

Mardi 6 janvier 2009

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Nous vivons dans un monde sans magie et nous avons besoin de nous en procurer aux sources estampillées des histoires humaines.

Certaines séries, par leur succès mondial, nous donnent à penser sur ces histoires qui résonnent tellement fort dans nos vies que nous aimons leurs personnages comme des membres de notre propre famille, des amis que nous retrouvons épisode après épisode, que nous voyons grandir, évoluer, triompher de leurs problèmes et de leurs ennemis, se connaître, s’aimer, se séparer… tandis que notre voisin d’appartement meurt dans une solitude absolue, à moins qu’il n’ait été expulsé de son appartement par la dégringolade sociale et ses employés (huissiers, banquiers, propriétaires) et meure dans une solitude absolue congelé sur le trottoir d’en face. Mais là n’est pas le propos, même si c’est important.

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