J’ai reçu cet article ( merci à Claudine DELERCE des Entreprises Humaines ) que je livre à mon tour à votre réflexion…
Un président de société reçoit en cadeau un billet d’entrée pour une représentation de la symphonie Inachevée de Schubert. Ne pouvant s’y rendre, il passe l’invitation au responsable des RH de sa société.
Le lendemain, le président se voit remettre le rapport suivant :
1. Les quatre joueurs de hautbois demeurent inactifs pendant des périodes considérables. Il convient donc de réduire leur nombre et de répartir leur travail sur l’ensemble de la symphonie, de manière à réduire les pointes d’inactivité
2. Les douze violons jouent tous des notes identiques. Cette duplication excessive semblant inutile, il serait bon de réduire de manière drastique l’effectif de cette section de l’orchestre. Si l’on doit produire un son de volume élevé, il serait possible de l’obtenir par le biais d’un amplificateur électronique.
3. L’orchestre consacre un effort considérable à la production de triples croches. Il semble que cela constitue un raffinement excessif, et il est recommandé d’arrondir toutes les notes à la double croche la plus proche. En procédant de la sorte, il devrait être possible d’utiliser des stagiaires et des opérateurs peu qualifiés.
4. La répétition par les cors du passage déjà exécuté par les cordes ne présente aucune nécessité. Si tous les passages redondants de ce type étaient éliminés, il serait possible de réduire la durée du concert de deux heures à vingt minutes.
Nous pouvons donc conclure, Monsieur le Président, que si Schubert avait prêté attention à ces remarques, il aurait été en mesure d’achever sa symphonie.
la recherche de l’Harmonie, dans tous les sens du terme, ne prend son sens que dans une vision dans le long terme! Il faut prendre de la hauteur ce qui ne correnpond pas vraiment à un travail opérationnel des responsables des RH au quotidien surtout dans un monde qui s’accélère avec des cycles de plus en plus courts. Je pense que beaucoup de professions se retrouvent dans ce contact et que c’est bien de se poser les questions du dessein que l’on souhaite. C’est un début!
Merci pour cet article que je n’avais pas revu depuis un certain temps. Pour tout dire, c’est un rapport qui avait été écrit dans la 1ere partie du 20ème siècle pour critiquer à l’époque le système taylorien.
Comme quoi certains documents sont toujours d’actualité !
L’avis de l’éditeur : c’est une bien belle critique qui en réalité fait froid dans le dos car ce genre de conclusion ressemble bien à un cahier des charges qu’un DRH pourrait nous confier en vue de la modernisation (plutôt rationalisation) de leurs RH. Ce que nous ferions avec professionnalisme d’ailleurs.
Toute démarche de rationalisation est normalement précédée d’une réflexion, et l’enjeu de faire une belle symphonie devrait rester survivre à cette réflexion. A moins que?…