L’édito :
La statue de la responsabilité

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« Vous avez construit à l’Est la statue de la Liberté, il vous reste à construire à l’Ouest la statue de la Responsabilité ».

Cette phrase prononcée par Viktor.E.Frankl*, s’adressant aux Américains résonne puissamment aujourd’hui alors que les électeurs Américains viennent d’écrire une des pages les plus symboliques de leur histoire.

Comment en effet, une fois l’euphorie de ce moment historique passée, ne pas à nouveau nous questionner sur le sens de cette interpellation.

Qu’elle soit d’ordre morale, politique, environnementale ou civile, la responsabilité reste un devoir, celui de répondre d’un fait, de s’en porter garant. Mais ce n’est pas seulement un fait c’est également une valeur. Chaque fois que l’on fait quelque chose, on en accepte la responsabilité, cela nous engage.
Les citoyens Américains ont pris une responsabilité majeure. Elle les engage d’abord vis à vis d’eux mêmes , dans leur capacité à assumer et mettre en mouvement une attitude solidaire à l’intérieur même de leur communauté. Une grande responsabilité sociale, le devoir d’être tous ensemble les acteurs de leur propre destin…

Elle les engage ensuite vis à vis de l’humanité toute entière, non pas qu’ils doivent se sentir responsable de ce que sera notre monde demain. « L’immanence est un contexte, de telle sorte que le soi individuel ne peut jamais être vu comme un objet séparé et isolé. C’est un noeud de relations enchevêtrées, constamment transformé par les relations qu’il forme. »
Il s’agit bien de prendre sa place dans un monde devenu plus que jamais inter-dépendant, d’être une part intégrale et inséparable de la communauté humaine et biologique.

C’est le défi que les citoyens Américains ont enfin choisi de relever. Ils invitent les citoyens du monde que nous sommes à prendre à notre tour nos responsabilités…pour construire un peu partout sur la planète des statues de la Responsabilité que les générations futures pourront célébrer dans de nombreux siècles encore.

 » Et pour celui-là qui est solidaire des hommes, l’homme n’est point simple mot de son vocabulaire, l’homme est ce dont il est responsable » ( Antoine de St Exupéry).

Victor E. Frankl, psychiatre et docteur en médecine et philosophie. Il a conçu appliqué et enseigné la Logothérapie qui nous apprend que le bien être repose d’abord sur le besoin primordial de donner un sens à sa vie. Il est par ailleurs l’auteur de « Donner un sens à sa vie » ( Editions de l’Homme)

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