L’édito “Nous c’est les autres”


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Ce sont des Australiens de culture aborigène. Nous leur devons bien ce premier édito. Une communauté dite « primitive » à nos regards dits civilisés, qui a conduit l’art du conte et du récit à son sommet, qui a transformé l’espace en espace-rêve, qui a suivi l’exemple des communautés amérindiennes en renouant avec son identité et en redressant la tête.

Et bien sûr, qui a inspiré Michael White et l’équipe du Dulwich Center of Adelaide dans la création des pratiques narratives, pratiques que nous diffusons aujourd’hui fièrement à notre tour en France dans ces étranges tribus qui vivent dans les flèches miroitantes de verre et de métal, qui adorent des dieux abstraits aux effigies de courbes et de diagrammes, et qui réservent à leurs membres des initiations tellement cruelles qu’ils en perdent parfois le sens de leur vie, parfois même leur vie.


Ce sont des gens, des gens qui ont fabriqué des savoirs pour guider leur vie, résoudre leurs problèmes, assurer leur subsistance, élever leurs enfants, donner un sens à la vieillesse et à la mort. Ce sont des humains qui s’avancent fièrement dans la lumière, conscients de qui ils sont et d’où ils viennent. Que pouvons nous revendiquer de plus ? Notre travail d’accompagnement nous apprend à « exoticiser le familier » afin d’en distinguer les armatures, les replis et les points aveugles, et par nos questions aux dirigeants, aux managers, aux équipes, les aider à fabriquer de nouveaux points de repère pour ne pas se dissoudre dans le changement permanent et généralisé imposé par les exigences de sa majesté l’Actionnaire.

C’est nous, aussi, les fous de la COOP RH, nous qui nous sommes levés un jour sur une plage de l’Atlantique et avons tourné le dos à la logique de l’actionnaire patron pour essayer l’expérience un peu utopiste des salariés patrons, une expérience de démocratie d’entreprise où le respect, la solidarité et le partage ne seraient pas opposés à la qualité, à l’efficacité, à l’exigence extrême imposée par ce drôle de métier où les hommes et les femmes de l’entreprise, les communautés économiques réunies par le hasard de l’organisation matricielle nous proposent de les aider à conjuguer elles aussi performance revendiquée et ambition de vivre ensemble intelligemment.

Et de la contemplation de cette tribu qui danse, émerge le sentiment central qui guide aussi bien le coach que le consultant, le sociétaire que le partenaire, le thérapeute que le formateur : l’autre n’existe pas, l’autre c’est nous !

Aucun commentaire sur “L’édito “Nous c’est les autres””

  1. Christophe dit :

    J’apprécie les propos de PBS toujours simples et vrais. Par contre, pour moi le problème ce n’est pas Coop ou SA… c’est avant tout de retrouver plus d’authenticité, de spontanéité, de liberté dans nos organisations. Effectivement, nous vivons avec trop de discours pré-fabriqués, de convenances, de langue de bois, de carcans et de modèles pré-établis. L’entreprise est un lieu fantastique. Retrouvons seulement notre liberté, et le sens reviendra.

  2. Vous avez entièrement raison : l’autre c’est nous.
    Mais ce qui est curieux, c’est que nous le constatons souvent très loin et votre référence aux aborigènes est frappante.
    Je pense que notre voisin c’est nous. Que notre collaborateur, c’est nous.
    Dans ces conditions, si je suis bien avec moi, je serais bien avec l’autre. Quel que soit l’autre.

    Florian MANTIONE

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