C’est bizarre, les vacances. Les Aborigènes n’en prennent pas. Nous dessinons des frontières culturelles : s’il existe un temps de vacances, c’est à dire, étymologiquement, un temps consacré au vide, c’est qu’il existe par opposition à un temps dévolu au « plein ».
Le plein, c’est ce jeu de Lego auquel nous invite l’agenda que nous remplissons de petits cubes de couleur qui représentent des morceaux de temps de rendez-vous, d’entretiens, de réunions, etc. C’est du faux temps, sans aucun rapport avec l’expérience de vie du temps, ce que Bergson appelait « la durée », cette expérience que le cadre licencié reprend de plein fouet alors qu’il avait fini par croire que le temps, c’est cet empilement de petits cubes sur l’écran du PDA. Ces petits cubes sont dangereux car ils créent une accoutumance. Et c’est une accoutumance socialement valorisée, celle de l’homme débordé qui n’en a jamais fini avec ses to do lists.
Parfois, sur la plage, certains quadras en maillot ne parviennent pas, malgré leurs tongs et leur short Oxbow, à ne pas avoir l’air de directeurs financiers perdus dans l’univers improductif du farniente obligatoire. Ne tenant pas en place cinq minutes sur leur serviette, ils s’en vont voir les pêcheurs, qu’ils bombardent de questions techniques sur les hameçons, le calibre du fil qu’ils utilisent et la technologie des moulinets en fibre de carbone. Ils ont un petit geste sec du poignet pour regarder leur montre qui ne trompe pas.
Ou alors, portable à l’oreille, ils arpentent la plage en long et en large. Il existe dans le TGV un wagon sans portables ; à quand des plages sans portables pour rééduquer ces grands accidentés de la vie que sont les managers en vacances ? Tellement shootés au stress qu’ils ont besoin de leur dose deux ou trois fois par jour et téléphonent à leur assistante, » juste comme ça « , pour savoir si tout va bien.
Avec cette belle excuse de rester toujours disponibles, ils essaient désespérément d’échapper à la perspective angoissante de redevenir eux-mêmes pour quelques jours, de déposer leur armure étincelante de décideurs économiques. Leur hantise : redescendre de leur piédestal pour redevenir un petit monsieur en maillot, un mari et un papa à temps plein, de se confronter à ces inconnus que sont leurs familles.
Prendre de vraies vacances n’est pas seulement l’occasion de se reconnecter à ses sources d’énergie personnelle. C’est une rééducation de la capacité d’inaction (vacances : de » vacare » : se vider), une aptitude importante puisqu’elle garantit la capacité à agir de façon lucide et réfléchie. Dépouillez vous donc de votre armure de guerrier et le temps de quelques pique-niques, redevenez une vraie personne.

Rien ne semble plus angoissant que le vide dans cet univers ou l’on nous fait croire que rien ne peut attendre ! LA bonne décision doit être prise dans les 15 premières secondes sous peine d’être considéré comme « bizarre », voire « lent » !!
l’un de mes clients manager de très haut niveau dans une très belle entreprise du CAC 40 me disait cette semaine comment il réussi à gérer ce « non laps de temps » qui semble si crucial.
je vous le livre: au lieu de répondre instantanément à votre interlocuteur dès qu’il a fini de vous assener sa question « urgentissime « qui ne souffre pas le plus petit délai et revêt une importance cruciale:
Forcez vous à prendre une vraie respiration en conscience ! puis vous pouvez répondre.
Essayez, c’est facile à faire, et en plus au sens propre, ça vous aidera à respirer.
Bonjour,
Je suis l’auteur de la photographie que vous présentez…
La prochaine fois merci de me demander l’autorisation d’utiliser ma photographie qui est protégée par copyright.
Merci également de placer un lien vers mon site http://www.photoway.com/
Cordialement
Richard Soberka
Voilà qui est fait. Aves toutes nos excuses.