Michelle Jacquet, DRH Groupe Stallergènes « Vous voulez qu’on en parle ?? »

L’INVITE DU BLOG Janvier/ février 2009

p10002551

Michelle Jacquet, DRH Groupe de Stallergènes, laboratoire biopharmaceutique européen, spécialisé dans le traitement par désensibilisation des maladies respiratoires liées à l’allergie.

Caractère solide, humour récurant et code d’honneur à toute épreuve frappent au premier échange quand on a l’avantage de rencontrer cette très grande professionnelle qui a fait de son goût des autres le fil rouge de sa carrière dans les Ressources Humaines.

BLOG: Quelle est votre vision du coaching?
M.J “C’est utile, voire indispensable, mais souvent très discutable aussi. Il faut qu’il y est un hyper contrôle en amont, car parmi les coachs, il y a ceux qui se relèvent d’une situation d’échec professionnel et qui décident alors “d’ouvrir un cabinet de conseil” sans vraiment avoir l’expérience ni le savoir nécessaire. Ils deviennent alors des apprentis sorciers en faisant de la psychologie de comptoir…
Mais il y a les bons, ceux qui ont la maturité et qui n’oublient pas pourquoi ils sont là, qui savent qu’ils sont payés par l’entreprise pour atteindre un objectif.”

Blog: Atteindre un objectif ?
M.J “ Oui… Je vous donne un exemple: j’ai une collaboratrice qui manque d’assurance et qui a du mal à prendre des décisions. En fait, comme elle a peur de son ombre, ses hésitations la rendent complètement parano. Comme nous pensions qu’elle avait malgré tout un potentiel, nous lui avons proposé un coaching. Pendant toute la durée de son accompagnement, elle est revenue parce qu’elle était mise en confiance et qu’elle surmontait ses peurs. Mais la limite c’est que, dès que le coaching a cessé, c’est retombé comme un soufflé! Cette aide que l’entreprise lui avait offerte lui a sans doute été utile dans sa vie ou pour je ne sais quoi, mais nous n’avons pas eu de “retour sur investissement” si j’ose dire, puisque aucune mise en action de plan d’action n’a été générée pour la société. Un coaching atteint son objectif quand il restitue au travers de la personne coachée un réel bénéfice pour l’entreprise qui a concédé cet effort.”

BLOG: Comment vous êtes-vous fabriqué votre vision du coaching?
M.J “Par mes expériences qui ont compté de magnifiques réussites mais aussi de grands échecs: pas pour l’entreprise, mais pour les hommes. Parce que tout ne repose que sur cette unique personne, le coach.
Je pense que le coaching est très efficace quand il s’adresse à des jeunes, et de façon individuelle.”

BLOG: Quel est l’aspect positif de cela, quel en est le côté négatif ?


M.J “L’aspect positif, c’est le fait de mettre à la disposition des personnes quelqu’un qui s’occupe d’elles avec bienveillance”

BLOG: Et le négatif?
M.J “C’est la bienveillance!! (rire) Je veux dire que trop de bienveillance… ça devient de l’angélisme et ça, c’est vraiment pas mon truc ! Vus savez, le coaching peut aussi être un rideau de fumée”

BLOG: Ca dit quoi de vous?
M.J “Le respect du contrat passé, de l’engagement. Vous signez pour un travail, ça veut dire que vous êtes d’accord, donc vous faites. C’est une question d’intégrité: moi je remplis mon contrat.”

BLOG:

« Vous voulez qu’on en parle ?????!! »

M.J (Eclats de rire) J’ai été coachée pendant quelques mois à un moment de ma vie professionnelle où j’avais une grosse marche à franchir. Et à franchir vite! A l’époque, j’étais adjointe du DRH au siège d’un groupe d’industrie pharmaceutique dont l’usine avait été décentralisée. En quelques semaines, il a fallu que je continue à être au top avec un patron qui était très pointu, et qu’en même temps je sois chef du personnel “à distance” des salariés de l’usine. Il a fallu que je m’impose très vite et grâce au coaching ça a été mission accomplie. Sans cette aide, j’y serais sûrement arrivée, mais j’aurais pris plus de baffes et j’aurais loupé des coups.


BLOG: Et dans votre entreprise, ça appelle quelles valeurs?

M.J “Les mêmes que les miennes, donc le respect du deal. vous voyez, notre client c’est un patient, donc c’est une valeur qui doit être absolue, ça va de soi (re fou rire !!)

BLOG: ?
M.J “pardon, mais…bon, ce n’est pas toujours vrai.” (De nouveau très sérieuse) “Il peut y avoir des dérives, notamment à cause de problèmes économiques. Mais l’intégrité est vraiment présente chez Stallergènes, c’est une de nos promesses thérapeutiques.

BLOG: Que retiendrez-vous de cet entretien ?
M.J “Je n’en sais rien !!! c’est un peu pipé! Mais bon, j’aime bien les questions ouvertes et puis vous ne portez pas de jugement et j’aime bien ça aussi.

BLOG: Et ensuite ?
M.J “J’ai envie de faire du coaching! Et de l’humanitaire pour Madagascar, par exemple réunir des groupes d’ingénieurs agro pour qu’ils aillent là-bas apprendre aux populations à cultiver la terre autrement

BLOG: Vous allez coacher des ingénieurs agro pour des missions humanitaires alors ?

M.J “J’aimerais”

Un commentaire sur “Michelle Jacquet, DRH Groupe Stallergènes « Vous voulez qu’on en parle ?? »”

  1. kovacs dit :

    Bonjour,

    Je remercie Michelle Jacquet de s’être livrée avec autant de spontanéité à cet entretien. Je n’ai pas compris la posture de « blog » : journaliste, praticien en techniques narratives, coach, les trois… ?
    Je n’ai pas non plus compris le sens de l’anonymat de blog ?

    Voilà pour la forme. Pour le fond, grâce à l’honêteté de Michelle Jacquet, nous avons un exemple d’utilisation de prestations de coaching qui renvoit à la question de la déontologie.

    La question posée est : en face d’une demande émanant de l’institution (DRH/Management) et d’une demande du bénéficiaire de l’action de coaching, qu’est-ce que le coach valide ? Les objectifs de l’institution, ceux de la personne, comment rend-t-il compte de l’atteinte de ces objectifs..?

    J’avoue n’avoir pas pris le temps de consulter la charte de Coop RH. En ce qui me concerne, c’est la demande du bénéficiaire de l’action de coaching que je valide. Je prends en compte les objectifs que le bénéficiaire se fixe pour lui-même et par lui-même. Et je rends compte à l’institution de l’atteinte de ses objectifs dans la limite de ce qu’il m’autorise à communiquer.

    Je pratique une forme de coaching différente du coaching de prescription, un coaching qui vise à atteindre les objectifs fixés par le bailleur de fonds et qui est très bien décrit par Michelle Jacquet.

    Je pensais qu’il en était de même de Coop RH. Me suis-je trompé ?

    Bien à vous,

Laisser une réponse