Fernand Perret, 49 ans, est Président pour l’Aquitaine de la CG-SCOP, mouvement réunissant toutes les sociétés du secteur coopératif. Il est également dirigeant de Loreki, SCOP Basque spécialisée dans la valorisation de matière organique.
BLOG: Quelle est votre vision du coaching ?
Fernand Perret : pour vous parler franchement, je n’ai pas une vision trop positive du coaching. J’ai un peu l’image d’une technique anglo-saxonne qui sert à profiter le plus possible des salariés au bénéfice de l’entreprise. Un côté manipulatoire. Je suis désolé de vous le dire comme ça, mais c’est ce que je pense (rires).
BLOG: Comment vous êtes-vous fabriqué cette vision ?
FP Oh, à travers les médias et les articles de presse essentiellement. Ca correspond à un mode de fonctionnement de la société « capitaliste », pour dire un gros mot. Tirer le maximum des salariés. Donc il y a toujours une arrière-pensée et un côté fabriqué, artificiel.
BLOG: Quel est l’aspect positif de cela, quel en est le côté négatif ?
FP Des points négatifs, j’en vois des tas. Comme par exemple de ne pas être orienté vers le bénéfice du salarié. Ou bien de viser à l’adaptation du salarié. Je pense qu’on est comme on est et que l’on devrait pouvoir s’intégrer dans l’entreprise sans perdre sa spontanéité. Ce qui est enrichissant, c’est qu’il y ait débat, le fait de tirer profit des aspérités au lieu de chercher à les gommer.
BLOG: Ca dit quoi de vous?
FP L’importance de rester sincère, dans son comportement et dans ses engagements.
BLOG: Dans votre entreprise, ça appelle quelles valeurs?
FP L’esprit coopératif, c’est une vision où tout le monde a son mot à dire et chacun contribue à faire la boîte. C’est vrai en même temps qu’il y a des déceptions, parfois certains n’adhèrent pas aux valeurs collectives et ne veulent pas participer. Ils sont plus à l’aise pour parler de sujets concrets du genre acheter une nouvelle machine, mais ont du mal à sortir de leur cadre de référence pour se réinscrire dans un projet commun…
BLOG: Mais cela pourrait justement constituer un bel objectif de coaching ? (rires)
FP Ah, il faudrait inventer une sorte de « coaching coopératif » alors. A voir ! Mais au service d’un projet collectif, égalitaire, démocratique, et avec des garde-fous.