Archive pour la catégorie ‘L'édito’

A quoi servent les vacances ?

Vendredi 31 juillet 2009
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Photo Richard Soberka http://www.photoway.com/

C’est bizarre, les vacances. Les Aborigènes n’en prennent pas. Nous dessinons des frontières culturelles : s’il existe un temps de vacances, c’est à dire, étymologiquement, un temps consacré au vide, c’est qu’il existe par opposition à un temps dévolu au « plein ».

Le plein, c’est ce jeu de Lego auquel nous invite l’agenda que nous remplissons de petits cubes de couleur qui représentent des morceaux de temps de rendez-vous, d’entretiens, de réunions, etc. C’est du faux temps, sans aucun rapport avec l’expérience de vie du temps, ce que Bergson appelait « la durée », cette expérience que le cadre licencié reprend de plein fouet alors qu’il avait fini par croire que le temps, c’est cet empilement de petits cubes sur l’écran du PDA. Ces petits cubes sont dangereux car ils créent une accoutumance. Et c’est une accoutumance socialement valorisée, celle de l’homme débordé qui n’en a jamais fini avec ses to do lists.

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Culture d’entreprise

Mercredi 18 février 2009

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Mettez 5 chimpanzés dans une chambre. Accrochez une banane au plafond et disposez une échelle permettant d’accéder à la banane. Mettez en place un système qui fait tomber de l’eau très glacée dans toute la chambre dès qu’on commence à escalader l’échelle. Les chimpanzés apprennent vite qu’il ne faut pas escalader l’échelle. Arrêtez le système d’eau glacée, de sorte que l’escalade n’a plus son effet gelé.

Maintenant, remplacez l’un des chimpanzés par un nouveau. Ce dernier va chercher à escalader et sans comprendre pourquoi, se fera tabasser par les autres. Remplacez encore un des vieux chimpanzés par un nouveau. Ce dernier se fera encore tabasser, et c’est le chimpanzé No 6 (celui qui a été introduit juste avant) qui tapera le plus fort.

Continuez le processus jusqu’à ce qu’il n’y ait plus que des nouveaux. Alors, aucun ne cherchera à escalader l’échelle et si jamais l’un d’entre eux ose y penser, il se fera massacrer illico par les autres. Le pire, c’est qu’aucun des chimpanzés n’a la moindre idée sur le pourquoi de la chose. C’est ainsi que se constitue une culture d’entreprise.

Cette histoire rappellera des souvenirs à tous les nouveaux venus qui, proposant des initiatives au sein du Comité de Direction qu’ils viennent d’intégrer, s’entendent répondre avec mépris : « mais mon pauvre ami, on a déjà essayé, ça ne marche pas et en plus, on se fait taper dessus par tout le monde. On voit bien que vous êtes nouveau ici ! » Il est donc utile d’observer sans juger avant de prendre des initiatives, afin de comprendre pourquoi tout le monde vous tombe dessus alors que vous suggérez juste de cueillir une banane.

La résistance au changement est souvent la principale activité d’une culture d’entreprise. Issues au départ de récits fondateurs liés aux rêves et aux espoirs des pionniers , les cultures d’entreprises, dès qu’elles deviennent des « traditions » que plus personne ne remet en question, constituent des limites à la créativité.

Il est donc essentiel de tenir compte des habitudes acquises avant de proposer vos idées nouvelles, peut-être excellentes, mais que vos collègues ne peuvent pas entendre. Car les accepter, ce serait reconnaître qu’ils se sont trompés pendant si longtemps… sans savoir pourquoi.

Bonnes révolutions de début d’année

Mercredi 14 janvier 2009

Nous connaissons tous au moins une personne qui arrête de fumer tous les premiers de l’an et recommence vers le 15 mars.

Ce qui est important, dans les résolutions de début d’année, ce n’est pas tant de les tenir, que de les prendre. De même qu’une mauvaise stratégie vaut mieux que pas de stratégie du tout, et un objectif non atteint est préférable à une absence d’objectif.

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Il est donc salutaire de faire le bilan de l’année écoulée et se fixer des objectifs pour celle qui démarre. Quitte à se prendre un peu de temps pour ça, par exemple une journée pour soi tout seul, au vert, à réfléchir et faire le point. Cela devrait être la fonction des entretiens d’évaluations, s’ils étaient bien menés, par des gens connaissant le dossier et acceptant de prendre un vrai moment avec la personne, au lieu de se borner à une petite demi-heure politiquement correcte où l’on réitère les messages institutionnels de l’entreprise, incitations à être des battants performants releveurs de challenges.

Alors avant de vous faire évaluer par autrui, commencez par essayer de vous évaluer vous-même en toute sincérité. Qu’avez-vous réussi de valable l’année passée, quels objectifs n’avez-vous pas atteint et pourquoi, quels buts vous fixez vous pour l’année prochaine ? Sans oublier quelques grands classiques :
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