Prépa HEC

L’une de mes filles est en prépa HEC et les angoisses terrifiantes liées à l’approche des concours me rappellent ma propre prépa, à 20 ans. Je dois dire que c’était la pire période de ma vie. J’étais à Paris, il faisait froid et nuit, et il n’y avait même pas la grande présence fraternelle de l’océan pour me rassurer. Mais ceci débouche aussi sur une réflexion plus générale. N’y a t-il pas d’autres moyens de sélectionner les jeunes que de leur faire vivre cet enfer ? Et-il si important de leur offrir en modèle réduit l’histoire dominante qui va dominer touts leurs années professionnelles : celle de la performance, de la démesure, de l’oubli de soi et de sa propre vie ? Alors que nous savons bien, nous autres, coachs, ce qui en découle et dans quel état certains arrivent à 40 ans dans le cabinet du psy ou dans notre bureau… quand ils y arrivent. Pourquoi tenter de réintroduire dans les entreprises une réflexion plus humaine et des valeurs culturelles qui reprennent en compte l’individu, réflexions qui ne sont absolument pas antithétiques de la performance, bien au contraire, et laisser une telle violence régner sur les contreforts des principales filières qui forgent les futurs managers, au risque de perdre ceux d’entre eux dont la richesse humaine serait tellement nécessaire aux entreprises, mais qui restent accrochés aux barbelés tranchants de la prépa ?

4 commentaires sur “Prépa HEC”

  1. En effet, Pierre, j’ai moi-même vécu cela avec ma fille, lorsqu’elle préparait Sciences-Po, il y a 3 ans. Ce moment terrible, où pendant les vacances précédentes, son père lui a dit qu’elle pouvait « réussir » à Sciences-Po et qui l’a mise dans un état épouvantable (sanglots). C’est comme si elle s’était sentie « condamnée à réussir ». Puis ce parcours du combattant, une année entière de prépa en marge de sa terminale, puis concours pour rentrer en prépa d’été à Lakanal et enfin concours de Sciences-Po.

    Nous vivions sur la pointe des pieds, prêts à la couvrir de notre affection, de notre soutien et de notre foi en elle, en toutes circonstances.

    Et puis, la victoire : les cris de joie. Et pour elle le sentiment de « pouvoir » dans le sens le plus noble du terme. Pouvoir agir sur sa vie. Elle a néanmoins choisi de faire sa 3ème année en Equateur, dans une organisation humanitaire et visite l’Amérique du Sud avec joie et humanité (voir son blog : http://www.cronicas-guayaquilenas.blogspot.com).

    J’avais moi, choisi d’arrêter des études de Droit que je trouvais abrutissantes et privatives de tous mes envies/espoirs de jeunesse. Mais j’ai aussi choisi de la soutenir dans la réalisation de ses propres espoirs et au travers de cette expérience, j’ai réalisé que sa vie était très différente de la mienne, intérieurement et extérieurement.

    Et qui sait, peut-être les futurs dirigeants que seront ta fille et la mienne seront différents de ceux que nous avons connus ? Je veux y croire…

  2. AUBRY dit :

    je suis bien sûr très sensible à ce témoignage.
    C’est par ces observations que j’ai entrepris de centrer mon activité de coach à l’aide en méthodologie d’apprentissage et de préparation aux épreuves pour tous ces apprenants qui vivent un stress intense, et qui subissent un système qui ne tient pas compte des différences.
    Mon accompagnement a pour but de soulager cette pression en leur permettant de trouver leurs propres ressources, de croire en leur potentiel et en leur réussite, de rebondir positivement face à l’échec.
    J’observe que les traumas non traités pendant la scolarité ressurgissent à l’âge adulte et limitent la réussite.
    Je donne plus de détails sur mon site.
    Ma fille est Docteure et j’ai été témoin de son parcours « sélectif ».

  3. le borgne dit :

    S’il n’y a pas de pression intérieure, il n’y a pas de pression extérieure. Malheureusement, l’école puis l’entreprise avec ses process nous amènent inéluctablement à ne ne pouvoir nous adapter aux circonstances extérieures, à ces pressions que l’on subit à des degrés divers.
    Donc la question est: « comment dès lors actualiser nos ressources intérieures pour ne plus subir ces événements extérieurs? »
    Que peut-on faire de ces différentes formes de stress? Est-ce qu’il peut être un matériau de transformation à condtion de bien l’utiliser? Et qu’est-ce que je rassemble pour obtenir une réponse plus juste?
    Autant de questions que je me pose en tant que manager sans être passé par un des ces écoles décrites…

  4. Françoie dit :

    Comment s’étonner ? la pression existe depuis la maternelle…! l’angoisse des enfants est la même quel que soit leur âge !
    Mes petite enfants 6ème, 3ème (lui il est cool, il dit qu’il s’en fout) et 1ère sont tout aussi angoissés à l’approche des « contrôles »… qu’un « aîné en prépa »…
    L’école n’épanouit pas les enfants, elle les enferme dans un carcan stressant, leur coupe l’herbe sous les pieds, refuse toute initiative, créativité… et malheur à celui qui n’est pas le meilleur… en tout !
    Dommage, le meilleur n’est pas forcément le plus intelligent, le plus doué, le plus sensible… le meilleur quoi ! mais pas du point de vue de la sacro sainte Education Nationale qui est, tellement sûre d’elle, qu’elle change de programme et d’orientation régulièrement… Elle se « réforme »…. :-)

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