
Mettez 5 chimpanzés dans une chambre. Accrochez une banane au plafond et disposez une échelle permettant d’accéder à la banane. Mettez en place un système qui fait tomber de l’eau très glacée dans toute la chambre dès qu’on commence à escalader l’échelle. Les chimpanzés apprennent vite qu’il ne faut pas escalader l’échelle. Arrêtez le système d’eau glacée, de sorte que l’escalade n’a plus son effet gelé.
Maintenant, remplacez l’un des chimpanzés par un nouveau. Ce dernier va chercher à escalader et sans comprendre pourquoi, se fera tabasser par les autres. Remplacez encore un des vieux chimpanzés par un nouveau. Ce dernier se fera encore tabasser, et c’est le chimpanzé No 6 (celui qui a été introduit juste avant) qui tapera le plus fort.
Continuez le processus jusqu’à ce qu’il n’y ait plus que des nouveaux. Alors, aucun ne cherchera à escalader l’échelle et si jamais l’un d’entre eux ose y penser, il se fera massacrer illico par les autres. Le pire, c’est qu’aucun des chimpanzés n’a la moindre idée sur le pourquoi de la chose. C’est ainsi que se constitue une culture d’entreprise.
Cette histoire rappellera des souvenirs à tous les nouveaux venus qui, proposant des initiatives au sein du Comité de Direction qu’ils viennent d’intégrer, s’entendent répondre avec mépris : « mais mon pauvre ami, on a déjà essayé, ça ne marche pas et en plus, on se fait taper dessus par tout le monde. On voit bien que vous êtes nouveau ici ! » Il est donc utile d’observer sans juger avant de prendre des initiatives, afin de comprendre pourquoi tout le monde vous tombe dessus alors que vous suggérez juste de cueillir une banane.
La résistance au changement est souvent la principale activité d’une culture d’entreprise. Issues au départ de récits fondateurs liés aux rêves et aux espoirs des pionniers , les cultures d’entreprises, dès qu’elles deviennent des « traditions » que plus personne ne remet en question, constituent des limites à la créativité.
Il est donc essentiel de tenir compte des habitudes acquises avant de proposer vos idées nouvelles, peut-être excellentes, mais que vos collègues ne peuvent pas entendre. Car les accepter, ce serait reconnaître qu’ils se sont trompés pendant si longtemps… sans savoir pourquoi.