Il y a des gens qui pensent que les gares parisiennes sont pleines de courants d’air. C’est peut-être vrai.
Ou pas.
Parlons un peu, par exemple, de la gare Montparnasse.. sans aucun doute, l’air y est. Mais, ne vous êtes-vous jamais interrogé sur la provenance de cet air là? Qui n’a pas l’air de rien d’ailleurs….
On sort d’un train, plus ou moins surchauffé et on est à Paris, mais avec nos sacs, nos rêves et nos valises, qu’emportent-on à notre insu?
Qui va s’engouffrer dans les couloirs de l’antichambre de “la plus belle ville du monde” ?
De Nantes, de Dax, de Bayonne, de Bordeaux ou de la Rochelle? Qu’avons-nous chargé comme bagage clandestin à votre avis?
Que portons-nous toujours en nous qui nous suit jusque sur ces quais capitaux?
Un vent, un vent léger qui nous précède ou nous poursuit, celui qui court de là d’où l’on vient, et qui, même un peu éteint par des souffles lointains tient. Il tient. Il a ses embruns.
Cet air là, collé à nos manteaux l’hiver. Agrippé à nos tee-shirts l’été… il tient et il vient, il s’immisce, il se faufile avant nos pas dans les couloirs du métro. Il nous colle à la peau ce vent mi fou mi sage. Violent et docile à la fois, il est dans notre marche. Et il vient avec nous.

Atlantique, … nom d’une ligne de train à grande vitesse.
Nom d’une ligne de vie, qui va du Cap Ferret à l’Ile de Ré. De Biarritz aux Sables d’Olonnes, de Royan à Saint Malo et qui débarque à Paname, sûr de lui et de ses frissons.
Bonjour la Seine, bonjour ma mie disait Charles Trenet bien avant de nous donner « la mer ».

