
Ce sont des Australiens de culture aborigène. Nous leur devons bien ce premier édito. Une communauté dite « primitive » à nos regards dits civilisés, qui a conduit l’art du conte et du récit à son sommet, qui a transformé l’espace en espace-rêve, qui a suivi l’exemple des communautés amérindiennes en renouant avec son identité et en redressant la tête.
Et bien sûr, qui a inspiré Michael White et l’équipe du Dulwich Center of Adelaide dans la création des pratiques narratives, pratiques que nous diffusons aujourd’hui fièrement à notre tour en France dans ces étranges tribus qui vivent dans les flèches miroitantes de verre et de métal, qui adorent des dieux abstraits aux effigies de courbes et de diagrammes, et qui réservent à leurs membres des initiations tellement cruelles qu’ils en perdent parfois le sens de leur vie, parfois même leur vie.